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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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9-10- Page 71.

Dans les cendres de l'Amour. Page 71.

Publié le 28/07/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Que pouvait-il m’arriver de pire ?
Ma première réaction a été de comprendre que j’avais fait l’erreur de penser que mes goûts pouvaient correspondre aux goûts de ceux que j’aimais.
A cette occasion j’ai découvert que savoir faire plaisir, n’est pas se faire plaisir, mais être attentif à correspondre aux besoins, aux goûts, aux envies de l’autre.
Si là était la limite de ce constat, ce n’était pas tragique en soi, non ! mais il allait au-delà.
Le vrai drame était de réaliser que dans nos partages, l’attitude d’Isabelle pouvait être l’inverse de ce qu’elle pensait.

J’aurais pu analyser cela comme un mensonge, mensonge de circonstance, se voulant protecteur pour éviter de me vexer ou éviter de rajouter à ce que j’avais déjà du mal à gérer avec elle, mais le choc de cette réalité a dépassé cette limite.

C’est un traumatisme que j’ai eu à subir, car je n’éprouvais rien d’autre qu’un profond sentiment de trahison au plus profond de moi.
En effet, tout ce que je vivais, tout ce que je pouvais donner, dire et apporter à Isabelle sortait directement du cœur, sans calcul, sans attente en retour, juste pour être celui sur lequel elle pouvait compter, celui qui l’aidait à passer les épreuves qu’elle avait à traverser; en résumé être un ami.
Et dans cette innocence où je pensais que ceux que j’acceptais de fréquenter pouvaient agir comme moi, je découvrais subitement que c’était le contraire qui m’entourait.

Rétrospectivement je voyais le ridicule de chaque situation partagée avec Isabelle. J’imaginais ce que presque à chaque fois elle avait pu penser de mes dires ou de mes non-dits, penser de mes présences ou de mes actes.

De l’ingénu que j’étais, je devenais du jour au lendemain méfiant, sur tout ce que l’on pouvait me raconter comme sur l’honnêteté de ceux qui m’entouraient. Je ne savais plus à quelle vérité me raccrocher. Y en avait-il eu une au moins une fois ?
Force m’était de penser que oui; je ne pouvais concevoir que dés le commencement cette relation ait été entourée d’un manque d’honnêteté, de franchise.

J’ai regardé Christelle dans les yeux pour m’assurer une dernière fois qu’elle ne jouait pas avec moi, puis je lui ai tourné le dos.
J’ai quitté Vosne Romannée pour trouver refuge dans ma chambre et dans mes chansons. Ce soir là, mes larmes sont venues noyer le restant de braises qui dans mon cœur continuaient d’entretenir sous les cendres l’espoir d’un nouveau départ.
C’est à la hache même que j’ai essayé de briser tout ce qui en moi pouvait encore me rattacher à Isabelle: souvenirs, mots, sourires, confidences.

Je ne parvenais pas à m’extirper de l’incompréhension que produisait l’absence d’honnêteté dans ce que l’on avait pu partager.
Le sentiment de blessure aggravée amplifiait l’envie d’en finir avec cette histoire, d’en finir de façon radicale.
Mes tentatives d’oublier et de penser à une autre qu’à Isabelle étant restées vaines, je ne voyais vraiment pas quelle solution pouvait soigner ce dont je souffrais.

Je décidais donc fermement de me rendre au devant de Dame la mort.


.
Son associé :



--

Dans les cendres de l'Amour. Page 72.

Publié le 07/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Mourir sur les rails ---


Si le mot me répugnait, ce que je voulais faire restait sans conteste possible une décision de suicide. L’envisager me contrariait considérablement car cet état d’esprit ne concordait pas avec ma véritable nature. Pourtant c’était me semblait-il, le seul moyen qu’il me restait de stopper cette histoire et de faire comprendre à Isabelle la réalité de ce qui m’habitait, depuis ce jour où au collège je l’avait rencontrée.

Quelque chose en moi luttait tout de même contre cette radicale décision. Ma raison sans doute et mon subconscient essayaient de me faire entendre raison, mais je ne suis pas parvenu à les suivre. Je noyais toutes idées de lutte dans les chansons que j’écoutais et qui aveuglaient mes dernières résistances, d’une illusoire solitude.

C’est donc dans cette lutte lointaine, étouffée, que j’optais pour le choix de la méthode.
Je n’étais pas connaisseur en la matière, mais tout de même je restais méfiant sur l’emploi des médicaments ou d’une arme à feu qui pouvaient laisser des séquelles irrémédiables au lieu d’achever. Le train était ce qui me semblait de plus propre et de plus « sûr ».
J’avais de surcroît décidé que je ferai cela sur la voie ferrée de Vosne Romannée, sur le pont qui surplombait la route que nous avions prise tant de fois avec Isabelle et qui était en vue de sa maison.

Je n’ai eu aucun mal à trouver le moment propice pour mettre à exécution cette décision. Je m’étais quelque peu retiré des activités du groupe que nous formions et je me rendais tristement compte d’un fait: personne ne venait me chercher.
J’avais par la force des choses, consacré mes temps libres à ressasser, préparer et peaufiner ce que j’envisageais comme étant la fin de mon histoire.

Une après-midi d’une journée grise j’ai quitté la maison, déterminé, sans me retourner et sans avoir laissé le moindre mot qui aurait pu expliquer la raison du geste désespéré que je me préparais à réaliser.
La seule idée que j’avais en tête, alors que tous se poseraient la question de savoir pourquoi j’avais mis fin à mes jours, c’est qu’Isabelle prendrait à ce moment là conscience du désespoir qui m’habitait, conscience de ce que je n’avais jamais vraiment exprimé et qui m’avait miné au point d’en arriver à cette décision.

Je suis arrivé à Vosne Romannée sur ma mobylette que j’ai déposée discrètement dans la cour de la maison Souvignet, puis j’ai repris à pieds la route qui passait sous la voie ferrée, continuant machinalement de poursuivre mon chemin en direction de Flagey avant de me décider à agir.
Je suis revenu sur mes pas ne prenant aucune précaution pour me dissimuler aux regards des éventuels promeneurs, travailleurs des vignes, des champs avoisinants ou automobilistes.
En fait c’est même un peu déçu de n’avoir rencontré personne que je suis parvenu à accéder aux abords des rails, j’aurais voulu qu’à ce moment là quelqu’un puisse lire sur mon visage mon désespoir.

Le long de la voie, de l’emplacement où je me trouvais je surplombais la route de Flagey, voyais s’étendre la route nationale, et je pouvais observer la maison d’Isabelle.
J’ai passé un peu de temps à regarder sa maison, en essayant de deviner ce qu’elle pouvait faire en ce moment. Je ne me dissimulais pas, souhaitant même un peu qu’elle ait l’occasion de m’apercevoir, et qu’inquiète elle vienne à ma rencontre.
Durant ce temps les trains qui passaient dans mon dos m’assourdissaient dans le vacarme de leurs roues sur les rails, et les conducteurs qui me voyaient ne manquaient pas de faire retentir le klaxon de leur machine.

Dans les cendres de l'Amour. Page 73.

Publié le 10/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.



Rien ne bougeait du côté de la maison d’Isabelle, j’étais un peu déçu. Je me suis assis sur le talus qui bordait la voie ferrée pour une dernière fois faire le point avant le grand saut.
J’avais l’impression d’avoir l’esprit en bouillie, endormi par je ne sais quoi qui m’empêchait d’avoir les idées claires. Je n’arrivais pas à me concentrer, ni à répondre aux dernières questions que je me posais. Je me demandais si je n’allais pas faire indûment de la peine, si je n’avais pas d’autres portes de sorties à cette histoire, j’essayais de comprendre comment j’en étais arrivé là.

A chaque train qui passait je me préparais un peu plus à l’instant où j’allais attendre debout sur les rails, me demandant si je serais assez courageux pour rester stoïque jusqu’au moment où je serais percuté. J’ai pensé que ceux qui ramasseraient mon corps se demanderait ce que je faisais là, ne sauraient pas immédiatement s’il s’agissait d’un accident ou non, et que personne ne comprendrait ce qui avait pu me pousser à agir ainsi si je ne les aidait pas. Il me fallait donc leur procurer un indice.
Dans ma veste de treillis j’avais pris soin de placer ma carte d’identité. J’avais aussi sur moi un stylo et un petit carnet qui me quittaient rarement.
J’ai donc écrit sur une feuille vierge : « A Isabelle Souvignet », puis ce morceau de papier dans lequel il m’avait semblé avoir tout résumé, je l’ai inséré dans ma carte d’identité.

Je me suis levé, toujours sur le talus bordant les rails j’ai de nouveau observé la maison d’Isabelle, le moment de passer à l’acte était arrivé.
Il ne se passait rien de plus du côté de chez les Souvignet, personne n’avait dû constater ni la présence de ma mobylette, ni ma présence sur la voie de chemin de fer.
Je restais une fois encore transparent.

Lentement j’ai quitté le talus pour me rapprocher des rails. J’avais conclu que pour parvenir à mes fins, il fallait que je m’assois dos au train qui arriverait, en me bouchant les oreilles pour ne pas risquer de paniquer à son approche.

Que pouvaient faire à cet instant Christophe, Olivier, Christelle et tous les autres ?
Qu’allaient ils penser de moi après ?
Les voies étaient devant moi, un train venait de passe en faisant mugir son klaxon.
J’en ai laissé encore passer un, puis un autre, puis je me suis rapproché encore un peu plus des voies.

J’allais définitivement tirer un trait sur tout cela, et en fait je n’arrivais toujours pas vraiment à comprendre pourquoi j’en arrivais à cette décision finale.
Je savais juste que je devais le faire, que je n’avais pas d’autres solutions. Mais je ressentais aussi que ce qui me perturbait le plus, c'était cette impression de trahison dans la confiance que j'avais pu donner aux autres
A quoi tenait ma vie ? A rien ; rien de plus qu’une décision que je ne comprenais même pas.


.

Dans les cendres de l'Amour. Page 74.

Publié le 14/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.



-Hé ! Vous là-bas !
Soudainement et surpris, je n'étais plus seul. Au loin, deux hommes arrivaient dans ma direction. A leur casquette de toile bleue et à leur façon de se diriger vers moi, j’ai de suite pensé qu’il devait s’agir de personnel de la SNCF.
J’ai vite compris que c’est après moi qu’ils en avaient, sûrement informés de ma présence par les conducteurs de train. Voyant que je les regardais sans bouger, ils ont accéléré le pas puis se sont mis à courir.
Je n’ai pas attendu plus longtemps pour sortir de mes brumes et à mon tour m’enfuir pour me perdre dans la végétation qui bordait le talus. J’ai réussi à me dissimuler sous un arbre couché alors qu’ils passaient tout prés essayant de me repérer.
Après qu’il se soient éloignés, j’ai discrètement rejoint la route puis la maison d’Isabelle. C’est sans rencontrer personne que j’ai retrouvé ma mobylette sur laquelle je me suis rendu au parc de Vougeot pour gagner « mon refuge ».
Là, assis adossé contre mon arbre j’avais complètement retrouvé mes esprits. En tout cas je n’avais plus l’impression de pédaler dans la semoule, j’arrivais à coordonner mes pensées pour parvenir à faire le point.
Et quel point ! Je me retrouvais face à moi même une fois de plus et personne avec qui partager ce que je vivais, mais surtout je n’arrivais toujours pas à définir si j’avais raté quelque chose d’important ou si en fait c’était mieux ainsi.
Ce dont j'étais sûr, c'est que personne ne devait avoir remarqué ce que je m’apprêtais à réaliser aujourd’hui, et jamais j’évoquerai ce moment.
Je pense que cette fuite imposée par l’arrivée impromptue des personnels de la SNCF et la peur de me faire attraper, a figé en moi et signé l’abandon définitif de ce genre de solution extrême.

Durant l’heure qui a suivi, je me suis doucement relevé, psychologiquement.
Entre cette décision de disparaître définitivement et mon retour au quotidien, je n’ai pas eu le loisir de m’appesantir sur mon sort, je devais rentrer à la maison comme chaque jour et faire en sorte que rien ne paraisse. Heureusement que je n’avais laissé aucun mot d’adieu.
J’ai craint tout de même pendant quelques jours après encore, que les agents de la SNCF aient pu m’identifier ou me reconnaître, et viennent un beau matin sonner à la porte de la maison.

Au final je n’avais rien réglé du tout.
Je savais maintenant aussi que je n'aurais désormais plus confiance à qui que ce soit.

Le temps passant a agi sur moi comme l’eau qui coule et adoucit les aspérités de la pierre.
La feu de la brûlure que j’avais au cœur perdait avec lui sa force destructrice, mais il restait bien présent sous les cendres de tout ce qui s’était déjà consumé.
Mes sentiments pour Isabelle ne changeaient pas.

Dans les cendres de l'Amour. Page 75.

Publié le 31/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Un nouvel élément prépondérant venait de prendre place dans la réalité de ma vie : la franchise, la confiance en l’autre. Ce coup subi par la constatation de ce que j’avais assimilé comme une trahison, m’a secoué au point que jamais plus je ne me suis autorisé à croire en une personne, tant que je ne m’étais pas assuré du sérieux de celle-ci..
D’un certain côté cela me permettait de mieux gérer mon entourage dont désormais je me défiais par principe. Je risquais moins d’être déçu dans ce sens.

En me repassant le film de cette journée au bord de la voie ferrée, m’est également revenu à la mémoire ce rêve qui m’avait paru étrange, un soir d’été alors que je dormais dans le jardin sous la toile de tente.
J’avais ce matin là, retenu de mon rêve la présence d’une personne prés des rails de chemin de fer, pas loin de la maison d’Isabelle, ainsi qu’une couronne.
J’arrivais à expliquer cette vision des rails, mais pas celle de la couronne mortuaire.
J’étais même un peu effrayé de mes conclusions, car si la partie voie ferrée avait bien sa raison d’être, avait une relation avec la réalité de mon vécu, la gerbe de fleurs devait peut-être annoncer un évènement à venir.

Toujours sur le bilan de ce à quoi j’avais attenté, ma vie de fait, j’ai eu petit à petit l’impression de me réveiller de quelque chose. C’est comme si je regardais autour de moi et voyais pour la première fois ce qui depuis toujours m’entourait, comme si je perdais une première peau pour renaître dans une dimension différente, pour renaître dans ma propre conscience.
Moi qui depuis ma première colonie ai toujours aidé ceux qui était en peine, moi qui ai toujours su être à l’écoute des autres, qui ai toujours conseillé, encouragé, j’avais été incapable de me gérer, ou plus exactement je m’étais très mal géré.

Les sentiments qui avaient pris place dans mon cœur depuis ce jour où j’ai pour la première fois rencontré Isabelle, avaient fini par annihiler toutes formes de raisonnement.
En regardant un peu mieux, je voyais aussi à quel point j’avais pu négliger le reste. Négliger de prêter attention à mon entourage, négliger mes études, négliger ceux qui peut-être espéraient quelque chose de moi.
Tout ce temps qui était passé dans cette hibernation de mon être, hibernation de ma conscience...
Mais était-ce vraiment du temps perdu ? Je sentais rejaillir mon côté positif et mon optimisme en la vie. Même si je ne percevais pas vraiment le pourquoi de ce que je venais de vivre durant toutes ces années, un résultat en ressortait.
La certitude d’avoir clairement en tête les alarmes des limites dangereuses à ne pas dépasser, la certitude de ne plus jamais me laisser mener par mes sentiments, sentiments qu’il me fallait apprendre à cantonner dans des barrières, sentiments que j’apprendrai à combattre pour qu’une nouvelle fois ils ne submergent pas le sentimental que j’ai toujours été.

Dernier constat : je suis un sentimental, un de ceux que chantèrent les troubadours d’autres fois, certainement.
Je n’ai jamais conçu la vie qu’au travers d’un élan d’Amour pour toutes choses, et contrairement aux garçons que j’ai connus jusqu’à maintenant, il ne m’est pas possible de m’intéresser à une fille si un minimum de sentiments ne me lie pas à elle.

Et j’aimais toujours Isabelle.