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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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Dans les cendres de l'Amour. Page 67.

Publié le 26/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.

Ma décision était scellée, désormais j’attendais et n’avais pas peur.
Dès que j’ai opté pour cette solution et d’une certaine manière, l’attente de la fin est parvenue à réduire le feu qui depuis si longtemps me brûlait. Je commençais à me sentir apaisé, en paix avec mes tourments. Un abcès était crevé, mais son poison s’écoulait en moi.

La seule chose qui m’importait était que si ce jour devait arriver, Isabelle sache que mes dernières pensées étaient pour elle, sache que jusqu’au bout je l’avais aimée.
J’étais déterminé et je n’avais pas peur, j’attendais que dame la mort passe, mais je ne voulais pas volontairement me jeter dans ses bras; le suicide va à l’encontre de mes convictions.

Pour l’aider, je diminuais mon seuil de prudence, je devenais même risque tout à la moindre provocation, prêt à parier n’importe quoi. Pour moi c’était les jeux de la mort.
Lorsque avec Olivier nous circulions à mobylette la nuit, je coupais les lumières de mon engin ou tentais de traverser la route nationale sans prendre la précaution de regarder à droite ou à gauche, un roulette russe en quelque sorte.
D’autres fois avec Patrick le frère d’Isabelle avec qui je me sentais en rivalité, nous avons joué à celui qui aurait peur le dernier, dans le genre : chacun au volant d’une voiture, lancées face à face dans une joute ou perdait celui qui se détournait le premier.
N’ayant rien à perdre j’ai toujours conservé ma trajectoire et gagné ces joutes. Patrick qui habituellement était une tête brûlée, me serrait la main en ne manquant pas de me dire dans un éclat de rire que j’étais cinglé…

La vie continuait malgré tout, et entre Isabelle, Christelle, Christophe et moi l’amitié était là.
Elle continuait de nous réunir, de nous faire partager nos sorties, nos projets et parfois nos confidences aussi.
Enfin, je recevais les confidences de ceux que je considérais comme mes amis, plus que je ne leur en faisais. Je ne voulais pas que mes problèmes personnels deviennent sources de moqueries; j’avais déjà assez honte de m’être mis seul dans cette situation.

Quelques fois j’ai eu l’occasion de revoir Danielle, seuel à seul. Comme je voulais si la mort devais m’emporter un jour, qu’Isabelle sache que jusqu’au bout c’était à elle que j’ai pensé, j’entamais avec Danielle des conversations dont le sujet abordait la fin de vie volontaire.
Cela me permettait de me sentir prêt, de pouvoir partir sans regret.

Les jours, les mois continuaient de s’empiler, le feu qui avait tant brûlé en moi était réduit à l’état de braises. Braises car un couvercle de mort arrivait à étouffer son ardeur, et je savais qu’il ne fallait pas le lâcher.

Christophe était devenu l’heureux propriétaire d’une fiat 128. On en a rit au début car elle était d’un beau jaune canari, mais elle était très solide et nous étions bien dedans. Nous faisions pas mal de déplacements avec sa voiture.
Grands moments de bonheur où nous nous sentions « grands », plein du sentiment de liberté qui nous animait, résultat d’une autonomie apportée par le salaire de nos mois d’été, lié aux déplacements en voiture, qui nous permettait d’aller ensemble où bon nous semblait, dans l'insouciance de la vie.
Christelle et Christophe devant et bien sûr Isabelle et moi à l’arrière.

C’est dans un de ces moments d’insouciance que dame la mort s’est annoncée.






--

Dans les cendres de l'Amour. Page 68.

Publié le 29/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. ---L'accident ---




Avec Christophe nous faisions souvent le trajet de Vosne Romannée à Boncourt Le Bois pour nous rendre au café du village. La route que nous suivons est celle qui passe le long de l’autoroute, derrière Flagey.

Depuis ma petite sœur que je poussais dans son landau, j’ai toujours eu la conscience du danger, la présence d’esprit d’anticiper ce qui peut arriver.
Dans la voiture, nos plaisanteries et les tubes du moment que diffuse l’auto radio nous mettent de bonne humeur. Le temps est clair, la circulation est pour ainsi dire inexistante.
Ce jour, comme toutes les fois que nous circulons, je garde mon attention en veille, quelque soit le conducteur.
Nous avons confiance en Christophe, il est bon pilote et a toujours fait preuve de sérieux au volant, prenant garde aux véhicules que l’on croise comme à ses passagers.

Avec les multiples vœux que j’ai envoyés au ciel pour qu’un jour Isabelle m’aime, je pensais aussi qu’une action de bravoure à son égard me permettrait de mettre en évidence que j’étais prêt à me sacrifier pour elle.
Mais c’était avant ma prise de décision, avant d’inviter dame la mort. Le temps avait effacé toutes ces envies et je voulais maintenant parvenir à me détacher d’Isabelle.

A la sortie de Flagey sur la route de Boncourt, au croisement de la Berchère, un pont enjambe l’autoroute sur notre gauche. Il nous faut le traverser pour arriver au village.
A la sortie du bois, nous approchons du croisement que nous devons franchir pour passer sur ce pont. Aucun stop ne gère ce franchissement, seule une croix de St André indique le respect de la priorité à droite. Nous sommes prioritaires sur les véhicules qui du pont arrivent sur notre gauche.
Cette partie du trajet a toujours été pour moi une source d’inquiétude. Je jette un œil à l’extrémité du pont pour vérifier si un véhicule ne s'apprête pas à surgir de notre gauche.
Je m’en assure avant de ne plus rien voir.
Les barrières ajourées qui bordent le pont sont hautes, et dès que nous ne leur faisons plus face, quand nous avançons et qu’elles se trouvent à notre gauche, les barreaux qui les constituent semble s’être resserrés pour former un rideau de fer opaque.

Nous continuons nos conversations Christophe termine de s’adresser à Christelle, la vitesse de la voiture est réduite, je le vois vérifier sur notre droite si rien n’arrive, mais je ne sens pas un ralentissement suffisant de la voiture qui signifierait qu’il va effectuer un contrôle avant de traverser pour s’engager à gauche.
Assis à droite et à l’arrière, une nouvelle fois j’essaye de distinguer par le peu de visibilité qu’il reste entre les barreaux si un véhicule n’est pas sur le pont.
Christophe surveille encore sa droite et moi soudain, je la distingue au travers de la barrière: dame la mort, une Ami8 grise arrivant sur nous.
Christophe ne me donne pas plus l’impression qu’il va s’arrêter.
Nous allons être percutés, Isabelle est du côté où nous allons être touchés, c'est moi qui devrait avoir sa place.
Simultanément alors que je cris « Attention à gauche », je la saisis par les épaules, la tire contre moi au maximum pour la protéger du choc inévitable qui se produit et me plonge dans le noir de l’oubli.


Dans les cendres de l'Amour. Page 69.

Publié le 04/07/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


« Max ça va ? Max…ça va ?
-Hum …» La voix de Christophe me fait revenir à moi. Je sens qu’une main essaye de relever ma tête qui reposait sur des jambes, je suis allongé sur mon côté gauche.
Je réalise que j’ai du m’évanouir sous le choc qui s’est produit. J’ai l’impression que la main qui relève ma tête le fait avec dédain. Je suis sur les jambes d’Isabelle. Ca y est, je réagis, je me redresse en me frottant un peu la tête.
Comment va t-elle ? Bien en apparence; je regarde vers l’avant, Christophe me quitte des yeux, dit à Christelle qui saigne de la main qu’il va voir et qu’il revient, puis se glisse sur le volant pour sortir de l’habitacle par le pare brise qui n’existe plus. Je vois aussi que l’avant de la voiture est déformée.
Je suis Christophe des yeux alors qu’il se dirige vers la voiture qui nous a percutés. Elle a dû reculer sou le choc ou nous projeter, car elle me semble distante.
D’où je suis je ne vois pas trop son habitacle, mais j’aperçois Christophe se pencher pour voir ce qu’il y a dedans, avant de revenir vers nous livide en annonçant : « il est mort.»

Le conducteur était une personne âgée.
Un véhicule s’arrête, des gens descendent, j’entends au loin une sirène, et prés de nous Christophe qui pleure.

J’ai repris tous mes esprits, je me dis : « jaune la Fiat, mais solide comme une fiat .»
Isabelle et Christelle semblent bien se porter en dehors de coupures à la main que Christelle endure sans rien dire.
La gendarmerie et les pompiers nous prennent en charge, puis les examens à l’hôpital qui déterminent que nous n’avons aucune blessure grave clôturent cet accident mortel.
Nous en avons très peu parlé entre nous par la suite.

Pour moi le bilan était désastreux.
Sans vouloir me vanter, je ne pensais pas moins avoir fait preuve de lucidité en ayant le temps de prévenir Christophe et d’assurer une protection à Isabelle, et qu’à ce titre peut-être, on m’adresserait un remerciement.
Seulement quand quelques jours plus tard je suis passé à la maison Souvignet pour prendre des nouvelles d’Isabelle, rien!...
A peine quelques mots sur l’événement qui aurait pu être plus grave, mais rien me concernant, ni pour savoir si j’avais été blessé, ni pour évoquer ce que peut être j’avais évité à Isabelle.
Je me suis senti encore plus ignoré et j’ai préféré me convaincre qu’Isabelle n’avait pas réalisé ce qui s’était produit, ou que sous le choc elle avait oublié, tout comme moi qui est resté amnésique à jamais de l’instant ou les voitures se sont percutées.

J’avais aussi vu de prés la mort passer, elle ne m’était pas plus familière, mais j’avais acquis une certaine confiance en elle, je l’avais adoptée comme quelque chose de paisible et non pas comme une souffrance.
Ce désastreux bilan ne m’a laissé aucun doute sur l’orientation que devait prendre la suite de mon histoire.




Dans les cendres de l'Amour. Page 70.

Publié le 05/07/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Trahison ---



Un geste ou l’esquisse d’un remerciement aurait encore pu changer ma façon d’aborder les jours et les semaines qui suivaient, donner un peu de considération à ce que j’étais, à ce que j’avais pu faire. Je me sentais désavoué.

Dans ce domaine c’est Isabelle qui m’a achevé. Bien que résolu à tout faire pour l’oublier, je n’éprouvais pas moins de sentiment à son égard. Tout ce qu’elle pouvait m’adresser ou omettre de faire me touchait fortement.

A plusieurs reprises pour diverses occasions, j’ai eu le plaisir de lui remettre un cadeau. Le fait qu’elle les accepte me permettait de penser qu’elle appréciait peut-être un peu quelque chose de moi.
Cette simple pensée était déjà beaucoup car c’était un des rares points positifs qu’il me semblait obtenir dans cette étrange histoire que je traversais.

Ma conception de la vie, des relations avec autrui, a depuis toujours été basée sur la confiance, sur la franchise. Je n’ai jamais dérogé à ces principes, et n’avait jusque là pas imaginé qu’une relation amicale comme celle que je partageais avec Isabelle puisse aller à l’encontre de cette ligne de conduite; et pourtant.

Une après-midi ou nous devions nous retrouver, Christelle, Isabelle, Olivier et moi, je me suis trouvé un peu en avance à attendre avec Christelle l’arrivée des autres.
Nous discutions de choses et d’autres avant que le sujet ne vienne à porter sur la crainte que j’avais parfois, de déranger Isabelle lors de mes passages ou de mes appels téléphoniques.

Christelle qui croyait bien faire en me prodiguant le conseil de savoir parfois ne pas trop insister, a dans la conversation laissé entendre que je dérangeais en fait assez souvent Isabelle, qu’il lui arrivait même de se forcer à me recevoir si elle n’était pas parvenue à s’esquiver en me voyant arriver……
Premier coup de couteau dans le dos.

Elle n’a d’ailleurs pas manqué de préciser pour "me rendre service", en me permettant de ne pas renouveler « ces petites erreurs » , qu’Isabelle n’appréciait pas du tout les cadeaux que je lui faisait: le type de cadeau, tout comme le fait que je lui fasse des cadeaux.

« Attends Christelle, tu plaisantes ?!! Tu sais que ce n’est pas sympa de jouer à me faire croire ce genre de choses, pas toi, c’est trop cruel, et pas en ce moment.
Te rends-tu compte de ce que tu me dis ?
-Max je préfère que tu le saches pour ne pas que cela soit Isabelle qui te l’apprenne. Je connais tes sentiments pour elle depuis longtemps et je suis gênée de voir comment elle peut manquer de franchise avec toi.
Souviens toi du parapluie à tête de canard, elle a eu trop honte de recevoir cela en cadeau et s’est ensuite moquée de toi chez elle….
-Mais lorsque que je lui ai donné elle m’a pourtant dit que cela lui faisait plaisir ?!….»

Deuxième coup de poignard.
Au plus profond de mon âme je prenais de plein fouet ni une claque, ni une vexation, mais la terrible douleur de la trahison.

Dans les cendres de l'Amour. Page 71.

Publié le 28/07/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Que pouvait-il m’arriver de pire ?
Ma première réaction a été de comprendre que j’avais fait l’erreur de penser que mes goûts pouvaient correspondre aux goûts de ceux que j’aimais.
A cette occasion j’ai découvert que savoir faire plaisir, n’est pas se faire plaisir, mais être attentif à correspondre aux besoins, aux goûts, aux envies de l’autre.
Si là était la limite de ce constat, ce n’était pas tragique en soi, non ! mais il allait au-delà.
Le vrai drame était de réaliser que dans nos partages, l’attitude d’Isabelle pouvait être l’inverse de ce qu’elle pensait.

J’aurais pu analyser cela comme un mensonge, mensonge de circonstance, se voulant protecteur pour éviter de me vexer ou éviter de rajouter à ce que j’avais déjà du mal à gérer avec elle, mais le choc de cette réalité a dépassé cette limite.

C’est un traumatisme que j’ai eu à subir, car je n’éprouvais rien d’autre qu’un profond sentiment de trahison au plus profond de moi.
En effet, tout ce que je vivais, tout ce que je pouvais donner, dire et apporter à Isabelle sortait directement du cœur, sans calcul, sans attente en retour, juste pour être celui sur lequel elle pouvait compter, celui qui l’aidait à passer les épreuves qu’elle avait à traverser; en résumé être un ami.
Et dans cette innocence où je pensais que ceux que j’acceptais de fréquenter pouvaient agir comme moi, je découvrais subitement que c’était le contraire qui m’entourait.

Rétrospectivement je voyais le ridicule de chaque situation partagée avec Isabelle. J’imaginais ce que presque à chaque fois elle avait pu penser de mes dires ou de mes non-dits, penser de mes présences ou de mes actes.

De l’ingénu que j’étais, je devenais du jour au lendemain méfiant, sur tout ce que l’on pouvait me raconter comme sur l’honnêteté de ceux qui m’entouraient. Je ne savais plus à quelle vérité me raccrocher. Y en avait-il eu une au moins une fois ?
Force m’était de penser que oui; je ne pouvais concevoir que dés le commencement cette relation ait été entourée d’un manque d’honnêteté, de franchise.

J’ai regardé Christelle dans les yeux pour m’assurer une dernière fois qu’elle ne jouait pas avec moi, puis je lui ai tourné le dos.
J’ai quitté Vosne Romannée pour trouver refuge dans ma chambre et dans mes chansons. Ce soir là, mes larmes sont venues noyer le restant de braises qui dans mon cœur continuaient d’entretenir sous les cendres l’espoir d’un nouveau départ.
C’est à la hache même que j’ai essayé de briser tout ce qui en moi pouvait encore me rattacher à Isabelle: souvenirs, mots, sourires, confidences.

Je ne parvenais pas à m’extirper de l’incompréhension que produisait l’absence d’honnêteté dans ce que l’on avait pu partager.
Le sentiment de blessure aggravée amplifiait l’envie d’en finir avec cette histoire, d’en finir de façon radicale.
Mes tentatives d’oublier et de penser à une autre qu’à Isabelle étant restées vaines, je ne voyais vraiment pas quelle solution pouvait soigner ce dont je souffrais.

Je décidais donc fermement de me rendre au devant de Dame la mort.


.
Son associé :

Dans les cendres de l'Amour. Page 72.

Publié le 07/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Mourir sur les rails ---


Si le mot me répugnait, ce que je voulais faire restait sans conteste possible une décision de suicide. L’envisager me contrariait considérablement car cet état d’esprit ne concordait pas avec ma véritable nature. Pourtant c’était me semblait-il, le seul moyen qu’il me restait de stopper cette histoire et de faire comprendre à Isabelle la réalité de ce qui m’habitait, depuis ce jour où au collège je l’avait rencontrée.

Quelque chose en moi luttait tout de même contre cette radicale décision. Ma raison sans doute et mon subconscient essayaient de me faire entendre raison, mais je ne suis pas parvenu à les suivre. Je noyais toutes idées de lutte dans les chansons que j’écoutais et qui aveuglaient mes dernières résistances, d’une illusoire solitude.

C’est donc dans cette lutte lointaine, étouffée, que j’optais pour le choix de la méthode.
Je n’étais pas connaisseur en la matière, mais tout de même je restais méfiant sur l’emploi des médicaments ou d’une arme à feu qui pouvaient laisser des séquelles irrémédiables au lieu d’achever. Le train était ce qui me semblait de plus propre et de plus « sûr ».
J’avais de surcroît décidé que je ferai cela sur la voie ferrée de Vosne Romannée, sur le pont qui surplombait la route que nous avions prise tant de fois avec Isabelle et qui était en vue de sa maison.

Je n’ai eu aucun mal à trouver le moment propice pour mettre à exécution cette décision. Je m’étais quelque peu retiré des activités du groupe que nous formions et je me rendais tristement compte d’un fait: personne ne venait me chercher.
J’avais par la force des choses, consacré mes temps libres à ressasser, préparer et peaufiner ce que j’envisageais comme étant la fin de mon histoire.

Une après-midi d’une journée grise j’ai quitté la maison, déterminé, sans me retourner et sans avoir laissé le moindre mot qui aurait pu expliquer la raison du geste désespéré que je me préparais à réaliser.
La seule idée que j’avais en tête, alors que tous se poseraient la question de savoir pourquoi j’avais mis fin à mes jours, c’est qu’Isabelle prendrait à ce moment là conscience du désespoir qui m’habitait, conscience de ce que je n’avais jamais vraiment exprimé et qui m’avait miné au point d’en arriver à cette décision.

Je suis arrivé à Vosne Romannée sur ma mobylette que j’ai déposée discrètement dans la cour de la maison Souvignet, puis j’ai repris à pieds la route qui passait sous la voie ferrée, continuant machinalement de poursuivre mon chemin en direction de Flagey avant de me décider à agir.
Je suis revenu sur mes pas ne prenant aucune précaution pour me dissimuler aux regards des éventuels promeneurs, travailleurs des vignes, des champs avoisinants ou automobilistes.
En fait c’est même un peu déçu de n’avoir rencontré personne que je suis parvenu à accéder aux abords des rails, j’aurais voulu qu’à ce moment là quelqu’un puisse lire sur mon visage mon désespoir.

Le long de la voie, de l’emplacement où je me trouvais je surplombais la route de Flagey, voyais s’étendre la route nationale, et je pouvais observer la maison d’Isabelle.
J’ai passé un peu de temps à regarder sa maison, en essayant de deviner ce qu’elle pouvait faire en ce moment. Je ne me dissimulais pas, souhaitant même un peu qu’elle ait l’occasion de m’apercevoir, et qu’inquiète elle vienne à ma rencontre.
Durant ce temps les trains qui passaient dans mon dos m’assourdissaient dans le vacarme de leurs roues sur les rails, et les conducteurs qui me voyaient ne manquaient pas de faire retentir le klaxon de leur machine.

Dans les cendres de l'Amour. Page 73.

Publié le 10/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.



Rien ne bougeait du côté de la maison d’Isabelle, j’étais un peu déçu. Je me suis assis sur le talus qui bordait la voie ferrée pour une dernière fois faire le point avant le grand saut.
J’avais l’impression d’avoir l’esprit en bouillie, endormi par je ne sais quoi qui m’empêchait d’avoir les idées claires. Je n’arrivais pas à me concentrer, ni à répondre aux dernières questions que je me posais. Je me demandais si je n’allais pas faire indûment de la peine, si je n’avais pas d’autres portes de sorties à cette histoire, j’essayais de comprendre comment j’en étais arrivé là.

A chaque train qui passait je me préparais un peu plus à l’instant où j’allais attendre debout sur les rails, me demandant si je serais assez courageux pour rester stoïque jusqu’au moment où je serais percuté. J’ai pensé que ceux qui ramasseraient mon corps se demanderait ce que je faisais là, ne sauraient pas immédiatement s’il s’agissait d’un accident ou non, et que personne ne comprendrait ce qui avait pu me pousser à agir ainsi si je ne les aidait pas. Il me fallait donc leur procurer un indice.
Dans ma veste de treillis j’avais pris soin de placer ma carte d’identité. J’avais aussi sur moi un stylo et un petit carnet qui me quittaient rarement.
J’ai donc écrit sur une feuille vierge : « A Isabelle Souvignet », puis ce morceau de papier dans lequel il m’avait semblé avoir tout résumé, je l’ai inséré dans ma carte d’identité.

Je me suis levé, toujours sur le talus bordant les rails j’ai de nouveau observé la maison d’Isabelle, le moment de passer à l’acte était arrivé.
Il ne se passait rien de plus du côté de chez les Souvignet, personne n’avait dû constater ni la présence de ma mobylette, ni ma présence sur la voie de chemin de fer.
Je restais une fois encore transparent.

Lentement j’ai quitté le talus pour me rapprocher des rails. J’avais conclu que pour parvenir à mes fins, il fallait que je m’assois dos au train qui arriverait, en me bouchant les oreilles pour ne pas risquer de paniquer à son approche.

Que pouvaient faire à cet instant Christophe, Olivier, Christelle et tous les autres ?
Qu’allaient ils penser de moi après ?
Les voies étaient devant moi, un train venait de passe en faisant mugir son klaxon.
J’en ai laissé encore passer un, puis un autre, puis je me suis rapproché encore un peu plus des voies.

J’allais définitivement tirer un trait sur tout cela, et en fait je n’arrivais toujours pas vraiment à comprendre pourquoi j’en arrivais à cette décision finale.
Je savais juste que je devais le faire, que je n’avais pas d’autres solutions. Mais je ressentais aussi que ce qui me perturbait le plus, c'était cette impression de trahison dans la confiance que j'avais pu donner aux autres
A quoi tenait ma vie ? A rien ; rien de plus qu’une décision que je ne comprenais même pas.


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Dans les cendres de l'Amour. Page 74.

Publié le 14/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.



-Hé ! Vous là-bas !
Soudainement et surpris, je n'étais plus seul. Au loin, deux hommes arrivaient dans ma direction. A leur casquette de toile bleue et à leur façon de se diriger vers moi, j’ai de suite pensé qu’il devait s’agir de personnel de la SNCF.
J’ai vite compris que c’est après moi qu’ils en avaient, sûrement informés de ma présence par les conducteurs de train. Voyant que je les regardais sans bouger, ils ont accéléré le pas puis se sont mis à courir.
Je n’ai pas attendu plus longtemps pour sortir de mes brumes et à mon tour m’enfuir pour me perdre dans la végétation qui bordait le talus. J’ai réussi à me dissimuler sous un arbre couché alors qu’ils passaient tout prés essayant de me repérer.
Après qu’il se soient éloignés, j’ai discrètement rejoint la route puis la maison d’Isabelle. C’est sans rencontrer personne que j’ai retrouvé ma mobylette sur laquelle je me suis rendu au parc de Vougeot pour gagner « mon refuge ».
Là, assis adossé contre mon arbre j’avais complètement retrouvé mes esprits. En tout cas je n’avais plus l’impression de pédaler dans la semoule, j’arrivais à coordonner mes pensées pour parvenir à faire le point.
Et quel point ! Je me retrouvais face à moi même une fois de plus et personne avec qui partager ce que je vivais, mais surtout je n’arrivais toujours pas à définir si j’avais raté quelque chose d’important ou si en fait c’était mieux ainsi.
Ce dont j'étais sûr, c'est que personne ne devait avoir remarqué ce que je m’apprêtais à réaliser aujourd’hui, et jamais j’évoquerai ce moment.
Je pense que cette fuite imposée par l’arrivée impromptue des personnels de la SNCF et la peur de me faire attraper, a figé en moi et signé l’abandon définitif de ce genre de solution extrême.

Durant l’heure qui a suivi, je me suis doucement relevé, psychologiquement.
Entre cette décision de disparaître définitivement et mon retour au quotidien, je n’ai pas eu le loisir de m’appesantir sur mon sort, je devais rentrer à la maison comme chaque jour et faire en sorte que rien ne paraisse. Heureusement que je n’avais laissé aucun mot d’adieu.
J’ai craint tout de même pendant quelques jours après encore, que les agents de la SNCF aient pu m’identifier ou me reconnaître, et viennent un beau matin sonner à la porte de la maison.

Au final je n’avais rien réglé du tout.
Je savais maintenant aussi que je n'aurais désormais plus confiance à qui que ce soit.

Le temps passant a agi sur moi comme l’eau qui coule et adoucit les aspérités de la pierre.
La feu de la brûlure que j’avais au cœur perdait avec lui sa force destructrice, mais il restait bien présent sous les cendres de tout ce qui s’était déjà consumé.
Mes sentiments pour Isabelle ne changeaient pas.

1- Mairie-école

Publié le 15/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
1- Mairie-école
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La mairie-école, refuge et écrin d'une vie à l'abri des influences extérieures.
Ma chambre: deuxième fenêtre en haut à droite.



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Son associé :

2- Les environs.

Publié le 15/08/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
2- Les environs.
Depuis la maison ,mon regard pouvait se perdre sur les horizons de la plaine d'un côté, et des vignes et leur combes de l'autre.
La majesté de cet environnement a permis à ma vie de distinguer le sens des grandeurs réelles et de percevoir le superflu, les futilités dans lesquelles beaucoup se perdent.

Ici le château Morin et le Clos de Vougeot.
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