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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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Dans les cendres de l'Amour. Page58.

Publié le 03/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. .... De l'aide pour son amour. ...



Notre petit groupe continue de fonctionner, de sorties en rigolades. L’été s’annonce comme celui de l’an passé. Je retourne travailler dans la même entreprise, Christophe et Olivier n’y seront pas cette année. La piscine, le plan d’eau de Saule Guillaume et les cabanes à frites seront aussi au rendez-vous de cet été.

Depuis quelques temps je sens Isabelle plus proche, un peu soucieuse aussi. Elle m’entretient sur des sujets qui la concerne personnellement.
Je sais aussi que je n’ai rien à attendre d’elle, je me confine dans une réelle amitié en tenant le rôle de confident lorsque cela s’avère nécessaire. Les évènements de la vie de Danielle ont un peu bousculé l’ambiance qui régnait chez eux et de ce fait, Isabelle naturellement me faisait part de ses incertitudes.

Je n'ai rien a attendre d'elle, mais j'ai toujours ce feu au cœur, cette impatiente de la retrouver, cette douleur lorsqu’il faut la laisser. Rien à attendre mais avec au fond, l’espoir que peut-être je serais celui qu’elle doit trouver.
Puis un soir où nous marchons de nuit sur les chemins de Vonse à Flagey, Isabelle m’annonce :
« Max, je sais que je peux tout te demander, pourtant il y a quelques temps que j’essaye de te dire quelque chose et je n’y arrive pas.
-Ce n’est rien de grave ? Je pensais à Danielle en disant cela.
-Non, je veux juste te parler de quelqu’un, un autre garçon.
-… ! »

Je n’ose rien dire j’attends la suite en ayant peur d’avoir compris.
"Je peux, cela ne te dérange pas ?
-Bien sûr que non, allez n’hésite pas plus longtemps!
-Voilà, en fait l’été dernier lorsque nous étions en vacances j’ai fait la connaissance du fils des amis de mes parents... C’est de lui que je veux te parler.
-Tu vas me dire que tu es amoureuse et qu’avec les vacances qui reviennent, tu vas le revoir.
-… ? "

Sourcil droit relevé Isabelle me regarde l’air étonnée.
« Non je n’étais pas au courant, ne sois pas inquiète.
-Oui j’aimerai le revoir, mais maman ne voudra jamais.
-Comment as tu fait depuis l’été dernier, vous êtes vous revus ?
-Occasionnellement lorsque nos parents se retrouvent, mais nous nous sommes écris souvent.»

Je reste un moment éteint, j’aurais voulu cette nuit me sauver en courant, la laisser là.
Après mon ascension, après mon arrêt brutal, ma chute.
Alors que je me trouvais encore suspendu dans ce vide entre le sommet de cet amour qui m’avait poussé si haut et le vide sous mes pieds, je venais de sentir que quelque chose avait lâché. J’étais en chute libre sans rien pour me retenir, vers la dureté d’un sol que j’allai percuter de plein fouet.

Je ne veux qu’elle... Je ne veux qu’elle et je suis le témoin involontaire de son cœur qui s’ouvre, qui se tourne vers un autre.
Il fait nuit, Isabelle ne voit pas les larmes qui bordent mes yeux.

« Max ça va ?
-Bien sûr§ tu sais je ne suis pas vraiment surpris, c’est normal. Donc tu cherches à le revoir c’est ça ?
-Oui.
-Bien!... mais moi qu’est-ce que je viens faire là ?
-Il habite Beaune, jamais maman ne me laissera aller à Beaune seule, mais avec toi oui.»






--

ReneMax - Dans le sillage d'une vie.

Publié le 04/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
ReneMax - Dans le sillage d'une vie.


En allant vers ce lien.......

http://renemax.centerblog.net/

Ou en cliquant sur mes blogs et sites préférés puis sur ReneMax:


En suivant ce lien vous voguerez sur le flots de mes pensées.

Elles ont pour titre:

Le chemin du bonheur.

Oser la vie à deux.

Si j'étais moi.


... /...


Dans les cendres de l'Amour. Page 59.

Publié le 07/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Ma chute vers le sol venait de prendre fin, arrêté par la dureté du sol sur lequel je venais de m’écraser.
Je m’étais toujours plus ou moins attendu à cette situation, et malgré cela cette annonce me sonnait pour de bon.
Notre ballade s’est poursuivie sans que je ne laisse rien paraître. Nous avons même continué de discuter, cherchant la manière d’opérer pour arriver à convaincre sa maman de nous laisser aller à Beaune. Nous ne manquions pas d’imagination.

Je suis rentré chez moi bien tard ce soir là, et si quelqu’un avait pu voir mon être intérieur, il aurait eu devant lui un jeune homme en béquilles, les membres plâtrés, couvert de bandages jusqu’à la tête; mais plâtrés ne veut pas dire mort.
J’avais décidé de continuer cette vie pour Isabelle puisque mon cœur battait toujours aussi fort pour elle, décidé de l’aider dans ses démarches.
Accepté aussi de trahir pour elle, la confiance que madame Souvignet mettait en moi.
Ce soir là avant de me forcer à dormir, j’ai pris les deux disques de Gérard Lenormand pour les briser à jamais.

A partir de ce jour je me suis mis à écrire.
Dans un cahier d’écolier bleu les pages se sont remplies de textes écrits au sang de mon cœur.
Cœur dans lequel l’incendie n’avait jamais cessé, mais qui ce soir comme sous un vent tournant, venait de se modifier.
D’un feu qui comme la lumière d’un phare était alimenté par l’énergie de l’Amour, il devenait incendie rageur, poussé par les vents de la peine, s’auto-détruisant par fin de combustible.

Ma seule envie ? conserver l’occasion d’être auprès d’Isabelle.
J’allais donc l’aider. A deux occasions je l’ai accompagnée à Beaune, sous divers prétextes acceptés par madame Souvignet, lui permettant ainsi de rencontrer son ami Thierry.
L’une d'elle avec la complicité de Christophe, eu pour objet une fausse séance de cinéma du film « L’aile ou la cuisse.»
Christophe qui l'avait déjà vu, nous avait durant le trajet raconté l’histoire, pour nous préparer aux éventuelles questions que nous poserait madame Souvignet. Bien nous en pris car cette fois là, elle avait à notre retour voulu en savoir plus sur le film que nous avions vu.

Dans ces moments à Beaune, je laissais Isabelle à la porte de l‘immeuble où habitait son ami, puis passais mon temps à déambuler dans les rues de la ville avant de la retrouver à l’heure du retour. Je savais qu’avec son ami elle ne faisait rien qui aurait pu choquer la morale de sa maman, mais tout de même, il fallait que je prenne sur moi pour ne pas rentrer seul.

Isabelle avait besoin de partager un peu de ce qu’elle vivait, et pour cela nous nous retrouvions assez souvent. Parfois même j’étais présent en même temps que Thierry qui de temps à autres venait à Vosne visiter les amis de ses parents….
Nous faisions dans ces moments là nos ballades à trois, voir à quatre quand Christelle nous accompagnait.
Isabelle m’avait présenté comme son meilleur copain, et Thierry qui était bien plus âgé que moi, certainement plus mûr d’un autre vécu aussi , se comportait agréablement avec nous.
Je me souviens m’être fait la réflexion qu’il avait l’attitude d’un scout ou d’un enfant de cœur.
Ces soirées n’étaient pas désagréables puisque j’étais tout de même auprès d’Isabelle, même si ces fois là ce n’est pas à moi qu’elle tenait le bras.


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Dans les cendres de l'Amour. Page 60.

Publié le 08/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.

Lors des vacances estivales cette année là, comme je me suis retrouvé une nouvelle fois seul tout un mois alors que mes parents prenaient du repos sur la côte atlantique, il est arrivé parfois que nos sorties nous conduisent à Vougeot, à la maison où nous pouvions disposer de tout notre temps sans être dérangés.
Je me trouvais alors en compagnie de deux couples : Christophe et Christelle, et Isabelle et Thierry. Chacun d’eux s’installait dans une pièce, une chambre, et moi je rejoignais dans le jardin la tente où j’aimais passer ces nuits d’été…..

Mon cerveau se déconnectait de cette réalité qui sans cesse me taraudait. Il se contentait de rendre service, d’être celui qui leur permettait de se retrouver, tout en sachant là encore que la morale était sauve car Isabelle et Thierry ne franchissaient pas une certaine limite.

Une autre fois j’ai voulu marquer l’esprit de Thierry. Pour son anniversaire je me suis un peu forcé à lui offrir un cadeau. Comme il fumait j’ai choisi de lui acheter un beau briquet or, paquet cadeau que j’ai confié à Isabelle.
Forcé, mais pas tant que cela en fait. J’avais avec ce geste un objectif : qu’il m’apprécie encore un peu plus et que ce cadeau reçu soit l’occasion pour Isabelle d’entendre parler de moi par une autre personne. Leur faire penser aussi que j’étais de ceux qui n’étaient pas invités ce jour là….
J’ai réussi au delà de ce que j’avais espéré. Thierry forcément très surpris de ce présent inattendu m’a en retour transmis ses remerciements.
Ils me sont parvenus sous la forme d’une cassette audio dans laquelle étaient enregistrées des chansons de Georges Moustaki et de Marie Laforêt. A ces chansons étaient ajoutées les paroles de Thierry qui m’expliquait : sa grande surprise de recevoir ce très beau briquet, ne pas comprendre le pourquoi ni comprendre à quoi il devait cette « estime.»
C’est avec Isabelle que j’ai écouté cet enregistrement.

Le feu qui en moi brûlait et brûlait encore, commençait à attaquer mes dernières barrières de protection. Bien que le centre de l’incendie reste d‘Amour, les flammes qui se répandaient devenaient destructrices, consumaient tout ce qu’elles touchaient.
Avec les béquilles, les plâtres et les bandages de mon être intérieur, je n’avais pas la possibilité de les fuir, figé, cloué que j’étais par cette situation que je n’arrivais pas à expliquer, par cette incompréhension de moi même.
J’essayais de me protéger en me réfugiant dans les pages de mon cahier où je tentais comme un pompier, de coucher sur ses feuilles les flammes de mon cœur que je pensais ainsi pouvoir étouffer.





1984 assis sur ma moto les premières voitures viennent stationner sur le parking de l’église. Des gens en costume que je ne connais pas, passent près de moi en se demandant certainement ce que fait ce motard si près de l’entrée.
Le prêtre que je connais bien lui, sort du presbytère, prend la direction de l’église puis s’arrête à ma hauteur.
« Bonjour Max! alors tu es de la fête ? Tu as peur d’attraper froid que tu ne rentres pas dans l’église ? Ou tu veux rentrer avec ta moto ?
-Mon père c’est vrai qu’il fait meilleur dehors sous ce soleil, et vous n’êtes pas loin de la vérité, je rentrerais bien avec ma moto, mais seulement parce que je n’ai pas été convié à cette cérémonie.
-Oui! on me l’a dit, ne fait pas de bêtises... Mes prières iront vers toi Max. »



Dans les cendres de l'Amour. Page 61.

Publié le 11/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.

Dans les cendres de l'Amour. --- Réunion au presbytère. ---



Sur ces mots le père Debort m’abandonne et s’en va préparer son office. Il y a bien des années que nous nous connaissons.
Bien sûr il y à eu le catéchisme, époque où je m‘évertuais à décortiquer ce que l’on essayait de nous expliquer. Mais grandir dans la foi sans avoir besoin de comprendre comment d’un bâton levé on pouvait séparer les eaux de la mer n’était pas mon fort, et de cette période je ne conserve que le souvenir d’un échec.
C'est une barrière que j’avais dressée entre moi et lui qui représentait certaines idées que je savais non conformes aux miennes.
Mais il y à eu Isabelle.

1977 les vacances d’été sont déjà loin derrière nous. Cette année encore nous les avons employées au travail, en sorties, ballades et baignades, sources de plaisirs partagés malgré que je me sente un peu à l’écart de ce groupe où chacun avait un amoureux.
Bien que nous soyons souvent tous les quatre : Christelle, Isabelle, Christophe et moi, j’étais le seul à ne pas vivre l’ambiance de couple.

Il me semblait aussi qu’Isabelle commençait à se fatiguer des marques d’attention que je pouvais lui porter, même si j’essayais de les faire aussi discrètes que possible, même si je tentais d’être effacé.
Elle m’a avoué avoir eu une lueur d’espoir lorsqu’une après-midi à Saule Guillaume je me suis fait « draguer » par une fille. Une belle fille c’est vrai, mais je n’avais pas la présence d’esprit de remarquer qu’elle cherchait à établir un "contact", et cela n’aurait rien changé que j’en sois conscient. Je n’avais dans mon cœur de la place que pour une personne.

Espoir de me voir occupé à penser à une autre, espoir de ne plus me sentir en peine pour elle, espoir certainement aussi de moins se sentir étouffée par ma présence.

La rentrée scolaire nous a conduit avec Isabelle et Olivier à mieux connaître Beaune, à partager aussi nos moments de trajets. Une autre vie commençait, celle qui allait nous préparer à nos futurs métiers, celle qui nous faisait découvrir après toutes ces années passées au collège de Nuits, un autre milieu, d’autres gens, une forme de liberté nouvelle.

J’avais donc conscience de peut être écraser Isabelle par les lourdeurs que mes sentiments pouvaient lui faire subir. Pour ne pas la gêner j’essayais de me faire aussi petit que possible, n’apparaissant que lorsque qu’elle me semblait dans le besoin, besoin de parler, besoin de partager ou de s’évader….Mais cela ne me suffisait pas.

Puis un jour j’ai appris qu’avec ses deux frères elle participait au presbytère de Gilly chez le père Debort, à des rencontres de réflexions. Réunions dans lesquelles certains jeunes se retrouvaient et débattaient sur un thème donné.
L’idée de participer à ces soirées qui avaient lieu généralement en fin de semaine m’a paru intéressante, au moins sur deux points essentiels.
Le premier était le fait d’avoir la possibilité d’être présent là où se trouvait Isabelle, sans pour autant chercher spécialement à lui parler ou à l’envahir.
Le deuxième était de me voir offrir l’opportunité de partager de nouveaux sujets de conversations dont les thèmes seraient indépendants de nos situations respectives, mais liés aux sujets de ces soirées.

Là encore je me suis lancé.
Alors que je l’avais rencontré chez Isabelle, levant la barrière que depuis longtemps j’avais dressée entre lui et moi, le père Debort à qui je demandais quel était le but des réunions dont j’avais entendu parler, m’a invité à venir essayer d’y participer.

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Dans les cendres de l'Amour. Page 62.

Publié le 12/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


C’est pour cela que je me retrouve le samedi soir sur ma mobylette circulant route de Gilly pour me rendre au presbytère, mais je ne suis plus très sûre d’avoir eu une bonne idée.
Lorsque j’ai annoncé à Isabelle que j’étais invité à participer à ces réunions elle n’a pas semblé enthousiasmée, et cette absence de réaction positive a un peu freiné mon élan.

Je tente comme je peux de me mêler à ce groupe dans lequel je ressens la différence qui me sépare de presque chacun de ses participants. Seul Mikaël et peut être Patrick ont une mentalité assez proche de la mienne. C’est d’ailleurs Mikaël qui un soir en sortant de chez le père Debort me dit :
« Max il commence à faire froid, tu ne dois pas avoir chaud sur ta mobylette. Viens directement chez nous pour les prochaines fois, comme cela nous ferons le reste du trajet ensemble.»

Quelle aubaine, je n’en avais pas espéré tant. J’ai donc eu de cette manière cet hiver 1978, la possibilité de retrouver Isabelle le samedi soir : chez elle lorsque j’arrivais un peu en avance, dans la voiture lors des trajets, puis dans ces moments chez le père Debort.

Je n’en conservais pas moins mes plâtres, mes béquilles, mes bandages, et je n’ai perçu que trop tard cet enlisement dans lequel je m’enfonçais alors que je pensais pouvoir trouver un appui, rehausser mon moral.

Aux cours de ces rassemblements Isabelle, je ne pouvais que le sentir, se tenait distante ; elle faisait partie d’un groupe et je venais l’envahir même là…
Dans la petite chapelle de la maison, alors que nous étions réunis à partager des idées ou pour méditer, c’est le feu de l’Amour qui détruisant les dernières barrières de mon cœur, devenait les flammes de l’enfer.
Les premières fois où sur le chemin de l’aller je laissais ma mobylette chez eux pour profiter du trajet en voiture, lorsque j’arrivais un peu en avance, Isabelle prenait le temps de discuter de choses et d’autres avec moi, puis elle a fini par ne plus que me faire entrer dans la maison me laissant attendre presque seul le moment du départ.
Mon malaise, mon mal être ne faisait que grandir.

Pendant ce temps, mon cahier d’écolier continuait de se remplir d’une encre noire.
J’avais acheté à nouveau l’album de Gérard Lenormand, mais cette fois sous forme d’une cassette audio, ainsi que ceux qui ont suivi après.

Olivier ne manquait pas de se moquer des réunions faites chez monsieur le curé et des chansons que j’écoutais…. Pour lui Gérard Lenormand était limité au « Gentil dauphin » et à « La ballade des gens heureux. »
En dehors de ces deux là qui pour moi ne résonnaient pas, j’aimais toutes ses chansons, peut-être parce que la nostalgie prédominait; mais plus que toutes les autres, dans ce tourbillon de feu, je ne cessais d’écouter: « La mort du cygne » et « Comme une rose noire.»

Les réunions à Gilly s’enchainaient. Plusieurs fois, pour éviter cet affrontement moral avec Isabelle, j’avais refait le trajet seul en mobylette jusqu’à Gilly, en prenant soin de faire prévenir Mikäel qu’il ne fallait pas m’attendre.
A chaque fois il était revenu à la charge et avait à juste titre insisté pour que je reprenne avec eux le trajet en voiture, afin que je ne subisse pas trop la rudesse de l’hiver.
« Mais bon sang pourquoi ne veux tu pas profiter de la voiture, il y a de la place, et cela ne me dérange pas Max ! » me disait-il.

Inévitablement l’incident devait arriver.




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Vidéo Youtube





Dans les cendres de l'Amour. Page 63.

Publié le 13/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
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Dans les cendres de l'Amour.


Mikaël ne pouvait connaître mon tourment et n’avait pas à en subir les conséquences, ou à penser qu’il aurait pu commettre une action qui m’aurait fâché au point de ne plus vouloir accepter son offre de transport.
Une fois encore j’ai pris sur moi, une fois encore l’acide qui me rongeait restait invisible de l’extérieur.

Pourtant un de ces samedi soir, je suis arrivé chez Isabelle pour attendre l’heure du départ en voiture. Il pleuvait. Madame Souvignet qui m’a vu arriver n’a pas voulu que j’attende à l’extérieur, elle m’a demandé de la rejoindre à l’étage alors que j’aurais pu rester au sous-sol.
Mikaël avait été retardé et n’était pas encore prêt.
Je venais de surgir dans le couloir quand Isabelle est passée devant moi avec un bonjour, sans s’arrêter en rejoignant sa chambre. Quelques secondes je me suis retrouvé seul dans ce couloir, comme ignoré, à me demander ce que je faisais là.

Il n’en a pas fallu plus pour que le barrage de ma raison finisse par céder, il n’en a pas fallu plus pour que les dernières limites de l’incendie destructeur soit atteintes, incendie qui maintenant n’avait plus de limite.

Seul dans ce couloir, j’ai alors rebroussé chemin. Je suis rapidement sorti de la maison, pour enfourcher ma mobylette et retourner vers le refuge de ma chambre.
Je venais de franchir un cap, je venais d’avoir une attitude de colère; c’était la première fois qu’Isabelle allait constater que j’étais mécontent, la première fois que je lui tournais le dos.
Et là encore, elle n’était pour rien dans ce qui m’arrivait, j’étais le seul à qui l’on aurait pu faire des reproches.

Mes parents étaient absents ce soir là, moins d’un quart d’heure après mon retour j’ai entendu sonner à la porte de la maison. Il faisait déjà nuit, mais en descendant l’escalier pour arriver jusqu’à la porte d’entrée, en voyant la voiture qui attendait moteur en marche devant la maison, en distinguant la silhouette dont la main était encore sur la sonnette, j’ai réalisé qu’Isabelle était là, à attendre que je vienne lui ouvrir.

L’emballement soudain des battements de mon cœur m’a un peu freiné, c’était la première fois qu’elle venait sans être accompagnée de Christelle et de Christophe, j’ai hésité à lui ouvrir la porte.
« Allez Max, ouvre-moi. » m’a t-elle lancé sur un ton suppliant.

La partie haute de la porte d’entrée était faite de vitres qui s’ouvraient vers l’intérieur et protégées par une ferronnerie d’art.
Je m’étais arrêté en bas de l’escalier, je voyais Mikaël au volant de la voiture dont il venait de couper les phares, mais je n’osais pas regarder Isabelle qui se trouvait à quelques mètres de moi derrière la vitre.
Ma colère n’était pas redescendue. Colère envers moi certainement pour être ainsi parti de chez eux sans rien avoir dit à personne. Je m’apprêtais à remonter dans ma chambre.

« Max attends ! ouvre-moi s’il te plait. »

Je me suis avancé jusqu’à la porte que j’ai laissé fermée. J’ai seulement ouvert la vitre, la grille séparait nos visages, et là dans le sombre de la nuit, là dans le bleu de ces yeux que j’ai toujours évité d’observer trop longtemps, j’ai vu pour la première fois couler les larmes d'Isabelle.




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Dans les cendres de l'Amour. Page 64.

Publié le 18/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


Comment ais-je pu en arriver là ? Arriver à faire du mal à celle que je voulais protéger, protéger des autres, protéger de moi. Comment gérer cette situation dans laquelle je me trouvais face à mon échec et face à l’incompréhension d’Isabelle ?

Des larmes coulaient de ses yeux, mais après tout je ne savais pas pourquoi. Je pensais qu’elle avait du avoir des reproches de son entourage pour m’avoir laissé seul chez elle et que peut-être, on l’avait obligé à venir jusque là pour s’excuser, contre son gré, provoquant ces larmes..

« Pourquoi es-tu là Isabelle ?
-Mikaël m’a fait remarquer que tu étais parti lorsqu’il m’a demandé où tu étais. Je suis désolée pour tout à l’heure: de t’avoir laissé seul. Viens avec moi, nous sommes venus te chercher pour aller à Gilly.
-Non Isabelle je ne viendrai pas. Qui est avec toi dans la voiture et pourquoi n’avez vous pas pensé que j’étais déjà à Gilly ?
-Mikaël nous attend, il est un peu fâché contre moi et nous revenons de la cure, tu n’y étais pas, allez viens ! Tu veux te faire prier ?
-… Non Isabelle certainement pas, laisse moi maintenant s’il te plait, je reste là, je ne viendrai plus à ces réunions. »

Sur ces mots, alors que je repousse la vitre, Isabelle passe quelques doigts au travers de la grille, m’empêche un instant de la fermer en me demandant une nouvelle fois de revenir sur ma décision. Puis c’est le cœur en torture que je la vois me tourner le dos et la tête basse rejoindre son frère, puis la voiture quitter la place.

Une fois encore je me retrouve face à moi-même. J’aurais pu lui proposer d’entrer, entamer une discussion dans laquelle je lui aurais tout raconté depuis le début, au point où j’en étais…
Mais mon choix a été différent; je suis conscient d’avoir franchi une étape et en regagnant ma chambre, je réalise à quel point la torture que je m’inflige peut faire mal. Je ne sais plus où j’en suis.

Je ne sais plus où j’en suis, je n’ai que la solution de me réfugier dans les paroles des chansons de Gérard Lenormand.
J’ai l’impression en les écoutant que ma situation a un écho, j’ai l’impression qu’elles sont la vérité que doit entendre Isabelle, qu’elles sont le reflet de mon âme, reflet qu’elle aurait dû voir toute seule.
Mais c’est moi que je dois fustiger, moi qui seul me suis conduit à cette situation. Je me souviens de ces premiers temps où je la rencontrais, quand je voyais au fond du tunnel de souffrance de mes Amours passés, poindre cette nouvelle lueur.
Je me souviens malgré mes peines passées m’être autorisé à avancer pour voir de plus près ce qui brillait au loin.

Je me suis avancé et j'ai continué d’avancer en lâchant la rampe; et en cessant d’être prudent, je me suis rempli de cette lumière qui m’a ébloui et a créé le feu qui doucement est venu ronger les protections que depuis tant d’années j’avais mis en place.

Je cherche mon cahier, il faut que je sorte ce que j’ai en moi, il faut que j'arrive à gérer l'ouragan de cette tourmente.




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Dans les cendres de l'Amour. Page 65.

Publié le 19/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


C’est une période de ma vie où je me suis découvert le plaisir d’écrire. Je n’ai jamais tenu de journal intime car je pensais que c’était réservé aux filles de tenir ce genre de document.
Filles qui, pas toujours mais souvent l’air de rien, essayent de faire savoir à qui veut bien les lire, les évènements de leur vie, leurs joies et leur peines.

Plaisir d’écrire au fil de l’eau mes ressentis, plaisir de traduire mes émotions par des mots.
C’est ainsi que doucement je remplissais les feuilles de mon cahier.

Au commencement, je déversais sur ces pages des textes construits. Il ne s’agissait pas d’un récit journalier non, mais plus des textes à chansons car j’avais un peu l’ambition de pouvoir chanter ce que j’écrivais. Je ne connaissais que cinq accords sur ma guitare, mais avec cela je me voyais ayant un jour la capacité de traduire pour Isabelle ce qui m’arrivait.
En fait je ne suis jamais allé au-delà de l’écriture.

Puis au rythme du feu qui brûlait en moi, au rythme des coups que j’encaissais, je suis passé assez rapidement des textes à chansons aux poèmes.
Qu’est ce qu’un poème ?
Pour moi c’était un texte, une suite de rimes rythmées et surtout, dont le sens pouvait être double.
Même si ce n’était pas mon souhait, je pensais que quelqu’un pourrait un jour trouver ce cahier et je n’avais aucune envie de livrer ce que je vivais. Je codais donc à ma manière ces écrits.
Mais c’était au début. Maintenant je n’avais plus le temps, plus la force en rédigeant de dissimuler ce qui me taraudait. Je n’avais plus envie de travestir quoi que ce soit, je voulais laisser une trace de ce qui m’arrivait.
Puis d’une trace à laisser, c’est une aide que j’essayais de trouver, l’aide improbable d’une fin, car seule une fin pouvait me sortir du piège dans lequel je m’étais enfermé.

Je ne voyais pas comment après tout ce temps, après toutes ces pensées uniquement consacrées à Isabelle depuis tant de mois je pourrais passer à autre chose, comment je parviendrai à l’oublier.
Plus maintenant que je m’étais englué dans l’espoir qu’un jour elle verrait que je suis là, que je suis celui qu’elle cherchait.
Dieu seul sait toutes les prières que je lui ai adressées : « Dieu fait qu’un jour Isabelle m’aime…. »
Avec les prières je n’ai pas loupé une occasion de faire un vœu.
Combien ai-je effeuillé de pâquerettes innocentes pour deviner si elle m’aimait, un peu à la folie ou pas du tout ?…
Combien d’allumettes enflammées ai-je tenues jusqu’au bout pour avoir le droit de faire un vœu ? Combien ai-je attendu de voir : la première étoile filante, la première hirondelle, le premier flocon de neige pour à cette occasion, faire monter au ciel mes vœux ?

Jamais je n’ai perdu espoir, jamais jusqu’à maintenant. mais là vraiment, il fallait que je parvienne à trouver une fin à ce supplice.


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Dans les cendres de l'Amour. Page 66.

Publié le 21/06/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- L'ombre de la mort ---



Je ne sais plus où j’en suis, mes prières s’évanouissent dans les flammes du feu qui me dévore et avec elles, tout espoir que je puisse retrouver une relation normale avec Isabelle.

La normalité serait d’arriver à lui parler, la regarder sans que mon cœur dérape ; la normalité serait qu’elle ne soit qu’une fréquentation avec qui je partage quelques instants de vie et non plus cette fille que je veux entourer, protéger, approcher ; cette fille dont j’ai toujours voulu éviter de fixer trop longtemps le regard, de peur de me noyer au fond de ses yeux, Isabelle dont les éclats de rire lardaient sans cesse mon coeur.
La normalité serait d’arriver à lui dire :
« Isabelle je t’ai aimé, malgré moi, malgré toi, dans la souffrance de mon silence. Isabelle c’est fini, je tourne la page et je reste l’ami sur qui tu peux compter.»

Voilà la situation à laquelle j’aurais dû aboutir. Mais seul et sans renfort, toutes mes tentatives pour étouffer les flammes qui me minaient n’avaient abouti qu’à me faire courir en tout sens.

En fait de tourner la page, ce sont les pages de mon cahier que je tournais, continuant de les couvrir d’une encre et de mots de plus en plus noirs. Immanquablement elles ont fini par se recouvrir d’un voile.
Un voile noir qui ne pouvait qu’être libérateur.
Mes textes appelaient à l’aide, mes textes imploraient le secours universellement libérateur.

Même si mes actes restaient posés, encore contrôlés, mes espoirs embrouillés, mes pensées éclatées n’attendaient plus qu’un événement, n’attendaient plus que son passage.

Dans les lignes de mes écrits j’invitais la grande dame.
Je la désirais tant, que je ne comprenais pas qu’elle soit décrite si effrayante. Je la désirais tant, que je ne voyais ni la noirceur de son long voile, ni le tranchant de sa faux.

Je ne jouais pas encore avec elle, mais je l’attendais. Mes prières n’étaient plus adressées au ciel pour qu’un jour Isabelle m’ouvre son cœur, mais sondaient la frontière de la vie pour que dame la mort ouvre sa porte et vienne abréger mes tourments.

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