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Publié le 11/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Novembre 1981, libéré de mes obligations militaires, je reprends une vie normale de civil ; mon objectif est maintenant de trouver du travail.
Je continue mes sorties en discothèques, plus que jamais même.
J’ai en moi le besoin d’extérioriser ma différence des gens de mon âge, le besoin d’évacuer la force que cette différence contenue génère. Sur les pistes de danse je reste tout aussi différent et forcément remarqué dans ces foules qui se trémoussaient, mais je reste indifférent aux invitations que l’on m’adresse.
Pour ma petite sœur Gaby que j’invite aussi souvent que je peux, c’est aussi l’occasion de profiter des sorties de son grand frère.
Selon l’emploi du moment, je travaille en trois huit ou en deux douze.
Après quelques petites heures de sommeil pour récupérer des nuits de travail, je dispose de temps libre dans la journée.
Je trouve le temps parfois de conduire mon jeune frère Francis, à l’école ou de l’attendre à la sortie des classes pour le ramener à la maison.
Comme je l’étais en mon temps, il est tributaire du car scolaire.
Parfois je suis à là sortie de l’école sans que cela soit prévu, et pour être certain de ne pas le louper dans la masse des élèves qui surgissent au portillon de l’école, je scrute la foule pour dés qu’il apparaît, l’interpeller.
C’est lors d’une de ces attentes qu’au milieu de cette masse anonyme d’étudiants, je n’en ai soudain vu plus qu’une. Elle n’est pas seule, mais soudain je ne voie plus qu’elle.
Son allure a quelque chose que ceux qui l’entourent n’ont pas. Ce n’est pas un mouton dans la masse du troupeau.
Il se dégage d’elle un côté sportif et rebelle auquel se marie une douceur naturelle. La salopette et le blouson qu’elle porte lui donnent en plus une apparence énergique.
Je la perds de vue alors que j’essaye de repérer Francis. Une fois ce dernier récupéré, sur le chemin du retour, à la question que je lui pose dans la voiture pour savoir si la description de la fille que j’ai vue lui dit quelque chose, il me répond :
« Ah oui je vois ! Ca doit être Catherine Genot…. »
Intrigué et attiré par ce que j’avais vu de cette fille, je me rends aussi souvent que possible à la sortie de l’école.
Ce qui devait arriver arriva, car bien qu’il l’ait fait dés la première fois où je l’ai vue, j’ai en moi sous des cendres refroidies depuis peu, de plus en plus présentes, les secousses d’un cœur qui ne demande qu’à s’emballer de nouveau.
Le recul que ces dernières années me donnent en matière de gestion sentimentale, les barrières que j’ai dressées autour de lui, ne permettront pas une nouvelle fois qu'il s’embrase spontanément. S’il est encore assez fou pour s’enflammer ainsi, je vais mettre mon intellect au service de sa protection.
Si dans l’insondable chemin que la vie me destine, mon cœur sait déjà que je dois avancer vers cette fille, je ne le ferai que pas à pas, m’assurant à tout moment de contrôler ce vers quoi de nouveau je m’aventure.
Publié le 15/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Fleur de rosée ---
En effet, l’aventure de ma vie d’homme, de mari, de père commençait ici, à la sortie de cette école, alors que j’accompagnais mon petit frère.
Petit frère que j’ai fini par moins ramener à la maison.
En effet, en décembre de cette année, quelques jours après avoir aperçu cette fille, par l’intermédiaire de Francis qui m’a servi de messager, je lui ai fait parvenir une lettre.
Je lui écrivais mon plaisir de la voir, et lui disais que je souhaitais mieux la connaître.
Lettre qui reçut une réponse favorable et qui allait sans discontinuer, nous lier pour les années à venir.
Après l’épisode de ce courrier, c’est désormais Catherine que je raccompagnais chez elle à Quincey, au début avec Francis dans la voiture, puis seul par la suite.
Les barrières de mon cœur m’imposèrent d’essayer de bien la connaître avant de s’ouvrir un peu. J’ai pris le temps de le faire.
Le premier baiser échangé n’eu lieu qu’en janvier, le 17, et trois mois se sont encore écoulés avant que ce baiser ne soit plus le maximum de nos échanges physiques.
Son côté un peu garçon manqué lié à sa douceur naturelle, me faisait penser au caractère d’une indienne, d’une squaw comme j’avais aimé les imaginer.
Et bien que jusqu’à ce jour mon cœur se soit toujours épris pour une fille brune de cheveux, celle qui devenait l’indienne de mon cœur était cette fois blonde.
Je l’avais surnommée « Fleur de Rosée.»
Isabelle n’est même pas un fantôme dans mes souvenirs, elle n’existe vraiment plus au cœur de mes sentiments. Cependant, nous nous voyons toujours au sein des réunions de notre groupe auquel Catherine fait maintenant partie intégrante. Nous nous retrouvons donc à trois couples, Isabelle est la seule célibataire.
Je ne suis pas fait pour aimer deux personnes à la fois. Mes sentiments n’existent que pour la nouvelle élue de mon cœur et pour personne d’autres.
A Christophe qui avait du mal à comprendre comment je pouvais me trouver en présence de ces deux filles, j’ai répondu que mon histoire avec Isabelle avait été tellement longue à arriver à sa fin, que tout ce qui la concernait avait réellement séché dans le lit de mes sentiments. Que seules les cendres des souvenirs persistaient.
« Eh Max, toi qui crois toujours en n’importe quoi, tu vois bien que ces vœux, ces prières adressées au ciel étaient bien de la bêtise de bonnes femmes.
- Tu dois avoir raison, en tout cas il est trop tard. »
Je ne recueille plus les confidences d’Isabelle, et ses soucis ne sont plus les miens. Je serai toujours présent si elle fait appel à mon aide, mais ma vie est maintenant partagée avec une autre, et c’est elle qui passe avant tout.
Catherine et Isabelle deviennent même de bonnes amies ; elles se retrouvent ensemble lorsque que mes horaires de travail ne me permettent pas de participer à leurs sorties ou lors d’activités organisées par la famille d’Isabelle, que je viens rejoindre à la sortie du travail.
Tous les trois nous nous entendons même bien, et chacun à sa place.
Enfin jusqu'à ce que...
Publié le 16/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Gaby comme Francis n’ont pas vraiment apprécié que le temps que je leur consacrais soit maintenant dédié à Catherine. Gaby à même eu un premier temps de jalousie vis à vis de ce qu’elle a pu considérer comme une rivale venant lui enlever le grand frère que j’étais.
Pourtant toutes deux pleines de sagesses, elles ont fini par un franc dialogue, à régler leur différent.
Concernant Isabelle, la relation qu’elle entretenait avec Catherine était plaisante, non envahissante, et confinée aux limites de l’amitié.
Le temps suit sa route, et je cherche à obtenir un travail plus intéressant que celui que j’occupe depuis ma sortie de l’armée. Mes efforts me permettent de signer un contrat en Savoie, dans la société Américaine Union Carbide à l’usine de la Léchère, pour conduire un four prototype en cuisson de carbone.
J’ai un mois avant mon déménagement, et pour prendre connaissance des lieux j’envisage de me rendre sur place en ce début d’été 1981.
La localité disposant d’un camping municipal et d’une piscine, nous décidons avec Catherine de camper quelques jours sur les lieux de mon futur travail.
La tente canadienne dont je dispose, est assez grande pour permettre un couchage de trois personnes. Avec Catherine, nous proposons à Isabelle de se joindre à nous pour ce séjour en Savoie, et c’est avec plaisir qu’elle accepte cette invitation.
Changer d’air lui fera aussi le plus grand bien, d’autant plus qu’il me semble que c’est un peu tendu autour d’elle en ce moment.
Quelques jours plus tard, nous voilà donc après un trajet de quatre heures, installés en Savoie au camping municipal de La Léchère, sous la tente que nous partageons.
Le climat nous est favorable et nous permet de profiter ensemble de la piscine locale.
Nos quelques journées sur place s’écoulent entre ballades et baignades. Le soir après notre repas réalisé sur le petit réchaud, nous faisons un tour à pieds avant une partie de scrabble précédent l'extinction des feux.
Dans cette ambiance sympathique ou règne la bonne humeur, un soir Catherine n’a pas envie de marcher. Elle préfère se coucher plus tôt.
Malgré ce changement, je maintiens la promenade du soir à laquelle je ne veux pas déroger.
Isabelle exprime le souhait de pouvoir m’accompagner, ce qui ne pose aucun problème à Catherine comme à moi.
Cette promenade suivait le même trajet chaque soir, et comme les fois précédentes nous parlons de tout et de rien en marchant. La nuit était déjà tombée.
Est-ce dû à l'heure plus tardive ou au fait que nous soyons que deux ce soir, il me semble deviner quelque chose de différent dans l'attitude d'Isabelle.
J’ai un peu l’impression de me retrouver quelques années en arrière lors de ces soirées où nous marchions sur les routes de Vosne Romannée.
Elle aussi certainement car maintenant, elle me tient le bras.
Publié le 19/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- La Savoie refusée. ---
« Max…, si nous passions de l’autre côté de cette haie d’arbres, nous serions moins sur la route.
- C’est une bonne idée mais,.. c’est une propriété privée apparemment. Tu veux vraiment y aller ?
- Oui !… »
Je retrouve son sourcil droit relevé sur l’esquisse d’un sourire. Je ne la regarde pas plus que cela, et la conduis à continuer de marcher le long du chemin, arguant que je n’ai pas envie de rentrer dans un lieu privé la nuit.
Nous continuons notre tour qui nous ramène au terrain de camping.
Il fait bon ce soir et nous n’avons pas vraiment envie d’aller nous coucher immédiatement.
Pour profiter encore de la douceur de la nuit, nous nous assoyions sur les bancs du petit parc du camping, où nous poursuivons notre conversation à propos de tout et de rien.
Le sujet principal a pour objet le fait que bientôt je ne serai plus chez moi à Vougeot, mais installé ici en Savoie pour désormais y travailler.
Isabelle se tait quelques instants, pensive avant de me dire.
« Max, alors nous allons moins nous voir !…
-… ? Nous certainement, mais nous n’avons rien à nous devoir Isabelle. C’est plus gênant pour Catherine et moi.
- Je peux m’asseoir sur tes genoux ? Ce banc de pierre est trop dur… »
Alors que j'étais semi-allongé sur ce banc, pour son confort je me redresse afin de lui permettre de s’installer sur mes jambes plus souples que la pierre.
Après m’être assuré qu’elle était mieux assise là, nous reprenons le fil de notre conversation jusqu’à ce moment de silence où, perdu dans mes pensées je me fonds du regard dans le ciel, à contempler les étoiles de ces montagnes.
A cet instant elle bouge un peu et passe un bras autour de mon cou. Je pense qu’elle prend appui sur moi pour modifier une assise qui lui devient inconfortable.
Mais lorsqu'elle tourne son visage face au mien et que de son deuxième bras elle m'entoure aussi le cou, ce ne sont plus les étoiles que j'observe mais Isabelle qui me fixe du regard.
Un instant, le temps suspendu agite en moi tous les souvenirs de ces années passées, et là, je me rends à l’évidence de la situation qui contraste tant avec toutes celles que nous avons traversées.
Dans le silence qui tombe sur nous, Isabelle me fixe toujours avant de rapprocher encore son visage du mien.
Je ne réagis pas plus que cela à cette approche dont je ne doute pas de la finalité.
Le vent qui souffle dans ma tête, lui, descend jusqu’aux profondeurs du cœur pour, vérifiant s’il reste une braise à enflammer, ne trouver que le froid des cendres d’un feu à jamais éteint.
Je ne suis même pas tenté de profiter de ce qu’elle m’offre.
Avant le contact inévitable qui se prépare, sans rien dire, je détourne la tête pour de nouveau regarder les étoiles.
Sur ce banc en Savoie, Isabelle comprend que pour elle je suis définitivement perdu.