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Publié le 04/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Le lendemain, je me suis rendu à la poste de Nuits St Georges pour rendre compte à mes supérieurs des conséquences et suites données à cet accident. Je ne pouvais téléphoner de la maison où personne n’était au courant de mon stratagème. J’avais juste, pour expliquer mon retour, invoqué une permission de dernière minute que j’avais obtenue pour participer aux vendanges.
Après avoir bien réfléchi à ce que j’allais dire à mon capitaine, dans la cabine téléphonique, le cœur battant très fort, j’attends qu’à l’autre bout quelqu’un décroche. Je sais que je risque gros et que je vais pour la première fois de ma vie, enfreindre les règles de la morale. Mais le temps n’est plus à la recherche d’une autre solution.
Je n’ai de toutes façons plus le temps de réfléchir, à l’autre bout une voix annonce :
« Capitaine Morin, j’écoute. »
Les personnes qui attendent leur tour pour téléphoner, étonnées, me voient sortir de la cabine essuyant les larmes qui se trouvent encore sur mes joues.
Sorti de la poste, je lève la tête au ciel dont le bleu et la douceur de la matinée annoncent une belle journée.
Les larmes qui malgré moi viennent de prendre place dans mon scénario, sont vites oubliées.
Je souris au ciel qui par la douce chaleur qu’il m’envoie, me réconforte dans l’idée que je profiterai pleinement de ces jours de permission volés.
Je m’empresse de me rendre chez Christophe pour lui annoncer le résultat de cet entretien avec mon supérieur, mais il n’est pas présent lors de mon passage.
Je dois ronger mon frein, faire preuve de patience car excité par ce que je viens de réaliser : petite victoire sur l’administration et immoralité de mon acte, j’ai un grand besoin d’en parler à quelqu’un pour m’assurer que ce que j’ai créé reste « de bonne guerre ». Christophe est le seul avec qui j’oserai le faire. Je repasserai le voir plus tard, un peu avant midi.
A la maison où je reviens pour confirmer que je serai là jusqu’au mercredi suivant pour faire les vendanges, maman est seule pour m’écouter alors que papa est occupé avec ses écoliers.
Elle me laisse parler et accepte ce que je raconte sans poser aucune question, ce qui me met un peu mal à l’aise.
Je ne parviens pas à savoir si elle me croit ou si elle se doute que j’ai monté une fable justifiant ma présence. Je préférerais qu’elle essaye d’en savoir un peu plus, ce qui me permettrait de déterminer si je l’ai convaincue ou non.
Je n’aime pas mentir et le fait rarement; si elle avait émis un doute, je l’aurais volontiers mise dans la confidence, lui avouant mon stratagème et me soulageant par la même occasion de ce problème de conscience.
Ce midi craignant tout de même les questions de papa, avec qui par contre je n’ai aucune complicité, je préfère ne pas manger à la maison.
Je me rends de nouveau chez Christophe. Cette fois il est là et je le vois sortir de chez lui pour venir à ma rencontre. Il est excité et certainement inquiet des suites que j’ai pu donner à cette fraude à laquelle il a accepté de participer.
« Alors Max ? Qu’est-ce que ça a donné, tu as pu prolonger ta permission ?
-Oui, on peut dire cela.
- Tu es incroyable ! Que leur as tu dit ?
-…… Viens marchons un peu, je n’ai pas envie que tes parents entendent ce que je vais te raconter.
En fait…… lorsque le capitaine m’a demandé comment allait ma fiancée, je lui ai répondu que j’étais arrivé trop tard….
-Comment ça trop tard ? ….Que l’hôpital était fermé ?
-……Pas vraiment, mais plus exactement qu’à mon arrivée ma fiancée était décédée de ses blessures…..
Publié le 05/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
« …..Bon sang tu es fou!…. Es tu sérieux ?
-Oui, on ne peut plus sérieux Christophe, c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit. J’espère que la date des vendanges ne va pas être repoussée.
-Et si ton capitaine demande des preuves sur le décès de ta fiancée ?
-Je trouverai le moyen de le convaincre.
-Que t’a-t-il dit au téléphone ?
-Qu’il était désolé pour moi, que je pouvais prendre le temps que je voulais avant de revenir.
Je lui ai dit que je serais de retour mercredi prochain, et que l’enterrement aurait lieu samedi. Tu sais j’ai quelques années de théâtre derrière moi, et je n’ai pas eu trop de difficulté à être convaincant. »
Sans l’avoir prémédité, puisque l’objectif de cette fraude à la permission était principalement de pouvoir passer avec Isabelle et sa famille quelques moments agréables en fin de journée, je venais inconsciemment d’entamer le deuil de l’histoire qui nous liait.
Les évènements qui allaient suivre me forcèrent à tenir ce triste rôle.
Le lendemain, jeudi matin, Christophe m’annonçait que les vendanges débutaient dans l’après-midi.
Ma première surprise a été lorsque que tous réunis dans les vignes pour commencer le travail, des applaudissement ont accompagnés quelques « bravos Max !! ».
Les vendangeurs masculins qui m’entouraient, informés par Christophe de ce que j’avais fait, et qui eux même avaient subi le service national, voyaient mon histoire comme un acte de bravoure et de folie, bernant les services de l’armée.
J’avais demandé à Christophe de ne pas en parler...
Samedi matin, réveillé de bonheur par un coup de téléphone reçu par maman qui ne comprenait pas ce que me voulaient les pompes funèbres de Nuits St Georges, j’ai sauté dans
mon pantalon et dans ma voiture pour me rendre sur place, récupérer une gerbe de fleurs envoyée par mes camarades de Mt de Marsan.
La personne qui m’a reçu était désolée de n’avoir pas trouvé dans le journal le lieu de l’enterrement pour directement livrer la gerbe. Je m’en suis sorti en racontant qu’il s’agissait d’une cérémonie particulière, et que de ce fait il n’apparaissait pas dans le journal.
Ce jour là, et plus jamais par la suite, j’ai vraiment eu pour la première fois de ma vie honte de moi. Mes copains s’étaient cotisés pour cette gerbe immense que j’avais du mal à introduire dans ma voiture.
A ce moment là j’ai eu peur des suites que mon histoire risquait d’engendrer. J’ai même pensé qu’une délégation de l’armée de l’air risquait d’arriver pour assister à un enterrement qui n’existait pas.
J’ai pris le temps de me réfugier dans mes montagnes, pour réfléchir sur ce que je devais maintenant faire.
J’avais à l’arrière de la voiture une gerbes de fleurs vraiment très belles, et qui ne manquait pas d’étonner les conducteurs qui me croisaient ; et je devais me préparer à affronter cette éventuelle délégation qui déclencherait à n’en pas douter les mesures disciplinaires qui s ‘imposaient et que j’aurais bien méritées.
Il me restait aussi et ce n’était pas la moindre des choses, à expliquer tout cela à maman qui devait être inquiète.
Publié le 08/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
C’était l’époque où Isabelle allait passer son permis de conduire. J’avais dans l’idée que le lui offrir, serait exprimer, matérialiser la hauteur de la force qu’avait eu mes sentiments pour elle.
Aussi, dés sa première leçon de code qui avait lieu dans l’auto-école que sa sœur et moi avions fréquentée, je suis passé voir le gestionnaire pour lui régler le coût du permis d’Isabelle.
Evidemment je voulais que ce geste soit une surprise et il le fut. Je n’en avais pour cela parlé à personne.
Grande surprise pour Isabelle lorsque le jour où à son tour elle a voulu payer ses premières leçons, il lui a été annoncé qu’elle n’avait plus rien à régler.
Sans étonnement pour moi lorsque, quelques jours après, madame Souvignet a demandé à me voir illico-presto. Et ce n’était pas pour me féliciter.
Sous la morale qu’elle me faisait, je n’avais pas trop d’argument pour justifier mon geste en dehors du seul et vrai qui m’animait.
« Je voulais lui faire plaisir, et cela m’a fait plaisir de le faire.
-Tu va arrêter tes bêtises un jour Max ?! Tiens reprends ton argent et ne refait plus jamais cela…. »
Question cadeau c’était loupé, mais question souvenir, j’en étais persuadé, celui la persisterait.
Quant à cette permission « volée », si elle m’a permis d’être présent quelques jours supplémentaires auprès d’Isabelle et de sa famille, j’ai du en assumer les suites jusqu’à la fin de mon service et quelques années plus tard encore.
En fin de compte, aucune délégation n’avait été prévue, heureusement. Mes parents ont bien sûr été sidérés de ce que j’avais pu faire, angoissés aussi des éventuelles mais infondées retombées, qui pouvaient aussi les toucher en termes de « complicité ».
Pour moi, dés mon retour à la base où en signe de compassion chacun de ceux qui me croisait avait un geste amical, j’ai dû tenir le rôle d’un personnage triste d’avoir perdu sa fiancée. Je me suis donc isolé, me forçant à plus participer aux joyeuses fêtes et sorties organisées par mes amis. Quelques fois sur leur insistance je les accompagnais, mais je me devais de laisser paraître la tristesse qui était mienne, et ce plus d’un mois jusqu’au jour de ma libération.
Personne n’a jamais su que j’avais menti sur cette histoire.
On m’avait toujours dit : « Ce que tu penses vraiment se produit un jour ».
Je ne crois pas au hasard.
Quatre ans plus tard, dans les mêmes circonstances, éloigné de ma fiancée pour des obligations de travail, quinze jours avant notre mariage, je reçois un appel de maman qui m’apprend que celle que j’aime a eu un accident grave. Le soir en rentrant du travail, un automobiliste ivre a percuté sa voiture de plein front.
Heureusement, cette fois là il n’y eut aucun décès à déplorer.
Publié le 10/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
Dans les cendres de l'Amour. TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Couper les liens.---
Le service militaire, mes folies du moment font maintenant partie des souvenirs. Il y à toujours une occasion autour d’un verre où quelqu’un ressort l’incroyable histoire de ma fiancée décédée, moi j’en garde uniquement le souvenir d’un moment de bravoure, de pure folie et d’inconscience certaine, et sans aucune fierté.
Mais avec cet épisode, sans vraiment de lien de cause à effet, ou peut-être parce que l’intensité de ce pseudo deuil que je devais gérer sans me tromper, m’a permis de ne plus me focaliser sur mon passé sentimental, j’ai fini par me détacher complètement d’Isabelle ; mais pas de sa famille ni de Danielle.
Isabelle n’était plus qu’une copine parmi d’autres, que je côtoyais lors de nos retrouvailles de groupe avec Olivier, Christophe et leur petite amie respective. Nous restions amis.
Pour elle rien n’avait changé dans notre manière d’être forcément, enfin je le pensais ; pour moi, mon cœur ne s’emballait définitivement plus pour Isabelle
Que me restait-il de ces années où j’avais tant subi le feu de mes sentiments?
Quel bilan pouvais-je en tirer ?
Mon évolution personnelle dans cette vie de jeune homme, me donnait le sentiment d’un certain gâchis. Non pas l’impression que j’avais perdu mon temps, mais plus le fait que j’aurai pu gérer autrement cette relation avec Isabelle, d’une façon plus riche, plus constructive.
Il est évident que sans le recul, sans l’expérience que la vie m’avait donné ces dernières années, je n’en serai pas arrivé à cette conclusion. Syndrome du fameux : « Ha si j’avais su ! »
J’avais su heureusement conserver mes copains et amis, les seuls que j’ai jamais eus d’ailleurs.
J’avais aussi la certitude que j’étais et serait toujours quelqu’un qui respectait le sexe opposé. J’en voulais pour preuve les « occasions » que la fonction que j’avais eu durant mon temps d’armée, m’avait donné et dont je n’avais pas « profitées ».
Mes liens avec Isabelle n’étaient plus que souvenirs, je n’avais plus dans le cœur que les cendres de ceux qui m’avaient lié à elle.
Je n’avais plus dans le cœur que les cendres d’un Amour qui maintenant se refroidissaient pour toujours, après m’avoir brûlé ces quatre dernières années.
Je n’étais ni blessé, ni souffrant ; étant le seul en cause de ce qui m’était arrivé.
Pour éviter que cela se reproduise, j’avais appris à dresser autour de moi les barrières qui désormais protègeraient mon cœur de tout envol sentimental.
Je restais et suis resté sentimental. Mais je n’ai plus voulu que mes sentiments soient les chevaux emballés de ma vie.