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aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
16.05.2008
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4 Page20

Dans les cendres de l'Amour. Page20.

Posté le 28.02.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page20

C’est, un beau dimanche de mai. Nous roulons en direction de Pontailler Sur Saône, dans la voiture que conduit Papa. Seulement il me tarde déjà d’être de retour.
Ces repas de famille commencent à me peser, je préférerai être avec mes copains. Là il me faut patienter à l’arrière de la voiture avec ma petite sœur et mon petit frère.

Mais j’ai le sens de la famille. Il y a longtemps que j’ai compris que la notre dans son ensemble, est particulière. Tous mes camarades ont de nombreux cousins, ont encore plusieurs grands-parents vivants, et connaissent les lieux où ont vécu leurs aïeux.
Chez nous le groupe familial est limité à mes parents, mes frères et sœurs, et mon oncle ma tante, mes deux cousines et mon cousin.
Ce petit monde a du quitter le Maroc dans les années soixante. Nous sommes ce que l’on appelle des pieds-noirs. Mes aïeux ne sont pas d’ici mais d’un pays que je découvre au travers de ces réunions de famille, lorsque parfois nos parents reviennent sur leur histoire passée.
Je profite de ces instants pour comprendre, imaginer et construire la vie de mes ancêtres.
Ma grand-mère maternelle, la seule de mes grands-parents que j’ai connue, est décédée lorsque j’avais dix ans.
Je l’aimais beaucoup, et d’y penser me fait encore monter aux yeux les larmes de la peine. J’étais trop petit pour lui poser des questions sur leur vie « d’avant ».
Quelques photos en noir et blanc complètent l’idée que je me fais du pays où je suis né. Certaines présentent de vastes paysages arides et sauvages. Elles ont marqué mon esprit. C’est peut-être pour cela que mon côté « indien » à du naître, comme mon besoin de montrer que j’existe.
Gaby et Francis eux sont nés en France.

Mais aujourd’hui j’ai la tête ailleurs. A table ma tante me fait remarquer que mon air absent et pensif me donne l’air d’un amoureux. En rougissant je réponds: «bien sur que non ! »

La journée est encore plus longue que d’habitude, mes cousines et cousins plus âgés que moi ne restent pas après le repas. La télévision, les livres ou les jeux de société, parfois le visionnage de films fait par mon oncle sont les seules occupations de ces moments en famille. Aujourd’hui elles ne suffisent pas à m’occuper l’esprit.

En fin de journée, sur le chemin du retour maman me dit que je devrais travailler pendant les mois d’été. Cela me permettrait de gagner un peu d’argent. Elle m’annonce avoir déjà fait les démarches, pour vérifier si je pouvais obtenir une place dans une fabrique de cassis prés de Vougeot.
Voilà une nouvelle qui va perturber mes habitudes. Gaby me dit : « tiens, tu ne vas pas venir en vacances avec nous alors? »
Etonné je demande: «Vous allez me laisser seul à la maison ?
-Tu es assez grand pour te débrouiller seul maintenant. Me réponds maman.
Tu vas avoir quinze ans. Il y a longtemps que tes copains travaillent pendant les vacances.»

Que d’événements ces temps ci. Après avoir découvert l’existence d’Isabelle, voilà qu’un projet de travail estival va perturber mes habitudes. Je ne me suis pas préparé à cette transition. Je vais devoir entrer dans un monde d’adulte où je n’ai aucun repère. Ma seule expérience du travail est un ou deux week-end de vendanges, et elle n’est pas heureuse.

Dans les cendres de l'Amour. Page21.

Posté le 28.02.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page21

Lundi matin, je retrouve Isabelle dans le bus. Plus exactement c’est elle qui vient s’asseoir prés de moi.
Nous nous disons bonjour sans nous toucher. Elle engage la conversation et me demande si je suis bien rentré après être parti de chez elle. Sans le savoir, elle me fait plaisir en me rapportant que sa maman me considère comme un garçon bien poli.
Moi je lui apprends les derniers évènements relatifs à un futur travail cet été. Elle trouve cela génial. Elle sait qu’Olivier à travaillé l’été dernier dans une fabrique de cassis à Gilly, et se demande si ce n’est pas là aussi que je vais aller. Nous nous séparons à l’entrée du collège.

Une étrange impression m’habite, j’essaye de la déchiffrer. Mais elle passe je l’oublie.
Olivier à rejoint sa classe, je l’aperçois sur les rangs avant d’entrer en cours. Il parle à Isabelle.
Aujourd’hui il y a sport. Ma classe et celle d’Olivier sont ensemble durant ces heures.
Pourquoi n’ais je jamais fait attention à la présence d’Isabelle ?
Lorsque nous nous rassemblons pour rejoindre le gymnase, je prête attention au rang des filles. Effectivement elle est là aussi.
Olivier viens vers moi avec me semble t-il, un air moqueur. « Alors, tu me cherchais samedi? »

Qu’est ce qu’il essaie de me dire ? Que je ne suis pas allé jusque chez lui où je l’aurais trouvé ? Que j’ai utilisé ce prétexte pour aller voir sa copine ?
Alors que nous entrons au vestiaire, mon professeur de gym me demande de venir l’aider. Je laisse Olivier.
Je reviens pour me changer, Olivier m’a attendu alors que les autres sont déjà dans la salle. Tandis qu’il me regarde je lui demande si tout va bien. Il me répond en me demandant de contracter le muscle de mon épaule.
Pfff ! Qu’est-ce que c’est que ça encore ? Je la lui montre, mais je ne sais pas à quoi correspond « contracter l’épaule ».
A son tour il soulève la manche de son tee-short et me fait voir le muscle qui va de son coude à l’épaule. Je clôture cette séance en répondant que c’est bien, sans savoir en fait ce qu’il y a de bien. C'est vrai les muscles de son bras doivent être mieux dessinés que le mien, grand bien lui fasse....

Dans la salle nous retrouvons nos camarades. La séance va commencer par le grimper de corde chronométré. Le cœur battant, je vois qu’à l’autre bout du gymnase, les filles vont faire la même chose. Isabelle est là.
C’est mon tour de passer l’épreuve. Nous grimpons par deux et comme toujours Olivier et moi sommes partenaire dans cet échange compétitif. Le prof va donner le départ, Olivier qui joue de son bras me regarde, sourire en coin.
Top c’est parti. Je m’élance avec l’envie d’arriver le premier, je pense que peut être Isabelle nous observe.
Je rassemble mes jambes, tire sur mes bras, en rythme, en accélérant et sans bavure. Top, je touche déjà la ligne noire en haut de la corde. Olivier aussi.
Je crois que nous sommes encore arrivés ensemble. Je redescend en voyant qu’Isabelle regarde dans notre direction. Olivier est au sol avant moi. Les temps sont annoncés.
J’ai une seconde d’avance sur lui, et Isabelle a entendu.
Là c’est moi qui jubile. J’essaye de ne pas trop le montrer. En fin de séance le prof qui devine notre amicale rivalité me dit : « meilleur temps, c’est bien ! »

Dans les cendres de l'Amour. Page22.

Posté le 29.02.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page22


La sensation étrange que j’aie eue en entrant au collège est réapparue. Cette fois j’arrive à identifier sa signification. Je crois deviner qu’Olivier me reproche quelque chose.
Je ne veux pas lui faire défaut ni lui laisser penser que je trahis sa confiance, et je n’attends pas pour éclaircir la situation.

Nous sommes à l’extérieur de la salle de gym. Après la séance de sauts en longueur et le relais qui est ma course de prédilection, nous avons du temps libre en attendant que tous les groupes soient passés.
Avec Olivier nous nous mettons à l’écart pour faire quelques séries d’abdominaux sous le regard moqueur ou envieux des autres garçons. Je l’ai un peu initié au karaté, et ces exercices sont complémentaires à son entraînement.
Alors que nous battons des jambes, je lui demande si j’ai fait quelque chose qui lui déplaisait.
Concentré sur son effort abdominal il ne me répond pas.
Du coup, je lui demande pourquoi il ne m’a jamais dit qu’il était dans la classe d’Isabelle, et pourquoi ne pas m’avoir informé sur les raisons de son absence la semaine passée.
J’attends.
Il termine son exercice, s’allonge sur le coté appuie sa tête sur sa main relevée pour enfin me répondre :
« La Soussou depuis que je suis dans sa classe est une bonne copine. On rigole bien ensemble,
parfois on se retrouve le samedi chez elle. Il n’y a rien que j’ai voulu te cacher mais j’ai bien remarqué que tu lui portais plus d’intérêt que moi je lui en porte.
L’autre semaine après que je t’ais présenté Maryse, la Soussou m’a aussi demandé qui tu étais. J’ai un peu réagi en égoïste, je n’avais pas trop envie de la partager avec toi.
-Dis donc comme tu y vas. Ca ne voudrait pas plutôt dire que tu es amoureux et que tu me vois comme un rival ?
-Quoi amoureux de la Soussou ! Sûrement pas, elle est trop plate…. »

Bon sang ! Je suis choqué que l’on puisse ainsi parler d’une fille. En plus il lie les sentiments au physique.

« Olivier, ce n’est pas le physique qui compte! C’est ce que tu éprouves dans le partage avec une personne qu’il faut retenir. Moi, je la trouve belle.
-Regarde ! il me montre du regard Véronique, une autre fille de sa classe. Ca c’est une belle fille. Des formes partout. Tu as peut-être raison, mais quand tu en embrasses une, ce qui compte, c’est ce que tu as dans la main. »

J’essaie d’imaginer la situation qu’il me décrit, mais cela ne correspond à rien que je connaisse et je trouve cet état d’esprit déplacé.
De l’autre côté de la piste, j’aperçois Isabelle qui discute avec d’autres filles. Je la compare à Véronique qui passe à proximité. Non vraiment cela n’a rien a voir. Aucune n’est aussi belle
qu’isabelle !
Plus précisément, je lui demande.
« Olivier, as-tu une « copine »?
-En ce moment peut-être. Et toi ?
-Non, enfin je ne crois pas.

Dans les cendres de l'Amour. Page23.

Posté le 03.03.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page23

-Tu n’arrêtes pas de parler de la Soussou en ce moment.
-Oui peut-être, c’est parce que je ne la connaissais pas et que je la trouve sympathique.
Donc toi tu as une copine, tu m’as répondu peut-être. Je peux savoir qui c’est ?
-……Elle habite en face de la Soussou.
-Christelle ?
-Oui, on s’entend bien, et on se voit de temps en temps.
-Tu ne vois donc pas d’inconvénient si parfois je me retrouve avec Isabelle ?
-Tu fais ce que tu veux….. »

Je stop là mes investigations. Si Olivier me dit que cela ne le dérange pas je le crois.
Je sens comme un poids en moins sur mes épaules, mes scrupules non fondés disparaissent.
Nous quittons notre place pour rejoindre le groupe de filles. Nous rigolons ensemble avec elles des bêtises que chacun raconte avant que le prof nous demande de réintégrer notre groupe de travail.

La journée déroule ses heures, et moi je suis sur un nuage. Je n’ai pas eu l’occasion de revoir Isabelle et le soir, le bus de ramassage qui était en panne ayant repris du service, nous n’avons pas l’occasion d’être ensemble.
Je rentre à la maison heureux du dénouement de ma conversation avec Olivier. Maintenant j’ai l’esprit libre d’agir comme bon me semble.

Dans ma chambre, porté par les musiques que diffuse la radio, je reste pensif.
Je m’interroge sur les suites que je dois donner à mes actes si je veux que continue durablement ma possibilité de fréquenter Isabelle. En fait j’essaye de faire le point sur ma propre situation, j’ose à peine dire « mes sentiments ».
Dans quelle spirale suis-je absorbé depuis ces dernières semaines ? Je vois bien que mes préoccupations sont centrées sur Isabelle, je ressens bien dans mon cœur ces emballements, ces inquiétudes. Cela correspond trop à ces souffrances passées.
Même si j’essaye de me convaincre du contraire, de me convaincre qu’Isabelle me plait bien uniquement parce qu’elle est sympathique, à une allure qui correspond au style de fille, de femmes que j’apprécie, je dois me plier à la réalité de mes sentiments.
En fin de comptes je ne peux nier l’évidence, je suis amoureux de la Soussou.

Malgré ce constat, j’essaye de refuser cette idée. Je ne me sens pas prés pour gérer cette situation. Je ne me sens pas à la hauteur, mais à la hauteur de quoi ?
Etre amoureux, c’est bien, mais pouvoir partager cet état avec la personne aimée c’est encore mieux. Je comprends à cet instant qu’il va falloir que je dépasse ce que j’ai connu jusqu’à maintenant.
J’imagine qu’une fille soit soudainement amoureuse de moi. Je ne crois pas que pour autant je serais amoureux d’elle. Si elle venait à m’en parler, je n’aurais pas d’autres solution que de lui dire : « c’est gentil, mais désolé cela ne m’intéresse pas ».

Donc pour la Soussou, je suis dans le même cas et je ne peux lui imposer mes sentiments. Au contraire si je veux que notre petit bout de relation perdure, je vais devoir procéder par étape, essayer de ne pas la gêner, essayer de rendre nos contacts plus proche, plus intime pour enfin lui dire ce que je ressens pour elle. Un peu comme tenter d’apprivoiser un animal avant d’arriver à le prendre dans ses bras.
Son associé au billet :

Dans les cendres de l'Amour. Page24.

Posté le 04.03.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page24

Chaque jour de classe j’ai maintenant au moins une fois l’occasion d’adresser la parole à Isabelle. En cela, mon passage chez elle à porté ces fruits.
A l’école je reste le même, arpentant la cour mon livre à la main, évitant de me mêler aux groupes que je n’ai pas envie de fréquenter. Isabelle continue aussi selon ses habitudes, elle est entourée par ses camarades.
En fait c’est le trajet entre l’arrêt de bus et l’école qui nous rapproche, enfin plus exactement qui me permet de me rapprocher d’elle. J’essaye d’accorder mon arrivée ou mon départ avec les siens, parfois je cours discrètement pour la rattraper et la retrouver « par hasard » si elle a de l’avance sur moi.
Lorsqu’elle est en compagnie d’autres personnes je ne vois pas comment l’aborder.
Isabelle aime rire cela s’entend, et les garçons qui l’entourent savent s’y prendre pour l’amuser.
C’est difficile pour moi de les égaler. A dire vrai je trouve le contenu de leurs conversations un peu puéril, faux, et sans profondeur. Je ne veux pas essayer de leur ressembler, en tout cas pas dans l’attitude.
Alors je suis là, à attendre que nos pas se croisent, que nos regards se rencontrent, et je ne prends pas d’initiative.

A l’école, avec l’arrivée du printemps la mode vestimentaire a changé. Les garçons qui veulent être dans le coup portent une veste de treillis.
Pour diminuer ma différence avec eux, donc pour être plus proche d’Isabelle, je décide aussi de quitter mon caban pour entrer dans l’image contestataire en vogue.
Un mercredi après-midi, je fais le déplacement à Boncourt-Le-Bois où un dépôt de matériels de l’armée américaine me permet de trouver « ma » veste.
Je prends le temps de fouiller les étalages, cherchant la parure de ma nouvelle identité psychologique. Finalement mon choix se fait sur une d’elle, légèrement cintrée et comportant un petit drapeau de l’Allemagne à l’épaule. Au CES personne n’a ce genre de vêtement.
Même en suivant un phénomène de mode, je garde aussi mon indépendance.

En fin de compte ce changement vestimentaire n’est pas sans conséquences.
Avec mes parents qui essayent de me dissuader de porter cet habit usé ; ils ne comprennent pas comment le collège peut accepter que l’on soit ainsi vêtu.
En ne cédant pas à leur demande, non pour les affronter mais pour conserver mes chances d’être proche d’Isabelle, je marque avec eux ma volonté de m’affranchir de certaines conventions liées au « bien paraître » : les enfants de l’instituteur secrétaire de mairie doivent être irréprochables.

Puis au collège je marque un certain succès.
Mon livre toujours à la main, en marchant ou assis sur les bordures des pelouses je n’ai rien modifié à ma conduite. Pourtant maintenant, des élèves qui ne me sont pas forcément connus m’abordent pour entamer des discussions liées au film, à la provenance de mon vêtement, ou à mon état d’esprit.
Je sors de ce fait de la masse anonyme des collégiens.
D’un autre côté, ceux qui chef de bande veulent en tout temps marquer leur suprématie voient en moi une nouvelle cible. A première vue je leur semble doux et frêle, et chose nouvelle on me provoque. Pourtant je parviens à conserver mes distances avec les types de ce genre.

En fin, un matin ou je circule dans la cour, plongé dans ma lecture, je vois Isabelle laisser son groupe et m’approcher. Je m’arrête pour lui permettre d'arriver jusqu'à moi.

Dans les cendres de l'Amour. Page25.

Posté le 07.03.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page25


Le sourire d’Isabelle m’éblouit. Mon cœur est déjà en conversation avec le sien lorsqu’elle s’arrête.
« Salut, me dit-elle, nous n’avons plus le même bus, on se voit moins.
Tu ne viens pas me dire bonjour quand nous sommes dans la cour ? »

Je lui désigne une bordure de pelouse proche où je lui propose d’aller nous asseoir. Elle me suit.
Nous nous retrouvons là assis au sol avec face à nous, la masse des élèves vacants à leurs occupations. Je me sens bien, je suis heureux de ce moment partagé.
Pour répondre à sa question, je lui dit :
« Isabelle, si je ne m’approche pas de toi au milieu de tes copains pour te dire bonjour alors que nous ne nous sommes pas encore vus, c’est parce que je suis un peu différent des autres.
Cette politesse, moi j’ai envie de la prolonger en prenant du temps pour te parler, comme je le fais avec tout le monde. Le simple « bonjour à plus », je trouve que c‘est impersonnel, machinal, frustrant ça ne correspond à rien.
Je me dis que forcément toi et tes amis n’apprécierez peut-être pas que je monopolise trop de votre temps avec les bla bla de mon bonjour, alors je reste distant. En réalité si je pouvais, je passerai plus de temps avec toi.
-Ha bon ?……
C’est vrai qu’avec les autres je rigole bien, mais on rit de tout et de rien.
Mais avec toi Max j’aime bien parler, on peut discuter de tout.
Je ne t’ai pas dit, je trouve que ta veste est chouette, elle te va bien.»

Je suis sur un nuage. J’ai le cœur emballé depuis que nous sommes assis côte à côte mais là, alors qu’elle vient de me dire qu’elle appréciait de me parler, j’ai les tripes nouées de joie contenue. J’ai envie de lui prendre la main, de lui dire ce que je ressens., de….

« -Tiens voilà Olivier, lance Isabelle.
-Salut, je ne vous dérange pas ? demande t-il »
Je lui réponds que non quand la cloche sonne la reprise des cours. Nous nous relevons, Isabelle et lui rejoignent leur classe, moi la mienne.
Le reste de la journée s’écoule trop lentement, j’ai du mal à faire le tri dans mes idées,du mal à calmer les battements de mon cœur.
Que m’a dit exactement la Soussou? Y à t-il un message à comprendre ? Est ce moi qui m’emballe un peu trop vite parce que c’est la première fois qu’une fille m’adresse ce genre de paroles ? Que lui aurais-je vraiment dit si Olivier n’était pas arrivé. Dois-je lui dire plus ?
Quand la sonnerie annonce la fin de la journée scolaire, je n’ai qu’une hâte: retrouver Isabelle sur le chemin du retour. Seulement je ne la vois qu’au moment où nos bus de ramassage respectifs arrivent . Sans trop réfléchir je décide de prendre son car pour faire un bout de trajet avec elle. Je réussis à la surprendre, et ma récompense et de la voir sourire de ma décision.

Assis l’un prés de l’autre, nous devisons de tout et de rien. A chaque silence j’hésite encore et toujours à me lancer. J’hésite à me dévoiler. Mes souvenirs des amours passés ne m’encouragent pas à franchir le pas et je sais aussi que chez les uns ou les autres, de belles amitiés ont été détruites par l’expression de sentiments non partagés.
Le bus arrive à Vosne, Isabelle se lève et s’apprête à descendre. Je fais comme elle.
Son sourcil droit se lève dans une interrogation muette. Dans un sourire hésitant par crainte de mal faire, je lui explique que je descends ici avec elle.

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