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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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Dans les cendres de l'Amour. Page1

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour.------------Croire en l'Amour


Dis Papa, à notre époque peut-on encore croire à l'Amour ?
Toi et maman êtes ensemble depuis 27 ans, aurai-je la chance de réussir mon couple comme vous ?
Comment peut on s'engager avec confiance ? Tout le monde divorce maintenant, tout le monde trahit ses belles promesses....

Ma fille, c'est vrai que cette année maman et moi nous aurons bien des années de vie commune, sans orage et toujours dans l'Amour.

Mais tu sais que rien ne se fait sans effort.
Quel compétiteur peut remporter une victoire, s'il n'est pas convaincu que seul sa force à gérer ses faiblesses, lui permettront d'être encore plus fort?
Ce n'est pas non plus une question de génération. Les anciens ne divorçaient pas, ils avaient une façade à préserver, mais leur couple n'était pas forcément pour autant plus heureux que ceux de maintenant.

Nous, nous avons donné naissance à une famille heureuse.
S’il a pu en être ainsi, c'est sûrement parce que j'ai puisé le ciment de cet Amour dans les cendres d'un précédent.

Je vais te raconter le feu qui brûla mon coeur et ce premier Amour.



1976, jour de classe et de printemps, il fait beau. C'est la récréation les élèves sont rassemblés par petits groupes dans la cour du collège.

Moi je suis seul comme toujours. C'est mon caractère, et puis je suis un peu timide.
Je me suis toujours isolé. D'ailleurs, je n'ai jamais compris ce qui amuse tant les autres à se moquer, à se battre ou à critiquer.
Alors comme d'habitude, je traverse la cour de long en large le temps de la récré, je suis mes pas, perdu dans mes pensées.
Parfois tout en marchant je jette très haut un objet qui retombe pile dans ma main ou je lis un livre. Je fais partie du club de théâtre et j'apprends mon rôle tout en marchant.
C'est sûr on me remarque, et je sais car je les vois, que derrière la fenêtre de leur salle commune, les professeurs parlent de moi en buvant leur café, et cela m'amuse.

Parmi un groupe d'élèves rassemblés à discuter, Olivier mon camarade m'interpelle et me demande de le rejoindre.
Alors que je lui réponds, l'incendie prend naissance, mon coeur s'enflamme.
Il y a près de lui une fille qui désormais hantera mes pensées et torturera mon coeur les quatre années suivantes.
Son associé :



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Dans les cendres de l'Amour. Page2

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour.



Je n’entends pas vraiment ce que me dit Olivier, et je n’ai pas vraiment envie de dire bonjour à ses copains et copines que je ne connais pas.
Déjà je suis gauche, et je me sens si peu intéressant que je pense déranger quand je me mêle à un groupe.
Ce n’est pas qu’une impression. Au collège quand nous sommes en sport collectif, et que les capitaines constituent leur équipe en désignant chacun leur tour un camarade, un élève, je reste parmi les derniers appelés. Ceux que l’on prend parce que c’est la règle qui l’impose, mais que l’on préférait laisser sur le banc de touche. Qu’importe, je suis un des plus fort au poids, à la corde et à la course. J’ai déjà eu le prix de gymnastique et je ne rougis donc pas de ma situation.
Je ne suis pas non plus de Nuits St Georges. Le collège y est situé, et les écoliers qui ont quitté le primaire de cette ville, constituent la majeure partie des groupes où il faut savoir se faire accepter. De toute façon cela ne m’intéresse pas je n’ai rien à leur dire.
Je n’ai encore jamais participé à une surprise partie, à une boum. Qui m’inviterait ?

Moi, j’arrive de mon village situé à sept kilomètres de là. Village de vignerons parmi tant d’autres, dans le pays du vin.
Vougeot, mondialement connu des amateurs de grands vins pour le château du Clos de Vougeot, mais terriblement loin des habitudes des jeunes de Nuits.
Je ne connais d’ailleurs pas grand chose à la vigne. Papa est l’instituteur et le secrétaire de mairie de mon village et il m’arrive d’en être fier.
Oui ! Si les jeunes de mon age m’ignorent, les plus grands et les adultes m’interpellent quand je me présente : « Ah ! Vous êtes le fils de l’instituteur ? »
En effet, papa prend part et sacrifie beaucoup de son temps pour diverses activités ; sportives, de secrétariat ou autres, du canton.

Le logement de fonction de l’instituteur est situé dans l’enceinte de la mairie et de l’école communale. Ce bâtiment est clos. Personne n’y accède en dehors des heures ouvrées, enfin pas les enfants.
Il me permet de disposer d’un immense terrain de jeu qui comprend: le grand grenier, la salle de classe, la cour de l’école et ses agrès, l’immense jardin et les différentes remises et garages. Terrain de jeux que je partage avec mes deux sœurs et mon frère.
Ce fut l’univers de mes douze premières années.
Ma vie de jeune garçon s’est construite entre ces murs qui m’ont vu grandir, les jours d’école comme les jours fériés, à l’abri.
Ces murs peuvent avoir des oreilles, mais s’ils savaient parler, bien des secrets seraient dévoilés.
Je sais que ce confinement ne m’a pas appris durant ces années, à me construire dans l’adversité. Ce n’est pas non plus l’équipe de foot dans laquelle papa m’avait inscrit de force, qui a pu compenser cela.
Du reste, j’ai fini à treize ans, par déchirer ma licence pour ne plus avoir à subir ce mal de ventre la veille des matchs et des entraînements.

Tout cela est loin maintenant. J’ai presque 15 ans, et je pratique le karaté depuis quelques années. Je suis téméraire sans être très courageux, mais timide et solitaire.

Dans les cendres de l'Amour. Page3

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour.-------------Nouvelle rencontre.
Page3

Je rejoins donc le groupe d’Olivier et je lance un bonjour à la volée. Des têtes se tournent vers moi, mais personne ne m’adresse la parole.
Olivier s’approche et m’annonce : « Max, je te présente Maryse, elle voulait te dire bonjour »
Je lui tends la main, mais Olivier me reprend : « Que fais-tu ? Les filles on leur fait la bise ! … ».
Je dois rougir un peu car j’ai soudainement chaud, Maryse se penche pour me faire cette bise, me dit bonjour, me sourit et reprend sa discussion avec les autres.
Olivier me dit à l’oreille que c’est elle qui lui a demandé de m’appeler, elle voulait me connaître….

Moi, jusqu’à cet instant, je n’avais fait la bise qu’à mes sœurs et cousines, comme je le faisais à mon frère ou à mes cousins.
Enfin, au grand jour, car en primaire, il m’est arrivé parfois de « coincer », en cachette, quelques filles pour les embrasser furtivement.
Comme j’aurai marqué un cœur sur l’écorce d’un arbre.
Mais là, comme cela, devant tout le monde…..C’est la première fois.

Maryse est la fille d’un commerçant de Nuits, elle me semble plus âgée que moi.
Avec ses lunettes noires elle fait sérieuse. Elle me fait penser à une gouvernante.
En tout cas, elle ne me captive pas. Dommage, pour une fois que quelqu’un s’intéresse à moi.
J’en profite pour demander qui est l’autre fille du groupe.
Elle rit souvent, d’un rire clair et franc qui m’enchante.
Elle a vu que je parlais d’elle à Olivier, m’a souri et a repris sa conversation avec les autres.

Presque ma taille, mince, cheveux châtains aux épaules, vêtue d’un jean et d’un pull gris, je l’observe discrètement. J’entends qu’elle se prénomme Isabelle.
Ses formes ne sont pas très féminines, et c’est tant mieux! Elle devrait moins intéresser les autres garçons.
Elle est un peu garçon manqué, selon moi.
Comme celles que je peux voir, et admire dans les films en noir et blanc, femmes de cow-boy ou indiennes pour qui, John Wayne ou Gary Grant se sacrifient.

Maintenant je le sais, mais sans jamais en avoir connu la raison, c’est pour une fille de ce type là que mon cœur existe.
Et ses battements qui s’emballent, à chaque fois que j’aperçois qu’elle regarde dans ma direction, ne me trompent pas.

« Olivier, tu connais cette fille là? Isabelle.
-Ben c’est la Soussou !…
-Pourquoi la Soussou ?
-C’est Isabelle SOUVIGNET, elle est de Vosne Romanée.»

Vosne Romanée! C’est juste à coté de chez moi, peut-être aurais-je l’occasion de la rencontrer.

A cet instant sournoisement mon destin vient d'être scellé.
Mes faits et gestes des années à venir n'auront qu'un seul but; conquérir le coeur d'Isabelle.
Ils m'enliseront dans les affres de l'Amour.

Dans les cendres de l'Amour. Page4

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour.
Page4


Lorsque nous quittons l’école en fin de journée, par groupes, nous rejoignons la place du marché de Nuits, où les transports scolaires nous ramènerons dans nos villages respectifs.
Dans un des groupes qui me précède, je reconnais la silhouette de la Soussou.
C’est un bon point. Cela veut dire que nous allons nous retrouver quelques instants chaque soir, en attendant le bus.

Tout le long du chemin je me demande déjà comment je vais pouvoir l’aborder. Je ne sais même pas si je serai capable de lui adresser la parole.
Nous arrivons enfin au marché. Mais que dois-je faire? Et quoi dire surtout!
Je vais sûrement la déranger, et je ne connais pas ceux qui sont avec elle.
Sans inspiration, je m’assois sur un banc de pierre. Peut-être aura t-elle l’occasion de s’approcher.
Mais non. Son car arrive, et le mien juste après.
Je la vois chercher une place, et au moment où elle va s’asseoir, regarder par la fenêtre, m’apercevoir et me sourire alors que je rejoins mon bus.
Mon cœur s’emballe. Zut ! J’aurais du l’approcher, lui parler ….
Nos véhicules se suivent sur la route nationale 74 et stoppent tous les deux à l’arrêt de
Vosne Romanée.
Elle descend et je la vois prendre à droite en direction de la voie ferrée.
Mon bus repart, et je sais maintenant situer l’endroit où elle peut résider.
Nous sommes vendredi soir. Il va me falloir attendre lundi pour peut-être la revoir au collège.

Je suis heureux. De rien c’est sûr, mais ce qui se passe en moi est un sentiment que je connais.
J’ai l’impression que je vais pouvoir partager quelque chose avec la Soussou, elle ne m’aurait pas souri si je lui étais indifférent.
Je ne me fais pas d’illusion! Elle n’attend rien de moi, mais le destin l’a mise sur mon chemin, il y a donc quelque chose qui va forcément en découler.

Un sentiment que je connais, depuis mon très jeune âge.
Ce ne sont pas de bons souvenirs qui l’entourent, que des déceptions inversement proportionnelles à l’age du moment.
Pour ma monitrice, ma cheftaine, Anne et sa sœur, Elisabeth, et maintenant…..

Dans les cendres de l'Amour. Page5

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour.------------ Chagrins d'Amours



Qui peut le croire? Mon plus fort chagrin d’amour je l’ai subi alors que j’avais huit ans et que, fait nouveau, je quittais mes parents afin de rejoindre obligé, avec ma petite sœur, une colonie de vacances à la Chaux-des-crotenay dans le Jura.
Je conserve quelques souvenirs de ces jours passés en collectivité. Rien de mes camarades du moment, mais ma monitrice…
Je n’ai plus souvenir de son prénom.

En descendant du bus je me suis trouvé pensais-je, face à une squaw, une indienne parmi tout ce monde qui débarquait, et je faisais parti du groupe d’enfants qu’elle gérait.
Déjà à cet âge, durant tout mon séjour, je me suis conduit comme un amoureux qui ne peu divulguer son état.

Elle m’aimait bien. Forcément, je faisais tout pour l’aider, tout pour être agréable.
Je me souviens aussi qu’elle aimait cette petite fleur bleue que je nommais clochette, et que l’on trouvait le long des chemins forestiers. Dés que je pouvais, je passais mon temps à cueillir ces plantes pour les lui apporter.
Souvent elle me tenait la main, elle me consolait aussi quand l’absence de maman se faisait trop fort. Et moi je l’admirais, mais ne lui disais rien.

Puis à la fin des vacances vint le jour du départ. J’étais dans son bus, quelle chance ! J’avais pu m’assoir sur le siège derrière le sien.
Tout le trajet je l’écoutais parler avec son amie, elle m’a encore adressé la parole, et puis à l’arrêt qui précédait celui où mes parents devaient m’attendre, elle est partie. Au revoir Max, et c’était fini.
Le bus a redémarré et je me suis mis à pleurer. Mais vraiment du fond du cœur et à gros sanglots.
Son amie qui était encore là essayait de comprendre ce qui m’arrivait. Elle ne pouvait pas, je ne parlais plus.
En descendant du bus je me suis jeté dans les bras de maman en pleurant. Mes parents ont pensé que cette émotion était due à nos retrouvailles. Je n’ai rien dit.

Maintenant encore, quand je vois ces clochettes, je repense à cette fille qui la première m’a laissé une vraie cicatrice au cœur.

Une autre fois encore, plus tard, alors que je faisais partie des louveteaux à Nuits St Georges, j’étais silencieusement épris de ma cheftaine qui était grande, brune, les cheveux longs, belle à mes yeux.
Elle aussi un jour n’est plus revenue. Mais ma peine cette fois, intériorisée, fut moins longue à gérer.
Mon arrivée au collège suscita aussi quelques irruptions sentimentales.
Pour Anne qui était dans ma classe. Amour que je tentais de garder secret, pour ne pas que l’on se moque de moi.
Elle était de Nuits donc déjà intégrée dans un groupe. Moi non.
J’essayais discrètement de lui faire connaître mes sentiments à son égard. Pour cela, je me débrouillais pour lui laisser des petits mots dans les poches de son manteau.
Elle a fini par me dire, un peu fâchée, qu’il fallait que j’arrête de mettre des « papiers » dans ses affaires. J’étais très gêné, en classe cela se savait.
Quand j’ai rencontré sa sœur mon cœur s’est à nouveau emballé, mais là, j’ai tout gardé pour moi.
Elisabeth, ma partenaire de l’an dernier au groupe de théâtre du collège.
J’ai eu à jouer le rôle d’un voleur qui s’éprend de sa victime. Il n’était pas de composition..
Au travers des dialogues de la pièce, c’est par mon regard que j’essayais de lui faire comprendre la réalité de mes sentiments. Comme savaient le voir Greta Garbo ou Grace kelly, dans les films que nous regardions à la maison. Mais là aussi j’ai manqué d’audace. De toute façon elle fréquentait des garçons plus âgés, je n’avais aucune chance.

Dans les cendres de l'Amour. Page6

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

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Dans les cendres de l'Amour.
Page6


Le week-end, il m’arrive de retrouver Olivier.
Lui en mobylette, moi à bicyclette ou en solex, nous traînons comme on peut le faire à la campagne, allant chez nos camarades, parfois au bal le soir venu.
D’autres moments, nous écoutons de la musique sur la chaîne stéréo que possède son frère, dans une pièce aménagée du sous-sol de leur maison.
Aucun de nous ne fume, nous ne parlons même pas de boire. Un jus de fruit parfois ou un monaco quand nous allons au café à Boncourt-Le-Bois.
Avec Olivier les choses sont simples. Nous discutons musiques et nous n’avons pas les mêmes goûts, ou de voyages.
Il se voit globe trotter. Moi je ne vois rien, je ne sais même pas vraiment d’où je viens.

Comme tous les dimanches soir, j’ai mal au ventre en préparant mon cartable. Je n’aime pas vraiment l’école, j’y suis mal à l’aise. Je préfère mes bois et collines des hautes côtes de Nuits.
Mais demain je reverrai sûrement Isabelle, le reste importe peu.
Je me regarde dans la glace, c’est vrai que je n’ai pas trop l'allure des autres garçons qui entouraient la Soussou.
Avec mon pantalon de velours vert bouteille, mes chemises bleues de l'armée de l'air, cintrées au possible et mon caban, je n'ai rien de remarquable.
Mais je me suis toujours apprécié tel quel, alors pourquoi changer?

Dans les cendres de l'Amour. Page7

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.

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Dans les cendres de l'Amour.
Page7



Lundi matin, je reprends le chemin du collège, serein, mais soucieux de savoir si me sera donnée l’occasion de rencontrer Isabelle.
Une cour de l’école ce n’est pas le monde à parcourir, mais franchir la barrière des groupes, c’est une autre affaire.
Comment vais-je l’aborder? « Tiens bonjour, je suis content de te revoir, au fait tu habites Vosne ? » ou, « Ha ! Isabelle, tu es là, attends, j’ai quelque chose à te dire… » .
Non ! Je ne pourrai jamais. Je ne veux pas quelle se sente obligée de me parler…… Elle le fera si elle en a envie.

La journée s’écoule, trop rapidement, je scrute chaque coin de l’école aux récréations, mais je ne la vois pas. Pourtant elle est présente, je me suis renseigné.
J’arrive à me concentrer en cours mais je tourne en rond dans mes pensées. Je sais que ce n’est pas bien. Pourtant j’aimerais tant l’approcher, qu’elle m’accepte comme copain.

Comment font les autres dans ce genre de situation ? Je ne me suis jamais posé la question.
Olivier qui est plus « dégourdi » que moi dans le domaine des filles, doit savoir comment procéder. Si je lui demande, c’est sûr il va se fiche de moi.

Nous ne sommes pas dans la même classe, mais nous nous retrouvons au cours de sport.
Et là, Olivier manifeste sa farouche envie d’être meilleur que moi. Pour l’instant nous avons les mêmes résultats.
Cette rivalité est stimulante et nous permet de progresser, mais elle trouve son origine dans le fait qu’il ne supporte pas que l’on me fasse la remarque : « Ha ! Vous êtes le fils de l’instituteur.. ».
Amicale rivalité bien sûr, mais mordante.
Elle ne s’arrête pas qu’au sport : il pense être plus poilu que moi ,signe de virilité pour lui, ou avoir déjà de la moustache, et être plus musclé.
Il possède une mobylette, moi une bicyclette.
Pour sûr, si j’aborde le sujet, il ne loupera pas cette occasion pour essayer de me rabaisser.

Il faudra que je trouve sans aide.
A la fin de la journée je ne l’ai pas vue. Je suis déçu c’est certain, mais j’essaye de me raisonner.
Je me suis emballé tout seul, après tout, pourquoi me faire des idées comme cela ?
Je devrai freiner mon cœur, je sais ce que je risque: le silence, la déception, la peine.

Dans ces pensées que j’essaye d’ordonner, je comprends qu’il y a au-delà de mes sentiments naissants, une motivation nouvelle liée à une situation géographique favorable.
En effet, Isabelle habite à peine à deux kilomètres, et Vosne n’a rien à voir avec Nuits. C’est un village comme le mien, et aucun groupe ne m’intimidera.
Le vent de la vie me pousse naturellement vers elle, je me laisserai porter.
Son associé :

Dans les cendres de l'Amour. Page8

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.------------ Première approche.



A la sortie de l’école comme chaque jour, je reprends la route du marché, essayant d’apercevoir devant moi, la présence d’Isabelle. Je suis un peu dépité, ce soir elle n’est pas là.

Les bus arrivent, je monte dans celui qui doit me ramener, trouve une place et attends le départ.
Le chauffeur descend, ce n’est pas habituel. Il s’adresse aux élèves qui attendent l’arrivée des cars suivants, et un groupe le suit alors qu’il regagne sa place.

Parmi les personnes qui passent la porte du bus, Isabelle apparaît. Je suis surpris de la voir et avant que ma tension redescende, la voilà qui s’arrête à ma hauteur, me fait subir son petit sourire et me dit :
«Bonjour! je peux m’asseoir ici ?
- Bien sûr! la place est libre.
- Il paraît que notre bus est en panne, et nous devons tous prendre le même.
- Ha! le trajet va être plus long alors.
- Tu descend où ?
- A Vougeot, et toi ?
- A Vosne Romanée. Tu connais Olivier ?
- Oui! Oui nous sommes copains, et le week-end, nous nous retrouvons parfois.»

Le bus à pris la route, je regarde devant moi en cherchant quelque chose à dire.
Isabelle parle avec une copine qui est restée debout dans l’allée.
Je lui propose ma place, qu’elle accepte.
Isabelle me remercie pour ce geste et se lève à son tour.

« Nous arrivons, je vais descendre. » me dit-elle.
Mince déjà!
Le chauffeur n’a pas changé l’ordre des arrêts, Vosne est le premier.
Elle descend se retourne et me dit: « Salut ! .
Je souris bêtement, je ne lui ai même pas indiqué mon prénom, et lui lance mon au revoir chargé d’espoir.
Dans l’allée du car je suis bousculé par les élèves qui veulent rejoindre la sortie.
Je reste volontairement debout, je n’ai pas envie de m’asseoir. Le bus reprend son circuit, et s’engage dans la rue que vient de prendre Isabelle. Nous allons en direction de Flagey.
Nous la dépassons et je me retourne juste à temps pour voir dans quelle maison elle entre. Super! je sais maintenant où elle habite.
Demain matin j’aurai peut-être encore la chance de la voir prendre mon bus.

A la maison je repense à cet épisode trop court.
Pourquoi s’est-elle assise à côté de moi? il y avait de la place ailleurs.
Qu’ai-je dit ? Comment me suis-je comporté ? Je l’ai peut-être déçue!
C’est idiot tout ça, mais je ne voudrais pas avoir compromis ma chance de créer le contact.

Le lendemain matin je suis impatient de voir arriver le ramassage scolaire.
A Vougeot nous sommes les premiers à monter dans le bus et il y a assez de place pour que nous soyons un par banquette.
L’arrêt de Vosne est le suivant. Les élèves montent, mais Isabelle n’est pas la première. C’est un garçon qui s’assoit à mes côtés.
Elle est restée debout vers l’entrée et ne peut me voir, je suis caché par la masse humaine qui se dresse dans l’allée.
A l’occasion des virages du trajet, je l’aperçois qui parle avec une autre fille.

Ca y est nous descendons du bus, moi à attendre que se vide l’allée je suis dans les derniers. Une fois à l’extérieur je ne sais pas où est passée Isabelle.
Ce n’est pas grave, je la retrouverai plus tard. Je sais maintenant que je peux lui adresser la parole.

A l’entrée du collège je retrouve Olivier. Je lui raconte l’incident du bus qui, hier, m’a permis d’être prés d’Isabelle.
Entre deux banalités il me dit : « Isabelle ! je la connais bien, d’ailleurs samedi après-midi avec Thierry nous nous rendons chez elle pour faire un monopoly.»

Dans les cendres de l'Amour. Page9

Publié le 08/02/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
Page9

Les heures de cours passent.
Comme chaque jour aux récréations je scrute la cour à la recherche de cette fille qui m'attire. Il n’y à rien à faire, je suis obsédé par la nécessité de l’approcher, de lui parler.
Pourquoi n’est-elle pas là ? Ses camarades de classe sont visibles, mais elle non.
Je me surprends à remonter et arpenter les couloirs de l’école pour essayer de la localiser.
Il arrive parfois que certains élèves préfèrent rester à discuter au chaud, bien que cela soit interdit.
Je ne le fais qu’une fois et furtivement. Je n’ai pas envie de prendre une punition pour avoir circulé dans les locaux.
Mais j’en arrive déjà à enfreindre les règles que j’avais jusqu’à maintenant, toujours respectées.Ce n’est pas bon signe.

Je suis impatient que sonne la fin de la journée. Je pense que j’aurai l’opportunité de la retrouver au marché, et c’est d’un pas un peu pressé que je remonte le chemin jusqu’à l’arrêt des bus.
Seulement lorsque j’arrive sur place, elle n’y est pas, et je ne la vois pas plus lorsque le car quitte Nuits St Georges pour entamer le circuit qui nous ramènera chez nous.
Je suis déçu, mais je garde l’esprit clair et disponible pour le camarade qui assis à mes côtés
me raconte la journée qu’il vient de passer.

Pourtant, une fois arrivé à la maison, enfermé dans ma chambre, j’ai du mal à me concentrer sur mon travail. Olivier lui, va la retrouver samedi.

Comme le vent sur la braise, la musique que diffuse radio Mont-Blanc active en moi les sentiments naissants.
Je ne m’en aperçois pas encore, mais comme une brume qui se lève, je commence déjà à subir le tourment de l’Amour.