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Publié le 06/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Dans ce monde de silence où l’harmonie née du mariage architectural des édifices et de la nature qui les entoure donne au silence un présence plus grande encore, il n’est pas difficile de parvenir au silence intérieur.
Dans ce vide qui m’envahit, mes pensées , sauvages dans leur arrivée, se bousculent, se percutent sans que je parvienne à les ordonner, à les dompter. Je ne les cantonne dans un semblant de tranquillité qu’en donnant à mon esprit de quoi s’occuper.
Pour cela je vais de jardins en parcs, de couloirs en bâtiments, essayant quelques temps de décrypter l’histoire et les secrets de ces lieux. Mais l’abbaye n’est pas assez grande pour donner à mon esprit la possibilité d’occulter ce qui me préoccupe.
Le soir venu, je suis seul à ma table au repas. Un frère dont j’ignore le nom, est venu me déposer un bol de soupe, une purée et un morceau de fromage accompagné d’un pain et d’une carafe d’eau que j’avale avec frugalité. Le silence des lieux est brisé par le son d’un haut-parleur accroché au mur, et qui diffuse ce qu’il me semble être de la lecture en latin.
Mon repas terminé, bien que l’on ne me l’ait pas demandé, je me suis rendu dans la cuisine pour rapporter mes couverts. Le moine qui m’avait servi était là, il me tournait le dos gérant ses gamelles. A mon arrivé il s’est retourné, m’a regardé poser mes ustensiles, puis m’a remercié d’un signe de tête en souriant avant de reprendre ce qu’il faisait.
Je ne parvenais pas à trouver dans ce qui m’entourait, de quoi entretenir une réflexion posée. Tout semblait fluide, transparent et lisse. Dès que je leur donnais la permission de se présenter, mes idées affluaient en masse, sans ordre, je ne savais pas comment leur donner un sens, ni même comprendre ce qu’elles signifiaient.
J’en étais le centre, Isabelle la périphérie, et dans ce rayon sans cesse je tournais en rond.
J’ai accompagné les moines à la messe du soir, ouvert à toutes expériences qui pouvaient m’être profitables pour trouver les réponses que je cherchais.
Dans l’église, les moments de prières qui me laissaient indifférents, alternaient avec les moments de chants et de silence. C’est dans cette ambiance d’un autre temps, où les fumées des cierges mêlées aux chants Grégoriens s’élevaient sous la voûte, que le silence vint se faire dans mon esprit.
Soudain le calme était en moi. Que je pense ou non à Isabelle, plus rien ne se bousculait dans ma tête. Il me semblait être apaisé, et en vérité je l’étais.
Ma première nuit fût paisible dans cette chambre de l’abbaye, comme les suivantes.
Le deuxième jour, après avoir consommé mon petit déjeuner, j’ai pu calmement prendre le temps de faire le point, prendre le temps de comprendre ce qui m’avait amené ici.
J’étais abasourdi par le constat de ce vide d’explication logique, et je parvenais petit à petit à comprendre que deux entités distinctes existaient en moi.
La première : la tête, l’esprit, la raison.
La deuxième : l’émotion, le cœur, l’âme source de tout.
Sans aucun doute, je comprenais qu’une charge d’émotions liées aux sentiments provoqués par la rencontre d’Isabelle, m’avait conduit dans une situation nouvelle, avait bousculé mes petites habitudes, submergé mes capacités à gérer.
Mais de façon positive, dans ce débattement contre moi et mes sentiments, j’avais mis le doigt sur quelque chose d’important.
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Publié le 06/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
A me fouiller, à essayer de voir plus clairement en moi, j’ai obtenu la certitude que la tête et le cœur étaient deux entités distinctes de la pensée; que parfois elles avaient à lutter entre elles, et que c’est du cœur qu’émanait la profondeur de l’homme.
Ce constat, je l’ignorais encore, aura une grande importance dans ma vie vingt ans plus tard.
Ce jour de 1979, il est venu conclure ma quête sur la raison de mes luttes intérieures, mais n’a apporté aucune réponse à la question : « pourquoi me suis-je épris d’Isabelle, pourquoi si longtemps, si aveuglément alors qu’il était évident qu’elle ne me portait qu’un intérêt limité. »
C’était pour moi un mystère. Il n’était même pas question de coup de foudre au contraire,
cet état est arrivé lentement petit à petit, comme une graine qui pousse et devient un arbre qui envahit entièrement le champ de vision.
Plus encore qu’après mes premiers chagrins d’amours de petit garçon, cette dernière expérience allait renforcer ma volonté de dresser des barrières entre mon cœur et la liberté d’expression que je donnerai aux sentiments qu’il ferait naître en moi.
Dresser le mur qui m’empêcherait de me livrer, de me laisser aller trop rapidement à mes propres ressentis.
Cette deuxième journée arrivait à sa fin, j’ai essayé de discuter avec le frère de la cuisine, mais il n’a fait que me sourire. Un instant je me suis demandé si en fait ce monde du silence n’était pas aussi fait pour moi, mais la vision que j’en ai eu était trop limitée pour me convaincre de quoi que ce soit.
Une fois ma chambre regagnée, j’ai pris la décision de quitter ces lieux, persuadé que j’avais atteint la limite de ce qui était en mon pouvoir. Je me sentais lavé de mon trop fort attachement à Isabelle, lavé du feu qui avait failli tout détruire.
Je sentais que j’allais pouvoir désormais la regarder en face sans craindre de me perdre dans ses yeux, sans risquer de retomber dans l’attachement qu’ils avaient générés en moi.
Le petit déjeuner avalé, aussi simplement que j’étais venu, je quittais l’abbaye après avoir laissé dans la boite aux lettres des dons, accompagné d’un petite somme, une lettre pour le frère Pierre dans laquelle je lui expliquais le chemin intérieur auquel j’étais parvenu.
Bien plus tard j’ai compris qu’il m’a plus aidé en ne me disant presque rien et en m’offrant sa confiance, contrairement peut être à ce que toutes tentatives de récupération religieuse ou psychologique aurait pu provoquer.
Il me tardait de me trouver face à Isabelle, je voulais savoir si j’étais vraiment guéri d’elle.
Alors que je jetais mon sac dans la voiture, j’ai vu là bas devant l’accueil, un moine regarder dans ma direction et m’adresser de la main un au revoir. Peut être le frère Pierre, je ne l’ai jamais su.
Au volant de ma voiture, trois jours après mon arrivée je reprenais la route qui me conduisait
Vers Vosne Romannée.
Publié le 07/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
1984. Mes prières iront vers toi Max .
L’intention du père Debort est louable, il sait certainement ce que ce mariage signifie pour moi, comme il sait ce que m’inflige l’interdiction d’entrer dans l’église aujourd’hui pour assister à cette cérémonie.
L’arrivée de voitures ne cesse d’augmenter, et avec elles le cortège de toutes ces personnes qui viennent participer à cette messe de mariage.
Je suis toujours assis sur ma moto, je me dis que j’aurais du prendre avec moi mon chapeau de cow-boy et une cigarette, pour bien marquer mon détachement de cet événement, genre desperados attendant le passage de la diligence..
Les gens passent devant moi, certains baissent la tête, d’autres me regardent puis détournent leurs yeux, gênès me semble t-il, quelques-uns, quelques-unes me font un discret sourire ou me lancent un signe de la main.
Tous ici savent qui je suis ou ont entendu parlé de moi, après toutes ces années.
« Max, ah oui ! c’est lui… »
Les cloches de l’église retentissent, j’inspire aussi fort que je peux pour rester imperméable à ce semblant d’émotion qui m’envahit. Je n’en veux pas.
Au loin, je vois arriver la voiture du marié. Il n’est pas seul, les frères de la mariée l’accompagnent.
Publié le 07/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Au volant de ma voiture j’arrive en vue de Vosne. Je ne sais pas encore ce que je vais faire. M’arrêter voir Christelle si elle est là, lui dire que j’ai quitté Citeaux et lui indiquer la suite de mon déplacement. Je n’ai pas envie de rentrer à la maison.
Ma toile de tente est dans le coffre de la voiture, j’ai avec moi le nécessaire de camping, et le temps de ce mois d’octobre est encore plaisant pour profiter pleinement de quelques nuits à la belle étoile.
Je stationne mon véhicule dans la rue, à mi-chemin entre la maison d’Isabelle et celle de Christelle. En posant le pied à terre, je me rends compte que je suis un peu déconnecté de je ne sais quoi, la tête certainement encore dans le silence de l’abbaye.
J’ai un peu l’impression de marcher sur du coton, d’être absent de mon environnement. J’ai pourtant bien mangé, il ne s’agit pas de vertiges.
Alors que je m’apprête a entrer dans la cour de « Christelle », une voie retentit derrière moi.
« Eh Max ! »
Je suis un instant indécis avant de me retourner, j’ai reconnu la voix d’Isabelle.
Je reste sur place me tourne doucement pour la voir marcher dans ma direction et arriver jusqu’à moi.
Cette impression de coton sur lequel il me semblait me déplacer s’efface aussitôt.
La réalité du moment parait me mettre une claque, et mon cœur reprend un rythme effréné que je croyais avoir oublié.
Isabelle approche vers moi tout sourire déployé.
« Comment vas tu Max ? Tu es de retour ? Christelle m’a expliqué que tu faisais une espèce de retraite à l’abbaye.
-Oui, c’est un peu cela, c’est surtout un retrait de moi que je cherchais, retrait de ce qui m’envahissait un peu trop ces derniers temps. »
Isabelle ne dit rien, mais je vois son charmant sourcil droit se lever, interrogateur.
Pour biaiser, je lui dit en mentant un peu:
« Tu sais partir à l’armée ce n’est pas forcément facile, tu as vu avec Christophe et ton frère.
Je voulais faire le point avant d’être embarqué dans cette aventure, me préparer un peu.
-Te préparer à l’armée chez les moines ?…..
-…. Non Christelle, me nettoyer de ce qui avait trop d’emprise sur moi, un peu comme apprendre à moins penser à toi. »
Je venais de le dire, lui dire malgré moi que je pensais encore à elle, et que cela me perturbait.
Dans ce laps de temps avant qu’elle ne réponde et où les secondes semblaient s’étirer,
J’ai posé mes yeux sur les siens.
Je voulais vérifier si chez les moines, j’avais vraiment pu laisser ce qui me déroutait quand je regardais Isabelle, si j’avais acquis assez de force pour dompter un cœur qui aurait encore des élans imprévus.
Mes yeux posés sur les siens, je ne me suis pas senti glisser, je n’ai pas senti de feux dévorant m’envahir. J’avais donc réussi. Réussi à dompter cette force qui avait failli me détruire, j’étais parvenu à refermer quelque chose en moi.
Isabelle était là, je contemplais son visage, ces yeux et je la voyais toujours aussi belle.
Je ne glissais plus vers d’incontrôlables sentiments, pourtant un mal en chassait un autre.
En la regardant là, je sentais que la fougue de mes sentiments laissaient maintenant leur place à de la peine.
Le feu s’était effacé mais un fort pincement au cœur le remplaçait.
Publié le 07/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. Page 85.
La peine de voir ce que l’on a aimé s’éloigner, la peine de s’auto mutiler en cherchant à s’en séparer, la peine d’abandonner quelque chose auquel on tient encore.
Le plus terrible n’est pas la décision que l’on prend, non ! Le plus terrible est de ne pas comprendre.
Décider de ne pas penser à elle, de l’oublier était facile, après tout Isabelle n’avait jamais rien fait de vraiment positif pour moi. Tchao bye, je suis passé, je me suis arrêté, nous nous sommes parlés, nous n’avons plus rien à nous dire, maintenant je m’en vais. Il n’y a rien de plus simple.
Pourtant je restais sans comprendre ce qui me liait encore à elle, certainement la même raison qui un jour avait ouvert mon cœur au sien. Mais j’étais dans l’impossibilité de définir ce que c’était et donc encore moins de savoir ce que j’abandonnais.
Sous le tas de cendres que cet incendie du cœur laissait en moi, quelque chose rougeoyait encore.
Isabelle est restée silencieuse à me regarder.
« Bon je vais voir Christelle, lui ai-je dit. Je dois lui indiquer ma prochaine étape.
-Attends Max, tu dois bientôt partir au service.
-Comment sais tu cela ?
-Christelle a reçu un appel de tes parents, je crois que c’est pour novembre.
-Alors je vais rapidement savoir si mon passage à l’abbaye a été bénéfique Isabelle.
Quelques mois vont nous séparer, et peut-être définitivement. »
Après l’avoir rejoint, Christelle m’a confirmé avoir reçu un appel de maman qui cherchait à me faire savoir qu’un courrier du service national était arrivée à la maison. Elle lui avait précisé que je devais rejoindre la base aérienne de Mont de Marsan dans les Landes pour le 30 novembre. J’avais un peu plus d’un mois devant moi.
J’ai laissé Christelle et Isabelle qui m’avait accompagné chez son amie. Je ne sais laquelle des deux était la plus sensible, mais c’est sur le visage de Christelle que j’ai cru voir paraître un peu de tristesse lorsque je suis parti. C’est elle qui m’a demandé si on me reverrait avant que je parte pour ce service national.
Durant deux jours j’ai vécu sous la toile de tente, près du plan d’eau de Saule Guillaume, me lavant dans l’eau du lac, passant mes journées à marcher ou à lire, me nourrissant de ce que mon petit réchaud à gaz pouvait contenir. J’avais l’impression de préparer un peu mes futurs conditions de vie du temps des manoeuvres, que le service militaire allait m’imposer.
J’étais à la fois excité de cette nouvelle vie qui m’attendait et pour laquelle j’étais volontaire, et attristé de devoir réellement m’éloigner d’Isabelle.
Après avoir regagné la maison, durant ce mois qu’il me restait, j’ai continué de passer la plus part des soirées des jeudi et samedi en discothèque.
Comme toujours j’ignorais les filles qui m’entouraient, le cœur fidèle à celle qu’il se vouait.
Pourtant un de ces soirs, accompagné de Christophe, l’une d’elle a accroché mon regard.
Je ne la connaissais pas, mais j’ai soudainement pris la décision de l’aborder, et en avertissant Christophe, me suis dirigé vers elle, traversant en marchant, le groupe compact au milieu duquel elle se trouvait.