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Posté le 20.02.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
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Je traverse une avant-cour de gravier blanc sur laquelle donnent les fenêtres de ce que je pense être la cuisine et la salle de la maison. Les pièces de vies semblent situées à l’étage, au-dessus du rez-de-chaussée qui doit être le garage.
J’ai le trac et l’impression que l’on me regarde arriver.
Christelle passe devant l’escalier extérieur, ne l’emprunte pas et continue en direction de ce qui ressemble à une entrée de garage, ouvre une porte, et je me retrouve derrière elle, dans le sous-sol de la maison.
Je m’arrête indécis, conscient que je n’ai pas été invité dans ces lieux.
Christelle me demande de la suivre dans l’escalier qui montent vers l’étage, mais je refuse. Je préfère attendre qu’elle annonce ma présence et revienne me chercher si je ne gêne personne.
Je la perds de vue, j’entends une porte que l’on ouvre, referme puis plus rien.
Je regarde autour de moi. Je suis entouré de tout ce que l’on peut rencontrer dans un tel endroit. Une buanderie jouxte la montée d’escaliers.
A l’opposé, dans un coin de la pièce, je vois du bois sculpté. J’ai toujours eu envie de travailler le bois. Je ressens la noblesse de ce matériau, enivrant par les odeurs que dégage sa matière que l’on travaille. Il produit sur moi le même effet que la nature que je contemple lors de mes promenades. Il doit y avoir une logique à cela.
Je ne peux m’empêcher de caresser la fibre de ces quelques morceaux de bois qui n’ont rien d’extraordinaire. Il s’agit certainement des pièces d’un bout de charpente, mais cela a suffit pour détourner mon attention de l’escalier.
Quand je me retourne pour surveiller ce qui peut en surgir, je suis surpris de me trouver face à Christelle et Isabelle. Je ne les ai pas entendues venir.
« Heu! …Bonjour, je regardais ces morceaux de bois, je ne vous ai pas entendu arriver.
-Christelle m’a dit que tu ne voulais pas monter? lance Isabelle. »
J’ai de grandes difficultés à ne pas rester bloqué à la regarder. Elle est là, près de moi, vêtue de son jean et de son pull gris comme la première fois où je l’ai vue. Je pourrais la toucher en levant la main.
Son visage encadré par ses cheveux défaits, est éclairé par un franc sourire qu’illuminent ses yeux bleus. C’est la première fois que je peux vraiment la contempler ainsi.
Pourtant je détourne rapidement mes yeux des siens. Mon cerveau n’arrive pas à suivre le rythme de mon cœur.
Posté le 24.02.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
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Je détourne les yeux pour regarder Christelle, j’ai du mal à maîtriser l’emballement de mon cœur, mais je m’efforce de ne rien laisser paraître.
Je n’ai pas pensé que les évènements iraient si vite, je le souhaitais, mais je me rends compte que je ne m’y étais pas préparé. Isabelle ne me connaît pas et je pense que de mon attitude en cet instant va dépendre la façon dont elle va me considérer.
Je ne vais pas lui dire que je viens pour elle, cela ne se fait pas, et je risque de la « bloquer » avec une opinion négative sur moi si je joue au dragueur.
Les mains dans les poches, en fausse décontraction, je réussis à faire passer un peu de salive sur ma langue pour dire aussi clairement que possible :
« En fait je vais voir Olivier et en passant par ici je vérifiais s’il était présent chez toi.
Enfin…., je ne voulais pas entrer, mais depuis la rue je regardais si je voyais sa mobylette dans la cour. Il m’avait dit que ce samedi il venait jouer au monopoly ici.
Christelle que j’ai croisée, m’a conduit jusque là après que je lui ai expliqué que je ne t’avais pas vue cette semaine au collège. Je vais reprendre ma route pour aller chez Olivier, mais je suis content de te voir.
-Tu m’as cherchée cette semaine ! Il y avait quelque chose que tu voulais me dire?
-Heu!…Ben rien de spécial, mais j’aime bien parler avec toi sur le trajet de l’école, tu souris tout le temps.
-Ha bon? me lance Isabelle étonnée et toute souriante. »
Mais qu’est ce qu’elle est belle, j’ai mal dans ma poitrine.
Pourquoi est ce que je la trouve si belle ? Je ne peux rien discerner de particulier et je n’ai pas la force de l’observer mieux, mes tempes battent trop fort et ma vision se brouille un peu.
Christelle qui est à ses cotés est un peu plus petite mais elle fait « plus femme ». Il n’y a pas besoin de l’observer bien longtemps, ses formes sont plus de nature à plaire aux hommes.
Isabelle a un physique plus discret. Mais je n’ai jamais détaillé le physique des filles.
Les gens, je les voie au travers de leurs yeux.
Ce sont les fenêtres de l’âme. Ce que j’en perçois résonne en moi comme le son d’une cloche dont le timbre sonne juste ou non.
Dans les yeux d’Isabelle je suis comme sur une patinoire, sans contrôle, je n’ai rien pour m’agripper. Ce qui en sort résonne plus fort que tout ce que j’ai connu.
Dans ses yeux mon cœur devance mes yeux, c’est un dialogue effréné que nos deux âmes à notre insu ont établi. Elle n’en est pas consciente sûrement, et tant que je ne le saurai pas, je dois garder une neutralité apparente.
Mieux vaut un dialogue secret entre nos deux cœurs que de perdre l’accès à ses yeux.
Posté le 25.02.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.------------ Sa famille.
« Oui tu es souriante et tu m’as l’air mieux que les filles que j’ai l’habitude de rencontrer, alors partager un peu sur le chemin de l’école me plait bien. Bon je ne vais pas trainer, Olivier doit m’attendre quelque part.
-Mais tu pensais qu’il était là…me reprend Isabelle.
-Oui c’est vrai, je m’embrouille un peu. Bon, puisqu’il n’est pas là je vais continuer ma route.
Tu reprends l’école lundi ?
-Oui, je n’ai plus rien, je vais bien. Tu veux monter un peu ? cela ne me dérange pas.
-C’est que cela me gêne, tu avais sûrement autre chose à faire.
-Non rien, je viens de terminer ce que je faisais avec Christelle. »
Sur ce, Christelle qui était toujours là en profite pour nous lancer :
« Oui, et il faut que j’y aille, ma mère doit m’attendre.
A une autre fois peut-être, au revoir »
Isabelle prend la direction de l’escalier et me demande de la suivre. Je ne bouge pas je reste indécis, elle insiste.
« Allez viens, tu veux te faire prier ? »
Je cède. Elle n’a pas l’air de se forcer ou de m’inviter par politesse. Ca serait la pire des choses à me faire; me laisser croire ce qui n’est pas.
Je monte les marches derrière elle et nous arrivons à l’étage dans le couloir de la maison.
Alors que je franchis la porte de l’escalier, arrive la maman d’Isabelle.
C’est une grande femme qui semble énergique. Alors qu’elle m’adresse un bonjour accompagné d’un sourire aussi franc que celui de sa fille, je me sens tout de suite à l’aise.
Je me permets d’ajouter pour Isabelle :
« Je comprends d’où vient ton sourire. »
Madame Souvignet lance un compliment de remerciement mais je ne saisis pas ce qu’elle dit.
Elle est déjà dans sa cuisine d’où elle lance : « tu veux boire un chocolat chaud ou autre chose? »
Cette convivialité apparente me surprend. Chez nous nous n’avons pas l’habitude de proposer ou partager immédiatement avec les gens que nous voyons pour la première fois.
La politique de la famille est plus du genre : méfiance, voyons d’abord de qui il s’agit et ce qu’il veut.
Isabelle me repose la question à laquelle je réponds chocolat. Elle me soulage de mon blouson qu’elle va déposer dans sa chambre.
Je rejoins madame Souvignet dans la cuisine.
Comme je le pensais en arrivant, ce sont bien les fenêtres de cette pièce et celle de la salle qui donnent sur la cour côté rue.
Alors que je m’assois le long de la table au bout de la banquette, je remarque dans la salle à manger, la présence d’un garçon qui à l’air plus âgé qu’Isabelle.
Il n’a pas levé la tête à mon arrivée, ni dit bonjour. Hum ! Je dois quand même déranger. Il est penché sur des livres et des cahiers.
Madame Souvignet qui a suivi mon regard me dit :
« C’est Mikaël, il révise ses cours. Il ne faut pas faire trop de bruit.
Dis-moi, tu t’es perdu pour arriver ici?
Posté le 26.02.2008 par aimerpourlavie
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-Pas vraiment madame. En fait je cherchais la présence d’un copain Olivier, qui m’avait dit qu’il serait ici cette après-midi.
-Es-tu aussi dans la classe d’Isabelle, comme Olivier? »
Isabelle qui nous a rejoint s’est assise à côté de moi, elle me regarde.
Je jette mes yeux au fond de mon bol, un peu de répit pour mes émotions le temps de boire mon chocolat. Je ne savais pas qu’Olivier et Isabelle étaient dans la même classe. Pourquoi ne me l’a-t-il jamais dit ?
Pendant ce temps, la porte de l’escalier s’ouvre sur une fille du même style qu’Isabelle mais en bien plus brune. Je la compare à Carole Laure à qui elle ressemble, mais elle me fait aussi brièvement penser à mon premier amour: la monitrice.
Elle se prénomme Danielle, sœur d’Isabelle. Très souriante aussi. C’est sûrement un trait de caractère de cette famille. Danielle me lance un bonjour en passant et s’en va rejoindre Mikaël dans la salle à manger.
Madame Souvignet qui remarque que je ne la connais pas, me précise que ses enfants sont au nombre de quatre, et qu’il me reste à rencontrer Claudine, et Patrick.
Ses paroles résonnent comme une autorisation à revenir, j’en suis très heureux.
Mon bol reposé je lui réponds : « Non, je ne suis pas dans la classe d’Isabelle.
Chez nous aussi nous sommes quatre, j’ai deux sœurs et un petit frère. »
Madame Souvignet a sorti des légumes qu’elle commence à éplucher. J’en profite pour me lever, il me faut partir j’ai l’impression de m’imposer.
« Madame je vais vous laisser, merci pour le chocolat c’est gentil de me l’avoir proposé.
-Ho tu sais, c’est parce que j’allais m’en faire un aussi.
-Isabelle, je reprends ma route pour Flagey. On se revoit lundi peut-être. »
J’attends devant la porte des escaliers qu’elle revienne de sa chambre où elle est allée chercher mon blouson. Nous descendons les marches ensemble, moi devant, en silence. Arrivé sous-sol je me retourne et lui tend la main avant d’ouvrir la porte. Le sourcil droit relevé elle me fait remarquer: « As-tu oublié ce que t’a dit Olivier l’autre jour? Les filles on leur fait la bise. »
Elle ne bouge pas et son sourire en coin me fait comprendre qu’elle attend que j’agisse comme les autres garçons.
En guise d’excuse je lui dis : « Tu sais chez nous la bise correspond plus à l’expression visible d’un lien qui rapproche deux personnes, qu’à une poignée de main.
-Ha bon ! Tu ne veux pas me la faire alors ? » C’est maintenant elle qui me tend la main.
Quel idiot je fais ! Heureusement, il me semble passer en pilote automatique. Le dialogue muet de mon cœur avec le sien m’encourage à passer au-delà de mes habitudes.
Je ne comprends rien à ce qui se passe, à ce qui me pousse.
Je me vois au ralenti, lui prendre sa main, et m’avancer pour poser sur sa joue une délicate bise, dans laquelle je voudrais qu’elle ressente l’expression de toutes mes émotions.
Posté le 28.02.2008 par aimerpourlavie
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Page19
Je lance un : « A la prochaine! », dans lequel mon cœur essaye de m’imposer l’expression de sentiments plus voyants. Pourtant je reste son maître, et tout en le domptant je laisse derrière moi Isabelle en refermant la porte du sous-sol.
Me voilà à l’extérieur. J’ai envie de courir, sauter mais on pourrait m’observer depuis les fenêtres de la maison. C’est donc d’une démarche qui se veut assurée que je quitte le territoire de ma première victoire. Je retrouve ma bicyclette où je l’avais laissée.
Alors que je l’enfourche, j’aperçois de l’autre côté de la rue, Christelle qui depuis la coure de sa maison me fait un au revoir de la main. Je ne lui réponds que d’un petit signe.
Il serait mal venu qu’Isabelle me voit et pense que je ne fais pas de différence entre elle et son amie.
Je reprends la route de Flagey avec l’objectif de trouver Olivier. Je ne lui raconterai pas ce que je vis en ce moment, mais je l’informerai du fait qu’en le cherchant, je suis allé chez Isabelle.
Pendant que je pédale, l’air qui me caresse le visage me laisse ressentir le bonheur de vivre.
Je roule le regard dans le vague, mais débordant de toute la beauté que le paysage traversé m’envoit. Le plaisir des yeux est à l’unisson de mon cœur, qui dans son espace intime anime une fête discrète.
Pourtant dans la cohue de mes pensées qui essayent de gérer, classer, et analyser ce que je viens de vivre, surgit un signal de prudence.
Comme l’entrée discrète d’un ver dans une pomme qui peu à peu gâte le fruit, il jette un voile de doute dont l’importance fait taire la fête qui battait son plein.
J’arrête de pédaler et laisse mourir la vitesse de mon vélo pour m’arrêter pensif au bord de la route. La maison d’Olivier est en vue, mais je ne vais pas plus loin. Je prends une autre direction pour rejoindre Vougeot.
L’engrenage de mes pensées manque soudain d’huile. Il se grippe sur une question : Pourquoi Olivier ne m’a t-il pas dit qu’il était dans la classe d’Isabelle ? Pourquoi ne m’a t-il pas dit qu’elle était malade cette semaine ?
J’arrive dans le parc de Vougeot. Dans les bois qui l’entourent, j’ai un coin « à moi », sous un grand acacias entouré de buis. J’aime me retrouver dans cet endroit où le calme et les parfums environnants m’ont toujours comblé.
Je m’étends sous l’arbre les mains croisées sous la tête, ferme les yeux et je me laisse porter par le plaisir d’être ici.
En sursaut j’ouvre les yeux, la lumière du jour a baissé, j’ai du m’endormir un peu, calmant la bataille qui naissait en moi.
Je retrouverai lundi Olivier et je saurai lui poser les bonnes questions. Demain dimanche je ne pourrai pas retourner chez lui et à Vosne Romannée, un repas de famille nous attend à Pontailler.
Et si Olivier était amoureux d’Isabelle? N’est ce pas pour cette raison qu’il évite de me parler d’elle ? Pour m’empêcher de mieux la connaître, de l’approcher ?