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Posté le 16.04.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page41.
Sans plus d’explication je raccompagne Isabelle jusqu’à sa porte. Elle me remercie encore d’avoir été là et de lui avoir fait vivre cette soirée particulière.
Je la quitte en prononçant un : « bonsoir à bientôt, tu m’appelles quand tu veux. »
Sans plus, je ne pense même pas à laisser de bise sur ses joues.
Je fais le chemin du retour jusque chez moi, la tête dans les étoiles, le cœur gonflé de toutes les tensions et de toutes les émotions contenues de ces dernières heures.
Heureux de la confiance et donc du privilège qu’Isabelle m’accorde.
La tête heureuse de ce que je venais de vivre mais tout de même préoccupée.
Si Isabelle avait obtenu de moi mon amitié, qu’avais-je assuré de mon côté?
Certainement pas la facilité de lui ouvrir mon cœur.
Je n’avais qu’une seule interrogation en tête : ai-je fait le bon choix en répondant oui à sa demande ?
N’aurait-il pas été plus prudent de prendre le temps de la réflexion? Peut-il y avoir compatibilité entre amitié et amour ? n’est-ce pas le sacrifice de l’un pour l’autre ?
Ne dois-je pas profiter de cette relation de confiance pour justement lui expliquer en prenant garde de ne pas l’effrayer, que j’éprouve à son égard beaucoup plus que de l’amitié?
Le sommeil me surprend alors qu’étendu sur mon lit, je cherche encore à trouver la réponse à cette question.
La nuit ne m’a pas vraiment apporté de réponse, au contraire, je me réveille avec d’autres interrogations.
Mes quelques heures passées à dormir ont été agitées par un rêve indéfinissable.
Je voyais quelqu’un attendre dangereusement sur la voie de chemin de fer qu’un train arrive, et de cet endroit on apercevait la maison d’Isabelle.
Plus tard je me suis vu une gerbe mortuaire à la main. Je ne comprends pas ce que cela signifie. Je n’ai jamais prêté attention aux explications des rêves. J’oublie bien vite ces images qui n’ont pas leur place dans mon état d’esprit.
La fin de la semaine s’est écoulée dans l’impatience de revoir Isabelle avant qu’elle ne parte en vacances. J’ai rongé mon frein pour ne pas lui imposer ma présence en attendant samedi. Pour m’aider à tenir, après ma journée à l’usine je retrouve Christophe à la piscine. Il est plutôt satisfait de sa situation de convalescent, mais il lui tarde tout de même de retrouver le travail et Christelle.
Je lui ai raconté ma longue soirée avec Isabelle. Il a du mal à croire et à comprendre que je n’ai rien tenté pour l’embrasser, rien tenté pour l’enlacer ou pour lui dire ce que j’éprouvais.
Il m’a laissé entendre qu’elle avait peut être provoqué ce rendez-vous dans l’espoir que j’ai un peu d’audace, « toutes les filles sont pareilles » m’a t-il dit.
Bien sûr j’ai défendu « l’honneur » d’Isabelle en lui expliquant qu’elle n’avait rien de toutes les filles justement.
Quand je lui ai demandé pourquoi à ma place il aurait agi ainsi, la seule réponse qu’il ait pu me donner est :
« C’est comme ça que les garçons et les filles montrent qu’ils s’aiment !
-Qu’ils s’aiment ! ou qu’ils veulent passer aux travaux plus pratiques ? Dis moi comment toi tu conçois l’Amour.
-Moi je ne conçois rien du tout. Tu verras il n’y a rien de mieux que d’avoir une fille dans ses bras, c’est tout ce qui compte.
-Alors je ne dois pas être comme tout le monde.
Je préfère arroser la jeune pousse, regarder la fleur éclore du bourgeon, voir ses pétales s’ouvrir et embellir le paysage toute sa vie au lieu de la couper et la regarder mourir dans mon vase. »
Posté le 18.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
Page42.
Aujourd’hui ce samedi est un jour particulier. J’arrive en vue de la maison Souvignet
où doit être fêté l’anniversaire d’Isabelle. Je suis là pour répondre à l’invitation lancée par sa sœur. Comme à aucun moment Isabelle ne m’a fait part de cette journée, je me suis convaincu qu’elle ignorait que quelque chose était préparé.
Je suis là aussi car, un peu poussé par Christophe, j’ai fini par décider de confier à Isabelle mon tourment.
Je vais lui expliquer que je me suis laissé porter par mes sentiments. Lui expliquer qu’elle n’est en rien coupable de quoi que ce soit, mais que j’ai de plus en plus de mal à contrôler ce que ces absences et sa présence enflamment dans mon cœur.
Lui dire que si mes sentiments n’ont pas d’écho, ils n’ont pas lieu d’exister plus longtemps, et que si tel est vraiment son désir, je les étoufferai pour ne lui donner qu’une Amitié sincère et honnête.
La convaincre que ce choix impossible je me sens capable de le réaliser, mais qu’avant de faire ce sacrifice je voulais qu’elle sache. Non pas pour que l’on me plaigne, ou pour obtenir sa compassion et encore moins pour gagner quelque chose, mais pour qu’elle comprenne que si cet effort ne m’était plus supportable, il pourrait subitement me pousser à ne plus jamais vouloir la rencontrer.
Je me suis également dit sans trop y croire, que le côté positif de cette décision serait qu’Isabelle donne un écho favorable à mes sentiments.
Ne m’a t-elle pas confirmé qu’elle m’appréciait ? N’attend-elle pas comme l’a dit Christophe autre chose de moi ?
Je suis vraiment décidé, prêt et motivé pour mettre un terme à cette ambiguïté, et son départ lui laissera le temps de réfléchir à ce qu’elle me répondra.
N’ayant pas pensé à poser de questions lorsque Danielle m’a proposé d’être là aujourd’hui, je ne sais pas si ma présence doit être une surprise ou non. J’essaye donc d’arriver le plus discrètement possible.
C’est pour cela que je coupe le moteur de mon engin avant d’arriver dans la cour de leur maison, et que je chemine sous le balcon pour être dissimulé des fenêtres de la salle et de la cuisine. C’est là que je dépose ma mobylette et que je reste un peu car je ne suis pas rassuré. J’ai vraiment le trac avant d'exécuter ma décision.
Je prends le temps de me calmer en vérifiant que personne ne me voit.
Après une minute où tout continue de se bousculer dans ma tête, je décide de poursuivre mon chemin pour, longeant la maison, passer par le sous-sol.
Et là stupeur! En arrivant devant la porte je suis surpris de constater la présence de la mobylette d’Olivier.
J’ai un serrement au cœur que j’ai du mal à contrôler ; mais bon sang qu’est ce que cela veut dire!
Je suis avec lui toute la journée au travail et il ne m’a pas parlé de son passage chez Isabelle, alors que moi je lui avais confié l’invitation faite par Danielle.
Il y a là vraiment de quoi perdre son calme!
Je comprends de suite que cela signifie pour moi, l’impossibilité de parler comme je le voulais à Isabelle.
J’en suis un peu essoufflé et je dois faire un effort pour que des larmes ne franchissent pas la frontière de mes yeux.
Je me retiens de ne pas donner un coup de pied dans sa mob, je sais que cela ne changerait pas grand chose.
Sans chercher plus à comprendre, je fais demi-tour, décidé à rentrer chez moi.
Posté le 19.04.2008 par aimerpourlavie
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Page43.
Je ne suis pas vraiment énervé, c’est très rare que je le sois, mais je suis un peu fâché voire même vexé aussi dans mon amour propre.
Je m’étais sûrement et inconsciemment imaginé être le seul invité, être celui qui est le « plus digne » de participer à cette réunion familiale. C’est certainement cela qui me fait réagir ainsi, mais qu’Olivier ne m’ait rien dit sur l’invitation qu’il à dû recevoir augmente ce sentiment de vexation.
De nouveau sous le balcon, je m’assois sur ma mobylette pour prendre le temps de la réflexion. J’ai dit à Danielle que je serais là aujourd’hui et ça me déplait de la décevoir. Ce qui sera le cas si je pars.
Pourtant je ne me sens ni le courage, ni l’envie de me forcer de les rejoindre. Je préfère partir maintenant.
« Hé ! Salut max, tu rêves ou tu te caches la dessous ? »
La voix qui m’interpelle est celle de Christelle. Je me retourne pour la voir arriver. Elle finit de traverser la rue pour entrer dans la cour.
« Alors ! Que fais-tu là sous le balcon ? me demande t-elle. Tu montes avec moi ?
-J’étais en train de me dire que je suis venu les mains vides et que cela ne se fait pas trop lorsque que l’on est invité.
-Parce que tu crois que l’on nous invite pour arriver avec un paquet à la main ? Mais non, ce n’est pas comme cela ici. Allez viens, nous allons arriver en retard. Moi je rentre de courses avec maman. Mais toi, tu n’allais quand même pas repartir parce que tu es venu les mains vides ?
-Si je crois. J’hésitais à prendre ma décision quand tu es arrivée.
-Allez monte avec moi. »
Christelle me prend le bras, me pousse à la suivre.
C’est une chic fille, je n’ai jamais trop pris le temps de détailler qui elle était, mais je comprends qu’elle devine pas mal de chose. Elle est discrète et toujours de bonne humeur.
Au fond je suis heureux de son arrivée. Je m’en serais voulu d’être reparti sans avoir vu Isabelle et d’avoir fait défaut à Danielle.
Dans le sous-sol nous montons l’escalier, Christelle devant, je lui laisse ouvrir la porte du couloir. Je ne sais pas qui je vais trouver et j’ignore si Danielle attends que je fasse ou dise quelque chose.
Ca rigole fort dans la cuisine, je reste sur le pas de la porte. Puis j’entends Christelle qui me dit « viens entre. »
Je respire un bon coup, rectifie mon attitude et franchis le seuil de la cuisine. Avant même d’avoir dit bonjour je constate que seule la famille d’Isabelle est présente. Ses sœurs, son frère Mikaël, madame Souvignet, et Isabelle assis autour de la table discutent et rigolent. Je ne vois pas Olivier.
Je fais une espèce de révérence à la mousquetaire et lance un « bonjour tout le monde, bonjour madame. »
Isabelle est surprise, le sourcil droit relevé je vois bien qu’elle ne feint pas, mais je vois surtout qu’elle sourit.
« Tiens je ne pensais pas que tu serais là, bonjour. »
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Posté le 20.04.2008 par aimerpourlavie
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Page44.
Danielle ne me laisse pas le temps de répondre : « j’ai proposé à Max d’être présent quand tu souffleras les bougies. Nous sommes tous là, nous allons pouvoir passer au goûter. »
Madame Souvignet qui m’invite à m’asseoir, se lève pour aller chercher le gâteau. Danielle se déplace sur le banc pour que je puisse m’installer à côté d’elle, de fait je me retrouve face à Isabelle toute souriante à qui je demande :
« Olivier n’est pas ici, j’ai vu sa mobylette dans la cour ? »
En posant cette question je sens en moi « s’évaporer » la tension qui tout à l’heure me poussait à partir.
Madame Souvignet revient portant le gâteau dont les bougies sont déjà allumées. Le joyeux anniversaire entonné par l’assemblée reporte à plus tard la réponse à ma question.
Isabelle se lève souffle ses bougies sous la clameur des bravos.
Sur mon visage je sens son souffle, et quand la dernière flamme s’éteint c’est un discret « merci d’être venu » qu’elle m’adresse. Christelle assise à côté d’elle m’observe, le sourire dans les yeux.
Gâteau, boissons fraîches et rigolades accompagnent ce moment de partage. Tout le monde est de bonne humeur, et chacun a une anecdote rigolote pour l’entretenir.
Entre deux bouchées Isabelle se penche vers moi pour me préciser : « Parfois Olivier laisse sa mobylette ici quand il prend le bus. Je crois qu’il est à Dijon aujourd’hui. »
L’après midi déroule très vite ses heures le temps d’une balle aux prisonniers à trois contre trois jusqu’à ce que la maman d’Isabelle rappelle à ses enfants qu’il est temps de penser à préparer les bagages. Le départ pour les vacances a lieu demain.
Ma proposition empressée mais discrète de les aider est acceptée. Ce prétexte me permet de pouvoir rester ici encore un peu avec eux, de rester encore un peu près d’Isabelle, et puis c’est le retour d’Olivier qui vient récupérer sa mobylette.
Après quelques instants à discuter avec tous, il remercie les parents d’Isabelle avant de quitter la maison.
« Attends-moi Olivier je pars avec toi. »
Je décide de profiter de l’intermède créé par son arrivée pour quitter les lieux. Je sais que je vais avoir un peu le bourdon, et si je ne profite pas de cette occasion je risque d’être encore là jusqu’à trois heures du matin.
Isabelle n’est pas là quand je la cherche, je la retrouve dans sa chambre préparant ses affaires.
« Bon, je m’en vais Isabelle. Je vous laisse terminer votre préparation, passe de bonnes vacances là-bas. Au retour tu m’appelles si tu veux.
Tu sais ! si tu as le beau temps, quand tu regarderas les étoiles pense à moi…Je te ferai peut-être signe.
-Max attend, l’autre soir ta question pour la place dans le bus, j’ai la réponse.
-Ah oui ! Tu t’es souvenue ?
-Oui. En fait quand Olivier t’a appelé pour te présenter Maryse, tu m’as souri mais tu n’as pas cherché comme les autres à m’approcher. C’est pour cela et ton sourire je crois, que je me suis assise à côté de toi je voulais savoir qui tu étais, voilà. »
Ces mots résonnent encore dans ma tête alors qu’avec Olivier nous quittons Vosne Romannée sur nos mobylettes.
Ce soir dans le pré de la maison, profitant comme d’habitude de ces soirées chaudes, à l’entrée de ma tente près du feu dont les ombres dansent sur les murs voisins, je suis étendu les yeux rivés aux étoiles..
Je sais qu’une période vient de prendre fin, je sais qu’au fond de moi pointe l’angoisse de la séparation, l’angoisse que les conditions ne soient plus aussi favorables lorsqu' Isabelle sera de retour.
Je me laisse envahir par le sommeil, seul remède qui permet aux tourments de la vie de trouver un temps de répit.
Je me rends compte aussi que ce tunnel au fond duquel j’ai vu poindre à nouveau la lueur de l’Amour, je l’ai franchi malgré moi, aspiré par les évènements de ma petite vie.
Cette lueur reste toujours aussi forte, mais toujours distante aussi.
Autour de moi les parois sont noires et le tourbillon qui m'emporte, me porte,m'entraîne, me secoue, me jette dans la tempête de la vie.
Huit ans plus tard......
Posté le 24.04.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Gérard Lenormand ---
Page45.
Quelle heure est-il ? Je me suis endormi sans m’en rendre compte. Mince, déjà !
J’ai moins d’une heure pour être sur place. Je me suis assoupi alors que j’ai un impératif.
Aujourd’hui c’est le mariage, et je dois absolument être présent. Je me dépêche de quitter l’appartement, passe mon blouson et attrape mon casque en fermant la porte de l’appartement.
Je ne tarde pas à enfourcher ma 750 CBC, et dans un démarrage rageur je pars pour l’église de Gilly où personne ne m’attend ce samedi de mai 1984.
J’arrive volontairement en avance sur le parking de l’église et je me place sur le trajet que suivra la mariée pour entrer dans l’église. Isabelle ne pourra pas ignorer ma présence et je pourrais la voir dans sa robe de marié.
De sa sortie de voiture à l’entrée de l’église, sera le seul instant de la cérémonie auquel j’aurai le droit d’assister, et personne ne m’en empêchera.
En attendant son arrivée, assis sur ma moto, le casque sur le guidon, une allure à la James Dean, rebelle à cette événement, je ne peux empêcher la bousculade de mes pensées de dérouler le film des années écoulées.
Huit ans ont passés depuis cette nuit sous les étoiles avec Isabelle. Je me souviens comme si c’était hier de la fin de cet été.
Olivier n’a pas continué de travailler en août à l’usine, c’est d’ailleurs moi qui ai repris sa place. Christophe et Christelle se sont retrouvés très souvent, presque à chaque fois en ma compagnie. La maman de Christelle a même laissé entendre qu’elle aurait préféré que ce soit moi le prétendant de sa fille.
Mes parents sont rentrés de vacances, j’ai été un peu plus présent à la maison. Isabelle aussi à fini par revenir. Je me souviens que j’étais impatient de la revoir, mais toujours en retrait de mes sentiments, sur ma réserve.
Le temps doucement est passé, comme les jours ont raccourci. En fait les occupations de chacun nous ont vite amené à la rentrée des classes.
Nous avons encore partagé de bons moments ensemble à quatre ou à deux, et toujours copain copain. Mais autre chose s’était installé entre Isabelle et moi. Pas une distance, mais comme une présence supplémentaire.
La scolarité a redonné du rythme à nos journées. Contrairement à l’année précédente je n’ai pas hésité à me rapprocher d’Isabelle quand l’occasion m’en était donnée, notre amitié est restée la même. Je dirais qu’elle a même pris un caractère plus complice et pourtant …
1977 je suis de passage chez Isabelle, madame Souvignet travaille dans la cuisine, et nous dans sa chambre nous discutons. Alors que la radio diffuse de la musique, Isabelle me dit à un moment précis :
« Max écoute cette chanson, je te la dédie.»
Je prête attention aux paroles alors que la chanson arrive à sa fin. Ce que j’en retiens sont ces quelques mots :
« Tu sais je te comprends très bien, un ami t'en fais pas c'est toujours fait pour ça. Ça joue les seconds rôles ta tête sur mon épaule. Un ami c'est facile ça tient au bout du fil
et tu débarques en pleine nuit. »
Isabelle à qui je demande qui est le chanteur me réponds : « Gérard Lenormand ».