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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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9-10- Page 76.

Dans les cendres de l'Amour. Page 76.

Publié le 07/09/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Cela restait la plus grande des évidences. Même si je parvenais à prendre du recul avec tout ce que j’avais traversé, du recul avec ce que j’avais en moi, il était indéniable que j’aimais toujours Isabelle. Qu’est-ce qui aurait pu faire que mes sentiments soient différents, soient subitement éteints ?
Lorsque que le feu de mes émotions à pris dans mon cœur, j’ignore quels sont les combustibles ou l’alchimie qui l’ont alimenté.
C’est un peu un incendie spontané, non préparé, non entouré, et auto alimenté qui s’était
généré.
J’en ignorais la source, mais la morsure qu’il avait sur mon cœur ne permettait pas que je l’ignore, que je l’oublie.
Son foyer était recouvert par un lit de cendres, mais sa chaleur était toujours là, et approcher Isabelle était produire le vent qui réanimait ces braises.

La première des solutions pour éviter ce vent, était déjà de ne plus la fréquenter, de m’éloigner d’elle au maximum.
Je devais pour cela me séparer du groupe que nous formions avec Christelle, Olivier et Christophe. Nos 17 ans donnaient bien sûr à notre vie d’autres occupations, d’autres orientations, mais nous nous retrouvions toujours. Christophe lui par la force des choses était moins présent ; il se trouvait en Allemagne pour son service militaire.

Depuis que j’avais décidé de ne pas m’orienter dans une filière d’études longues, préférant rapidement être « maître » de ma vie, gagnant mon indépendance vis à vis de mon entourage en rentrant rapidement dans la vie active, j’avais décidé qu’après mes études je passerais rapidement à la phase du service national.
Au cours de ma dernière année scolaire, j’optais pour une préparation militaire dans l’armée de l’air, qui m’offrait la possibilité de choisir mon lieu d’affectation, en l’occurrence Mont De Marsan dans les Landes, à l’autre bout de la France.

Ainsi vint juillet 79 et mon permis de conduire. Mes études terminées, j’attendais avec impatience l’appel salvateur sous les drapeaux. Forcément mes fréquentations masculines qui pour la plus part espéraient échapper à ce service obligatoire, me prenaient pour quelqu’un d’anormal.
Ils ne pouvaient savoir que je tentais de me sauver de moi-même.

Cet été là comme tous les étés maintenant, je travaillais. J’occupais désormais une place de pompiste sur la station d’autoroute de Gevrey Chambertin. Mon salaire était plus que raisonnable et mes occupations comprenaient une autre activité.
J’étais devenu fan de discothèques, comme je l’avais rêvé un jour en découvrant l’année précédente au cinéma « la fièvre du samedi soir ».
J’ai pris le pli de rejoindre « L’escapade », chaque jeudi et samedi soir au volant de la deux chevaux que je conduisais….Parfois il m’est arrivé d’y amener Isabelle et Christelle ainsi que ma petite sœur Gabrielle. Je ne m’occupais pas d’elles, je « m’éclatais » tout seul, dans la foule des danseurs, sans alcool, sans cigarette, juste en me laissant porter par le rythme des musiques du disco, m’élevant et survolant sur les notes qui me portaient, tous ceux qui m’entouraient. Il était rare de me voir danser un slow, et toutes ces soirées en éternel célibataire, les filles qui m’espéraient en vain, finissaient par penser que j’étais gay….



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Dans les cendres de l'Amour. Page 77.

Publié le 11/09/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. ---L’abbaye refuge.---


Octobre de ce cette année 1979. L'automne annonçait sa venue dans les couleurs changeantes de la végétation.
Le rythme de l'été avait pris fin, et chacun d'entre nous se préoccupait d'entrer, ou de bien commencer sa vie professionnelle.
Mon travail sur l'autoroute avait pris fin et j'attendais avec impatience le moment où le facteur m'apporterait ma convocation sous les drapeaux.
N'étant pas du genre oisif, mes journées étaient diversement occupées entre: les ballades dans « mes montagnes », l'aide que je pouvais porter aux uns ou au autres, et quelques petits boulots pas toujours déclarés. Bien sûr je continuais de danser, les soirées du jeudi et samedi, à ma discothèque préférée.

Isabelle dans tout cela ? Isabelle, je ne pouvais toujours pas me défaire de l'importance que je lui portais. J'arrivais extérieurement en sa présence à maîtriser le masque de mes sentiments, mais je ne parvenais pas à trancher dans la masse de ce que j'éprouvais à son égard.
Amertume peut-être, bien qu'elle n'en méritait aucune, mais Amour, certainement et toujours, et encore.....
Mais d'où me provenaient ces sentiments à son égard ?

J'avais beau chercher pourquoi elle restait ainsi accrochée dans mon coeur, mais aucune explication valable ne me parvenait.
Je pense que nous avions entre nous malgré mes émois, une bonne attitude de camarades, et mon état ne m'empêchait pas de partager avec elle des moments de confidences ou de franches rigolades. Pourtant je restais rongé de l'intérieur par cette braise que je n'arrivais pas à étouffer.
Si au moins Isabelle m'avait simplement montré qu'elle était consciente de ce que je subissais; si ne serait-ce qu'une fois, elle m'avait montré qu'elle était désolée de ce que malgré elle, je traversais....

Mais quand est-ce que cette convocation allait arriver ?!!! Quand est-ce que j'allais parvenir à me libérer de cette tourmente ?
Forcément d'attendre et de subir sans rien dire, sans confidence à quiconque, mon caractère s'aigrissait un peu.
Même si je savais que jamais plus je ne le tenterai, il m'arrivait dans ces moments de regretter d'avoir failli à ma décision, ce jour sur le bord des rails. Dans le cas contraire je n'en serais pas là à attendre de la providence une solution.
Je ne savais plus à quel saints me vouer pour me libérer. Je me souvenais de tous ces voeux lancés au ciel en espérant qu'un jour Isabelle m'aime....
Et c'est là, en pensant aux saints et au ciel que j'ai soudain songé à l'abbaye de Citeaux.

Pour l'avoir fréquentée à divers occasions de ma petite vie de chrétien, entre catéchisme et réunions avec le père Debord, je savais que les moines permettaient à ceux qui en éprouvaient le besoin, de séjourner à l'abbaye, pension et coucher offerts, un simple don pouvant être laissé en quittant les lieux.
En y songeant, il m'est apparu évident que me rendre dans ce lieux, serait un refuge pour tenter d'obtenir l'apaisement de mon coeur et trouver une réponse à mes questions.




Dans les cendres de l'Amour. Page 78.

Publié le 19/09/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. ---L’abbaye refuge.---


Ma décision prise je préparais mes bagages sans expliquer mes projets à quiconque.
J’allais quitter la maison pour une période indéterminée, que je pensais faire durer aussi longtemps que possible, emmenant dans mes bagages ma tente et le nécessaire de camping, prêt à toutes éventualités, car je pouvais soudainement décider de partir pour l’autre bout de la France.

Mon objectif étant de faire le vide en moi, de parvenir à comprendre comment j’avais pu m’éprendre à ce point d’une fille et surtout, trouver la méthode qui permettrait de me défaire de cette emprise sentimentale.
Le silence monastique me paraissait être la porte qui me ferait franchir la compréhension de mon âme. L’idée de rejoindre la communauté des moines de Citeaux n’était ni saugrenue ni nouvelle. Je me souviens lors de mon entrée en sixième lorsque les professeurs nous faisaient remplir nos fiches de renseignements, à la rubrique quel métier envisagez vous de faire, je répondais, moine.
Forcément en classe cela faisait sourire plus d’un de mes camarades, lorsque l’on ne se moquait pas de moi, mais à la question étonnée du professeur je répondais en confirmant que tel était mon souhait. Souhait bien vite oublié lorsque j’ai vraiment ressenti ce qu’une fille pouvait engendrer en moi.

Alors que je chargeais la voiture dans la cour de la maison, maman est venue me demander ce que je faisais. Je lui ai répondu que je partais sans trop savoir où ni pour combien de temps. Elle est restée silencieuse, se demandant certainement ce qui pouvait m’arriver comme ses yeux me laissaient le voir. J’ai ajouté à ma réponse que si elle avait besoin de me joindre elle pourrait le faire par l’intermédiaire de Christelle. Principalement si je devais être averti de l’arrivée de ma convocation sous les drapeaux.

« Mais tu peux me dire où tu seras joignable tout de même ?
Non maman, je ne le sais pas moi même. Je communiquerai avec Isabelle qui saura où je suis.
Elle n’a pas le téléphone, mais tu pourras appeler Christelle qui saura elle aussi par la force des choses où je me trouve. »

Forcément en étant si vague dans mes explications, je l’ai inquiétée plus que rassurée. Mais là, j’avais dans mon esprit tordu « d’Isabelle », un plan qui mûrissait: le désir de faire savoir à cette dernière que je souffrais encore d’elle.

Lui faire savoir, car immanquablement maman allait chercher à la joindre pour tenter d’obtenir l’information lui permettant de me situer. Isabelle l’ignorerait au début du moins, car je n’avais pas plus envie que cela de lui parler, et sous les questions de ma mère, elle se douterait que je n’allais toujours pas mieux. Christelle formerait le point de liaison entre nous.
J’étais conscient de certainement faire souffrir maman, mais avec l’espoir secret de parvenir à me guérir un peu plus, en pensant qu’Isabelle serait consciente que je l’aimais encore.

Ma voiture chargée avec plus d’émotions que de bagages, j’embrassais maman, sans pouvoir lui dire combien de temps je serai parti, ni même si je reviendrai.
Je prévoyais pour moi une aventure intérieure inconnue, et qui m’ouvrirait les portes de ma propre connaissance.
Le poste à piles couché sur le siège arrière de ma 2CV, Pink Floyd pour m’accompagner, je partais pour Citeaux en pensant déjà à m’arrêter à Vosnes.

Dans les cendres de l'Amour. Page 79.

Publié le 21/09/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Je conduis aussi lentement que possible en passant par les chemins de vignes.
Je connais ma destination, mais je n’ai pas vraiment décidé du moment où j’allais me rendre à l’abbaye de Citeaux. En arrivant à Vosne Romanée, je reste un peu sur les hauteurs. En ce début d’après-midi le beau temps qui m’accompagne donne une note de pureté au paysage, et la musique qui berce l’ambiance de la voiture me porte vers un calme intérieur propice à me conduire jusqu’à l’abbaye.
Je décide tout de même de passer dans la rue d’Isabelle pour m’arrêter chez Christelle en chemin. Il faut que quelqu’un puisse faire le lien entre moi, maman et Isabelle. Lien qui permettra à chacun de savoir où je suis si besoin en est, ou même de me joindre en cas de nécessité.

En arrivant dans la rue, j’aperçois Christelle dans sa cour, je viens me stationner à l’entrée de sa maison. Comme toujours elle m’accueille avec son grand sourire.

« Bonjour Max, tu te promènes ?!!
-Oui, d’une certaine façon. Plus exactement je quitte la maison quelques jours, j’ai besoin de faire le point, de m’isoler un peu….
-Tu es encore à te compliquer la vie pour Isabelle, c’est ça ?
-Un peu, mais je cherche à me simplifier la vie pas à la compliquer plus encore. Tu sais que j’attends avec impatience de partir pour le service militaire. Là bas j’aurai autre chose à penser, et je serais moins près de vous, cela sera il me semble, plus facile.
C’est un peu pour cette raison que je me suis arrêté te voir. Mes parents ne savent pas exactement où je vais et ne saurons pas comment me joindre si il le fallait. Je leur ai dit qu’il pouvaient le faire en te téléphonant.
C’est pour ça que je viens te dire que je ne pars pas très loin. Je vais quelques jours à l’abbaye de Citeaux, trouver un peu de calme. »

Christelle me regarde droit dans les yeux se demandant certainement si je suis sérieux ou non.
Il me semble même deviner qu’elle retient un sourire. C’est vrai que je dois passer un peu pour un fou…. Mais elle est d’accord, dit me comprendre et fera passer le message si il y en a un à passer.
Je la quitte, persuadé que parviendra jusqu’à Isabelle l’information que je n’étais pas encore libéré d’elle.
Je suis conscient que cela ne rime à rien de sérieux, mais j’avais besoin qu’elle sache.

J'arrive en vue de l’abbaye, confiant là encore en ma décision. Serein, je laisse mon véhicule sur le parking de l’entrée du monastère, je suis déjà séduit par l’atmosphère de ce lieux qui m’enveloppe dés que le moteur de ma voiture laisse place au silence.
L’histoire de France ne serait pas ce qu’elle est, sans cette abbaye de Cisterciens et Bernard de Citeaux.
Dans l’allée d’arbres que je remonte pour me rendre à l’accueil indiqué par un panneau, j’ai l’impression de marcher au ralenti, un peu déconnecté de quelque chose, et imaginant certainement trouver derrière ces murs, la lumière qui saura éclairer cette partie de ma vie que je viens de franchir, qui saura éclairer le chemin que je dois suivre.

Je parviens devant la porte de la réception sans avoir croisé personne. En la poussant j’entre dans un hall de pierre aussi froid qu’une église et dans lequel se trouve assis derrière un bureau, un moine qui à mon entrée lève la tête de ses livres : « Bonjour, vous désirez ? ».


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Son associé :

Dans les cendres de l'Amour. Page 80.

Publié le 05/10/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Cet endroit sert aussi de boutique. Des objets souvenirs sont là, présentés sur divers meubles et étagères.
Bonjour, je cherche l’hospitalité pour quelques nuits frère, avez vous la possibilité de m’héberger ?
Le regard noir qu’il me jette balaye l’idée que je m’étais faite sur l’accueil chaleureux du pèlerin dans ces lieux de prières.
« Vous avez réservé ?!
-Et bien…. A vrai dire non, je ne savais pas qu’il fallait le faire….
-C’est mieux ! Vous avez de la chance que les chambres ne soient pas toutes prises.»

Un moine est arrivé pour me conduire jusqu’à la chambre que l’on allait m’attribuer. Je l’ai suivi jusqu’à l’étage après avoir monté un grand escalier de pierre puis traversé un long couloir avant d’arriver à la chambre qui m’était destiné.
« Voilà, vous êtes ici dans votre chambre. Les heures des repas et des messes sont inscrites
sur l’affiche qui est là. Si vous avez besoin de quelque chose vous me demandez à la réception, je suis le frère Pierre.»
En cette fin de matinée la lourde porte de bois se referme derrière moi, désormais seul face à mes questions.
Je prends vite la mesure de ce nouvel environnement.
La chambre aux plafonds hauts avec pour ouverture une immense fenêtre donnant sur le jardin intérieur, et pour seul mobilier une armoire, un bureau et le lit, n’invite pas à se prélasser entre ses murs de pierre.

Mon sac déposé, je ne reste pas dans ce lieu. J’ai envie de rapidement trouver cette inspiration qui devrait m’aider à donner une réponse à ce que je suis venu chercher : franchir la compréhension de mon âme, comprendre pourquoi j’avais pu m’éprendre ainsi de cette fille.
En sortant de la chambre, je me suis laissé guider par mes pas dans le dédale de ces couloirs où je n’avais aucun repère. Ils m’ont amené jusqu’au bureau du frère Pierre qui, après que j’ai frappé à sa porte m’a invité à m’asseoir et à lui raconter ce que bon me semblait.

Son visage était souriant, rayonnait et me donnait confiance. Je me suis laissé aller dans mes confidences relatives au but de ma présence ici. Après m’avoir patiemment écouté, toujours souriant, il m’a simplement dit :
« Tu es ici dans la maison du silence ou chacun remet son âme à Dieu. Je ne sais pas si tu parviendras à franchir ce que tu appelles la compréhension de ton âme, mais si c’est ce que tu cherches, tu parviendras certainement à faire le point sur ce que tu as vécu. Si le besoin s’en fait sentir, n’hésites pas à venir me voir. »

Sans rien ajouter à cela, il s’est levé, m’a proposé de le suivre pour me conduire en passant par les cuisines,jusqu’à une petite salle à manger contiguë au réfectoire du monastère.

« C’est ici que tu feras tes repas aux heures indiquées dans ta chambre, nous nous sommes à côtés. Un frère viendra te porter le nécessaire pour manger.
Tu peux te joindre à nous à la chapelle à chacune des prières de la journée.»

Nous sommes sortis jusqu’au jardin du cloître où après un dernier encouragement le frère Pierre m’a laissé à mes pensées.



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