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Publié le 23/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
La vie à suivi son cours. Je suis resté un an en Savoie temps pendant lequel aussi souvent que possible je faisais le trajet jusqu’à Vougeot, chez moi, pour rejoindre Catherine, quand ce n’était pas elle qui prenait le train pour passer un week-end en Savoie.
Après ces mois loin de tous, Je suis parvenu à obtenir un emploi à quelques kilomètres de Vougeot, chez Pampryl, c’est mon retour en Côte d’Or.
Je retrouve donc de façon plus régulière notre groupe dans lequel Christelle n’est plus. Christophe à une nouvelle petite amie.
Depuis 1982 nous avons, nous les trois garçons, chacun notre moto. Nous formons maintenant une petite bande de trois motards avec leurs passagères, et parcourons les routes souvent ensemble.
Isabelle est toujours dans le groupe, mais elle commence à trouver le temps long. Elle reste célibataire dans sa vie, s’ennuie lorsque dans nos soirées elle se sent étrangère à nos conversations de couples, et elle peut difficilement nous accompagner lorsque nous sommes à moto.
Petit à petit nous finissons par moins la voir, et chacun d’entre nous avance sur le chemin de sa vie.
Il ne m’arrive jamais de regretter quoi que ce soit de mon temps passé accroché à Isabelle. Je sais que cette époque de ma vie m’a aidé à être ce que je suis.
Au travers de ce vécu une interrogation persiste en songeant à toutes ces prières lancées au ciel, à tous ces vœux réalisés en espérant qu’un jour Isabelle m’aime.
Ai-je été témoin de la réalisation de ces vœux ?
Sa vie, Isabelle la poursuit un peu moins avec nous. Elle aussi évolue de son côté, et ce qu’elle ne fait plus avec nous elle le réalise avec d’autres : sorties, rigolades et autres activités de nos âges.
Finalement un soir alors que nous nous retrouvons chez Olivier pour manger de la soupe aux crêpes,
Elle nous rejoint accompagnée d’un garçon, Denis. Je vois tout de suite la fierté qu’elle a de nous le présenter comme étant son petit ami.
Il me semble aussi remarquer dans les yeux de Denis, comme un regard de défi cette première fois où il me dit bonjour.
Je ne doute pas un instant qu’il m’ait collé une étiquette de rival potentiel. Il n’a pourtant rien à craindre de moi, mais cela il ne peut pas le savoir.
Au premier abord, j’estime que c’est un garçon sympathique. Il a l’air énergique, directif aussi, un peu trop peut-être ; il me fait d’ailleurs penser à Patrick le frère d’Isabelle.
C’est certainement pour cette raison qu’ils sont copains, et c’est par l’intermédiaire de son frère qu’Isabelle l’a rencontré.
Je vois qu’elle est fière de nous le présenter, sa gestuelle du moment comme celle des fois suivantes où nous nous retrouverons, me fait sourire aussi, mais j’évite de le montrer.
Me fait sourire car j’ai l’impression qu’à la manière dont elle le tient, de la façon dont elle l’entoure, qu’elle est fière de pouvoir nous montrer qu’elle aussi, maintenant, a une vie qui ressemble à la nôtre, qu’elle n’est plus seule.
Avant cela elle m’a souvent dit déplorer de ne pas avoir de copain avec qui elle aurait une vrai relation, au delà de l’Amour platonique dont elle se fatiguait.
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Publié le 26/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Le mariage interdit. ---
Cette vraie relation, elle finit par la conduire jusqu’au bout.
Depuis qu’elle nous a présenté Denis, nous ne la voyons pratiquement plus, sauf quand la semaine nous nous arrêtons chez elle pour lui rendre visite, autant que pour saluer sa famille.
Isabelle est de moins en moins présente maintenant. Sa maman aime à me dire que lorsque Denis est là, il vaut mieux éviter de prononcer mon nom. Elle me dit en riant qu'à la simple allusion à Max, il s’énerve.
Un jour de sortie comme les autres cette année 1984, Olivier avec qui nous sommes ce jour là me dit :
« Tu y vas ?
-Où veux-tu que j’aille ?
-Ben au mariage cette idée.
-… ! Et au mariage de qui ?
-Au mariage de la Sousou. Tu n’es pas au courant ?!! »
J’en tombe des nues. J’apprends comme cela et presque par hasard qu’Isabelle va se marier.
Personne de sa famille ne m’a prévenu lors de mes différents passages.
J’ai du mal à comprendre, et je ne le vis pas très bien ; je suis à la fois en colère et vexé.
Je ne cherche même pas à entrer en contact avec la famille Souvignet, et je finis par comprendre seul que Denis doit y être pour quelque chose.
Pire encore ! Je constate que tous ceux de notre groupe sont informés de cette cérémonie, et peuvent y assister, et Christelle que j’ai eu l’occasion de rencontrer m’a dit que Denis ne souhaitait pas me voir lors de son mariage, et qu’Isabelle se pliait à sa décision.
J’ai vraiment du mal à comprendre. Moi qui ai tant partagé ces dernières années avec Isabelle, qui étais prêt à tout lui donner, je me retrouve au final interdit d’assister à son mariage. Quel affront !
Si je m’écoutais j’irai tour à tour trouver d’abord Denis pour lui demander de quoi il se mêle, pour qui il se prend, puis Isabelle pour lui demander qu’elle m’explique cette situation les yeux dans les yeux.
Heureusement peut-être, Catherine me convainc de rester calme et m’aide à comprendre quel rival Denis peut voir en moi.
Quoi qu’il en soit on ne m’interdit rien, et surtout pas d’assister au mariage de quelqu’un que j’ai aimé. Finalement, je décide que ce jour là je serai présent.
Les jours avant la cérémonie j’ai du mal à ronger mon frein : j’ai tellement envie d’arriver comme un pavé dans la marre, sans prévenir, dans la cour d’Isabelle pour bien lui faire comprendre comment je ressens cet affront.
Je parviens au final à contenir cette sourde rage qui est en moi, jubilant un peu du fait que si Denis ne veut pas de moi à son mariage, il aura tout de même la surprise de me voir sur le chemin qui les conduit à l’autel de l’église.
Publié le 06/12/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Mes prières iront vers toi Max .
Le Père Debort entre dans l’église, il sait certainement ce que ce mariage signifie pour moi, comme il sait ce que m’inflige l’interdiction d’entrer dans l’église aujourd’hui pour assister à cette cérémonie.
Je n’ai pas eu d’explications sur le pourquoi de cet interdit, sauf ce que j’ai pu déduire de ce que Christelle m’en à dit.
L’arrivée de voitures ne cesse d’augmenter, et avec elles le cortège de toutes ces personnes qui viennent participer à cette messe de mariage.
Je suis toujours assis sur ma moto, je me dis que j’aurais du prendre avec moi mon chapeau de cow-boys et une cigarette, pour bien marquer mon détachement de cet événement, genre desperados attendant le passage de la diligence..
Les gens passent devant moi, certains baissent la tête, d’autres me regardent puis détournent leurs yeux, gênés me semble t-il, quelques-uns, quelques-unes me font un discret sourire ou me lancent un signe de la main.
Tous ici savent qui je suis ou ont entendu parler de moi, après toutes ces années.
« Max, ah oui ! c’est lui… »
Les cloches de l’église retentissent, j’inspire aussi fort que je peux pour rester imperméable à ce semblant d’émotion qui m’envahit. Je n’en veux pas.
Au loin, je vois arriver la voiture du marié. Il n’est pas seul, les frères d'Isabelle sont avec lui.
La voiture qui les conduit passe devant l’église et s’arrête sur le parking.
Tous les trois arrivent ensemble, ils ne peuvent pas m’ignorer.
Denis crâne un peu en arrivant à ma hauteur, mais je le remarque, il n’est pas tout à fait à l’aise.
Mikaël et Patrick à leur passage me lancent un salut Max, auquel je réponds dans le même style en fixant leurs yeux qu’ils ont vite fait de détourner. Tant que je peux, je les suis du regard ; Mikaël se retourne une dernière fois pour me regarder avant de disparaître au fond de l’église.
Catherine aussi arrive, elle assiste au mariage de sa copine avec une de ses amies. Elle vient jusqu’à moi, m’embrasse dans un encouragement à mieux gérer ce moment qu'elle pense difficile a vivre, puis à son tour elle pénètre dans l’église.
Les cloches continuent de résonner en cadence, il n’y a plus personne à l’extérieur de l’église.
Je reste seul avec mes pensées, essayant de comprendre quelle réelle place Isabelle à pu donner à ce que j’ai considéré comme de l’Amitié. Je ne doute pas qu’elle ait été vraie entre nous, mais je ne parviens pas à digérer que du jour au lendemain elle puisse ainsi être balayée d’un revers de main, sans explication, sans pratiquement laisser aucune trace.
La voiture de la mariée arrive à son tour. Madame Souvignet est déjà là aussi, je ne l’ai pas vue venir. Elle se dirige vers l’église, elle a l’air joyeuse d’une mère qui marie sa fille.
Je ne veux pas gâcher son moment de bonheur, et lorsque passant près de moi elle me lance :
« Bonjour, tiens t’es donc là toi! Ca va Max ? Je lui réponds
-Oui madame ça va…, je vais avoir la chance de voir la mariée. »
-Isabelle va être contente de te voir. Tu ne fais pas le fou ! hein Max ?!!! »
Et sans attendre de réponse elle s’éloigne à son tour pour entrer dans l’église.
Je regarde du coté de la voiture de la mariée.
Enfin je la vois, comme dans un film au ralenti.
Publié le 07/12/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
La porte de la voiture s’ouvre tenue par son papa. D’abord je ne vois d’elle que les pieds chaussés de blanc, puis la robe que pousse ses jambes, et enfin sa tête qui sous le montant de la portière, passe, évitant que sa coiffure ne soit défaite.
Elle se baisse et prend la main que lui tend son papa pour sortir du véhicule. Une fois à l’extérieur, aidée par la demoiselle d’honneur, elle s’assure que sa robe tombe bien dans ses plis.
J’entends sa voie claire et joyeuse, elle a l’air excitée par le moment qu’elle vit.
Une fois que la demoiselle d’honneur en a fini avec la robe, Isabelle qui se retourne pour prendre la direction de l’église me voit.
Je la regarde, elle reste un moment figée mais reprend aussitôt sa naturelle décontraction apparente.
Elle s’avance d’abord accompagnée de son papa et de la demoiselle d’honneur, puis accélérant le pas, les laisse pour se précipiter vers moi.
Toujours assis sur ma moto aussi désinvolte que me le permet la situation, je ne bouge pas, je la regarde arriver jusqu’à moi.
Bien que peu de distance nous sépare, dans ma tête les images de ces dernières années défilent :son premier regard, son premier sourire, ces moments partagés, nos marches de nuit, mes craintes, mes souffrances, mon envie d’en finir sur les rails, cette fois en Savoie où tous mes vœux passés prenaient forme dans cet instant sur mes genoux.
« Max, tu es là! »
Isabelle venait d’arriver, elle s’était arrêtée à ma hauteur. J’avais du mal à conserver un semblant de sourire ironique. En posant ses mains gantées de blanc sur mon guidon, d’un air désolé elle tente de me fournir une explication à la situation.
« Max, je suis désolée, vraiment. J’aurais voulu que tu puisses participer à mon mariage mais Denis ne veut pas entendre parler de toi. Au début il m’a demandé de choisir entre lui et mes anciens copains, entre mes anciens copains dont tu es et ses copains à lui. C’est normal qu’il me le demande, comme c’est normal que je respecte ce qu’il m’a demandé…..Tu me comprends ? »
Derrière elle, passent la demoiselle d’honneur et son papa, ils s’arrêtent à l’entrée de l’église pour l’attendre. Isabelle jettent un œil vers eux avant de me dire encore.
« Max, il faut que tu comprennes que tu fais partie de mon passé. Maintenant je suis mon mari, ma vie est avec lui. »
Je la fixe dans les yeux, je sais que c’est la dernière fois que je les regarderai.
En saisissant mon casque je lui dis aussi calment que l’émotion qui m’étreint me le permet.
«Je souhaite que tu puisses être heureuse avec lui Isabelle, vas-y, il doit t’attendre. »
J’enfile mon casque et démarre ma machine, alors que sans un mot de plus, elle me tourne le dos et rejoint l’entrée de l’église où elle est attendue.
Je ne sais pas si elle s’est retournée une dernière fois, mais ce dont je suis sûr, c’est qu’elle aura entendu le démarrage rageur de mon départ.
Publié le 14/12/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Maintenant ---
Ainsi prit définitivement fin mon histoire avec Isabelle.
Elle a fini par quitter sa région pour aller vivre dans l’Aube, pays de son mari.
Nous avons fait chacun notre vie de notre côté. Depuis nous nous sommes croisé quelques rares fois. J’ai conservé le contact avec sa maman qu’il m’arrive encore de croiser.
Elle ne manque jamais de me dire :
« Alors Max, qu’est ce que tu deviens ? Tu es toujours aussi fou ? ….»
Il y a encore quelques années, Isabelle a souvent traversé mes rêves. Souvent veut dire quatre à cinq fois par an, et ce qui était troublant c’est qu’à chaque apparition elle me demandait de l’aider, quelque chose n’allait pas autour d’elle.
Je n’ai jamais cherché à approfondir, même si à chaque fois j’en parlais à la maison.
Maintenant que conclure de toute cette histoire ?
De ce temps d’adolescence rien ne s’est effacé. Le feu qui m’a traversé n’a laissé place qu’à des cendres froides que j’ai vite évacuées.
En ai-je été malheureux ? Certainement un peu, mais pas de façon dramatique, même si à un moment j’ai été traversé par l’idée du suicide.
Ai-je des regrets ? Non ! je n’en ai jamais eu. Car comme à chaque étape de ma vie j’ai définitivement oublié les pages que je tournais volontairement, et quand je tournais une page cela a toujours été pour en commencer une autre. Je n’ai jamais connu ces moments de vide où l’on se demande ce que l’on peu faire de son temps et de sa vie.
De plus dans les cendres de cet Amour, j’ai puisé la force du ciment qui m’a permis de construire l’avenir de mon Amour naissant.
Comme je me donne entièrement à ce que je fais, entièrement à l’autre, ma vie durant je me suis prémuni autant que faire ce peut contre une éventuelle déception, contre une éventuelle trahison.
J’ai donc dés cette époque construit ma vie sentimentale pas à pas, m’assurant à chaque étape que pour avancer plus en avant dans la relation que je développais, ce que je vivais était déjà solide, fondé et ne s’écroulerait pas.
A cette seule condition je me permettais d’avancer encore un peu dans la progression d’une vie de couple, m’assurant que nous étions à deux au diapason des projets de notre avenir
Rien ne se fait facilement, et jamais rien ne s’obtient sans un minimum d’efforts.
Ma vie de couple notre vie de famille, l’harmonie qui l’a entourée jusqu’à maintenant ne doit rien au hasard, mais tout à l’effort de mener à bien ce pourquoi je me suis donné, ce pourquoi nous nous sommes donnés.
C’est un peu comparer cette ascension dans une vie à deux, à une escalade que l’on fait à main nue et encordé, avec ses épuisements qui ralentissent parfois l’avancée, avec les risques de chutes de l’autre qu’il faut savoir soutenir pour permettre a cette ascension de continuer.
Cela, je crois que je ne serai jamais parvenu à le réaliser si je n’avais pas vécu mon histoire avec Isabelle comme une leçon de vie.