Posté le 31.03.2008 par aimerpourlavie
Sur la route du bonheur.
Quarante cinq ans de cheminement, poussé par les évènements, guidé par la vie, telle est la route qui m’a conduit au bonheur ultime.
La recherche du bonheur, c’est ce que chaque être vivant recherche.
Comment croire celui qui dit l’avoir trouvé ?
Quelle définition doit on donner au bonheur ?
Est-il personnel, est-il universel ?
Vivre dans le bonheur est pourtant si simple….
A suivre…
Posté le 01.04.2008 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.
Page38
Alors que tous les deux nous sommes pensifs plongés dans nos réflexions sur la vie humaine,
j’entends un clocher sonner deux heures. Le temps n’attend pas, pourtant il semblait suspendu dans notre discussion projetée dans le passé et imaginant le futur.
Nous sommes vraiment bien ici dans la douceur de la nuit, bercés par le chant des grillons.
Déconnectés de ce qui se passe autour de nous, c’est comme si nous marchions tous les deux dans les étoiles.
« Isabelle que voulais-tu me demander?
-Je voulais ce moment partagé, et je crois qu’il restera dans mes souvenirs comme une très belle soirée.
Lundi je ne serais plus là, nous allons deux semaines en vacances dans la famille, ensuite j’ignore ce que nous ferons jusqu’à la rentrée. Aussi avant de partir, je voulais te demander une faveur. »
Nous y sommes, je vais enfin connaître la raison de ma présence ici ce soir. Mais je sais déjà quel que soit ce qui va être dit, que j’aurai vécu les moments les plus intenses de ma vie.
Non pas qu’avec Isabelle nous ayons fait ou dit des choses extraordinaires, mais ces heures passées j’ai été projeté au centre même du magma de mes émotions, magma qui bouillonne depuis quelques mois pour, ces jours ci, me ballotter comme un bouchon dans ses flots tumultueux.
Et là, revenu à un peu plus de réalité à l’écoute de ce qu’elle va bien pouvoir me dire, je suis plongé dans une vibration particulière.
« N’hésite pas vas y Isabelle, tu sais que tu peux me demander tout ce que tu veux. »
En disant cela, je me suis relevé pour, assis sur la route, la regarder et écouter ce qu’elle va finir par m’annoncer.
Elle fait de même et son visage qui fait face au mien couvre tout mon champ de vision, éclipsant en cet instant le ciel étoilé.
« Max, j’aimerai que tu sois mon ami.
-….. »
Son sourire en coin, les plis sur son front me laissent deviner qu’elle est un peu inquiète de ma réaction.
« J’ai beaucoup hésité à te le dire. Danielle m’avait aussi conseillé de ne pas te demander cela, et Christelle doit penser la même chose.
-Danielle t'a t-elle dit pourquoi?
-Non, je pense qu’elle avait peur que tu te sentes obligé ou alors qu’il est plus naturel qu’une amitié existe entre filles ou entre garçons, mais pas entre une fille et un garçon. »
Le gong sonne dans ma tête, le volcan qui frémissait en moi vient d’exploser. Je sens son feu qui se répand dans mes veines, je sens le soulagement de cette implosion. Soulagement d’une incertitude qui s’efface.
Posté le 04.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
Page39.
L’incertitude de penser que je pouvais l’ennuyer, l’incertitude de penser qu’elle avait deviné mes sentiments et que ses mots seraient pour me dire qu’il ne fallait pas aller plus loin.
Non au contraire, elle me demande d’être son ami.
Si j’ai bien perçu la personnalité d’Isabelle, ce n’est pas rien. Un ami c’est la personne sur qui on peut compter à n’importe quel moment. Un ami c’est celui qui est là pour nous aider, nous comprendre, nous consoler, pleurer ou rire avec nous.
Donc c’est beaucoup. Beaucoup car celle que j’aime, me demande d’être là à son écoute, de répondre présent si elle appelle, d’être l’épaule sur laquelle elle pourra s’appuyer.
S’il le fallait, je dormirai devant sa porte pour qu’Isabelle voie combien est grande mon Amitié pour elle.
Je suis un instant distrait par la lumière qui s’allume chez elle dans la cuisine. Il me semble percevoir derrière le rideau la silhouette de madame Souvignet qui brièvement, regarde dans notre direction puis la lumière s’éteint.
« Max tu ne réponds pas ?
-Ho si, si ! J’étais un peu perdu dans mes pensées. Tu sais, personne ne m’a jamais demandé cela, et tu ne peux pas imaginer à quel point pour moi c’est une chose importante, en plus venant de toi.
Je suis heureux que tu me fasses cette requête Isabelle, bien sûr que j’accepte.
-Merci, j’avais un peu peur que tu refuses. »
Ma veste de treillis sur les épaules, les cheveux encadrant son visage, Isabelle me fait face et me sourit. Je ne sais pas ce qu’elle dégage, mais je le ressens très fort, et là encore je prends conscience que nos deux cœurs sont en intime liaison.
Le sait-elle aussi ? Je ne le crois pas. Elle est dans l’innocence des évènements qui nous lient et c’est cette innocence que je dois ressentir.
Je n’arrive pas à deviner quel est le dessein de ces évènements.
Je viens de comprendre que c’est cela qui émane d’Isabelle, cette innocence qui lui permet d’être si souvent dans le rire et dans la joie de vivre.
Des idées se mettent en place, partent de mon cœur pour envahir ma tête. Il me semble percevoir au fond de moi la nécessité de protéger cette innocence et que peut-être, telle est la raison de ma présence ici ce soir.
Un coup d’œil à ma montre, trois heures du matin. Je pense que d’ici peu je dois me rendre au travail, mais je n’ose rompre le charme de cette nuit.
Mon émotion est encore forte et je fais le pitre sur la route. J’essaye de m’envoler pour me fondre dans étoiles, à Isabelle qui rit de mes bêtises je dis :
« Tu vois, si je suis là haut, je te verrai tout le temps et tu n’auras qu’un signe à me faire pour que je sois là.
Une voiture arrive sur notre route, je me relève, tend la main à Isabelle qui la saisie pour se relever plus facilement.
Posté le 13.04.2008 par aimerpourlavie
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Cette soirée est un tournant dans notre relation amicale qui débute. Un palier vient d’être franchi. Je me souviens qu’il y a quelque temps je m’étais conseillé de procéder par étapes, comme pour un animal que l’on cherche à apprivoiser.
Je réalise que j’en suis là et bien plus encore.
Quoi qu’il arrive, quel que soit l’événement ou la distance qui nous sépare, par sa demande et par ma réponse je suis lié à Isabelle.
Voilà presque six mois que je l’ai rencontrée. Six mois que sur le chemin de nos vies nos âmes se sont trouvées et que pour cette fille mon cœur à pris un rythme différent.
En cet instant alors que je l’aide à se relever, c’est lui que je dépose dans sa main.
Alors que j’enserre délicatement la douceur de ses doigts et avant de les lâcher je n’ai qu’une envie. Une envie poussée, rythmée par les battements à tout rompre qui frappent dans ma poitrine.
Je m’imagine poser mes mains sur ses épaules, mes mains qui doucement viennent lui encadrer le visage pour que son regard comprenne dans l’intensité du mien, la sincérité qui m’anime en lui exprimant la réalité de mes sentiments.
Je m’imagine lui dire : « Isabelle, que ce soir les étoiles soient mes témoins pour entendre et confirmer ce que j’ai à te dire ; Isabelle je t’aime, et je crois que c’est depuis toujours…. »
Je m’imagine même ayant un malaise qui me met aux portes de la vie, et avant de les franchir, la remercier d’avoir été sur mon chemin.
Mais tout cela reste imaginaire.
Une fois encore, par peur de la perdre, je décide de bloquer le désir de lui avouer cette vérité et à tout perdre, je préfère jouer la carte de l’amitié.
Je lui lâche la main, son bras vient naturellement se poser sur mon épaule le temps que nous quittions la route pour aller nous asseoir sur le muret de sa maison.
La voiture est passée, la nuit retrouve son calme mais pas moi.
Nous devisons encore un peu, nos sujets sont plus légers mais je ne suis plus à l’ambiance.
Je pense avec peine qu’il me faut rentrer pour me reposer avant ma prochaine journée de travail. Avec peine car je crois savoir au fond de moi que cette nuit est unique.
Unique par l’isolement provoqué par les évènements qui nous ont permis de rester seul ce soir.
Unique dans la vibration particulière créée par cette soirée d’été avec; sa douceur, avec l’ambiance d’un ciel étoilé qui me semblait complice de la tension qui nous unissait, tension de l’attente de ce que chacun allait dire.
Unique car Isabelle part pour plusieurs semaines pendant lesquelles beaucoup de choses peuvent se passer. Son cœur est libre lui.
Devant mon soudain silence elle me demande si quelque chose ne va pas. Je n’ai aucun mal à répondre, mais je force mon sourire.
« Tout va bien. Seulement il faut que j’y aille, je travaille dans quelques heures. J’aimerais pourtant que cette nuit se prolonge ou se renouvèle d’autres fois.
Je suis trop bien ici avec toi.
-Max, tu sais que tu peux venir quand tu veux.
-Je sais, mais je sais aussi que souvent ce sont des banalités que l’on place dans la conversation.
-Non je t’assure, me dit Isabelle le sourcil étonné de cette méfiance.
-Avant de partir j’ai une question à te poser. Tu te souviens, dans le bus la première fois ? Pourquoi t’étais tu assise à côté de moi alors que l’on ne se connaissait pas et qu’il y avait de la place ailleurs ? »
Ma question la surprend un peu. Elle semble chercher la réponse qui finit par arriver.
« Je ne sais pas, je ne me souviens pas trop. C’est important ? »
Posté le 16.04.2008 par aimerpourlavie
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Page41.
Sans plus d’explication je raccompagne Isabelle jusqu’à sa porte. Elle me remercie encore d’avoir été là et de lui avoir fait vivre cette soirée particulière.
Je la quitte en prononçant un : « bonsoir à bientôt, tu m’appelles quand tu veux. »
Sans plus, je ne pense même pas à laisser de bise sur ses joues.
Je fais le chemin du retour jusque chez moi, la tête dans les étoiles, le cœur gonflé de toutes les tensions et de toutes les émotions contenues de ces dernières heures.
Heureux de la confiance et donc du privilège qu’Isabelle m’accorde.
La tête heureuse de ce que je venais de vivre mais tout de même préoccupée.
Si Isabelle avait obtenu de moi mon amitié, qu’avais-je assuré de mon côté?
Certainement pas la facilité de lui ouvrir mon cœur.
Je n’avais qu’une seule interrogation en tête : ai-je fait le bon choix en répondant oui à sa demande ?
N’aurait-il pas été plus prudent de prendre le temps de la réflexion? Peut-il y avoir compatibilité entre amitié et amour ? n’est-ce pas le sacrifice de l’un pour l’autre ?
Ne dois-je pas profiter de cette relation de confiance pour justement lui expliquer en prenant garde de ne pas l’effrayer, que j’éprouve à son égard beaucoup plus que de l’amitié?
Le sommeil me surprend alors qu’étendu sur mon lit, je cherche encore à trouver la réponse à cette question.
La nuit ne m’a pas vraiment apporté de réponse, au contraire, je me réveille avec d’autres interrogations.
Mes quelques heures passées à dormir ont été agitées par un rêve indéfinissable.
Je voyais quelqu’un attendre dangereusement sur la voie de chemin de fer qu’un train arrive, et de cet endroit on apercevait la maison d’Isabelle.
Plus tard je me suis vu une gerbe mortuaire à la main. Je ne comprends pas ce que cela signifie. Je n’ai jamais prêté attention aux explications des rêves. J’oublie bien vite ces images qui n’ont pas leur place dans mon état d’esprit.
La fin de la semaine s’est écoulée dans l’impatience de revoir Isabelle avant qu’elle ne parte en vacances. J’ai rongé mon frein pour ne pas lui imposer ma présence en attendant samedi. Pour m’aider à tenir, après ma journée à l’usine je retrouve Christophe à la piscine. Il est plutôt satisfait de sa situation de convalescent, mais il lui tarde tout de même de retrouver le travail et Christelle.
Je lui ai raconté ma longue soirée avec Isabelle. Il a du mal à croire et à comprendre que je n’ai rien tenté pour l’embrasser, rien tenté pour l’enlacer ou pour lui dire ce que j’éprouvais.
Il m’a laissé entendre qu’elle avait peut être provoqué ce rendez-vous dans l’espoir que j’ai un peu d’audace, « toutes les filles sont pareilles » m’a t-il dit.
Bien sûr j’ai défendu « l’honneur » d’Isabelle en lui expliquant qu’elle n’avait rien de toutes les filles justement.
Quand je lui ai demandé pourquoi à ma place il aurait agi ainsi, la seule réponse qu’il ait pu me donner est :
« C’est comme ça que les garçons et les filles montrent qu’ils s’aiment !
-Qu’ils s’aiment ! ou qu’ils veulent passer aux travaux plus pratiques ? Dis moi comment toi tu conçois l’Amour.
-Moi je ne conçois rien du tout. Tu verras il n’y a rien de mieux que d’avoir une fille dans ses bras, c’est tout ce qui compte.
-Alors je ne dois pas être comme tout le monde.
Je préfère arroser la jeune pousse, regarder la fleur éclore du bourgeon, voir ses pétales s’ouvrir et embellir le paysage toute sa vie au lieu de la couper et la regarder mourir dans mon vase. »
Posté le 18.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
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Aujourd’hui ce samedi est un jour particulier. J’arrive en vue de la maison Souvignet
où doit être fêté l’anniversaire d’Isabelle. Je suis là pour répondre à l’invitation lancée par sa sœur. Comme à aucun moment Isabelle ne m’a fait part de cette journée, je me suis convaincu qu’elle ignorait que quelque chose était préparé.
Je suis là aussi car, un peu poussé par Christophe, j’ai fini par décider de confier à Isabelle mon tourment.
Je vais lui expliquer que je me suis laissé porter par mes sentiments. Lui expliquer qu’elle n’est en rien coupable de quoi que ce soit, mais que j’ai de plus en plus de mal à contrôler ce que ces absences et sa présence enflamment dans mon cœur.
Lui dire que si mes sentiments n’ont pas d’écho, ils n’ont pas lieu d’exister plus longtemps, et que si tel est vraiment son désir, je les étoufferai pour ne lui donner qu’une Amitié sincère et honnête.
La convaincre que ce choix impossible je me sens capable de le réaliser, mais qu’avant de faire ce sacrifice je voulais qu’elle sache. Non pas pour que l’on me plaigne, ou pour obtenir sa compassion et encore moins pour gagner quelque chose, mais pour qu’elle comprenne que si cet effort ne m’était plus supportable, il pourrait subitement me pousser à ne plus jamais vouloir la rencontrer.
Je me suis également dit sans trop y croire, que le côté positif de cette décision serait qu’Isabelle donne un écho favorable à mes sentiments.
Ne m’a t-elle pas confirmé qu’elle m’appréciait ? N’attend-elle pas comme l’a dit Christophe autre chose de moi ?
Je suis vraiment décidé, prêt et motivé pour mettre un terme à cette ambiguïté, et son départ lui laissera le temps de réfléchir à ce qu’elle me répondra.
N’ayant pas pensé à poser de questions lorsque Danielle m’a proposé d’être là aujourd’hui, je ne sais pas si ma présence doit être une surprise ou non. J’essaye donc d’arriver le plus discrètement possible.
C’est pour cela que je coupe le moteur de mon engin avant d’arriver dans la cour de leur maison, et que je chemine sous le balcon pour être dissimulé des fenêtres de la salle et de la cuisine. C’est là que je dépose ma mobylette et que je reste un peu car je ne suis pas rassuré. J’ai vraiment le trac avant d'exécuter ma décision.
Je prends le temps de me calmer en vérifiant que personne ne me voit.
Après une minute où tout continue de se bousculer dans ma tête, je décide de poursuivre mon chemin pour, longeant la maison, passer par le sous-sol.
Et là stupeur! En arrivant devant la porte je suis surpris de constater la présence de la mobylette d’Olivier.
J’ai un serrement au cœur que j’ai du mal à contrôler ; mais bon sang qu’est ce que cela veut dire!
Je suis avec lui toute la journée au travail et il ne m’a pas parlé de son passage chez Isabelle, alors que moi je lui avais confié l’invitation faite par Danielle.
Il y a là vraiment de quoi perdre son calme!
Je comprends de suite que cela signifie pour moi, l’impossibilité de parler comme je le voulais à Isabelle.
J’en suis un peu essoufflé et je dois faire un effort pour que des larmes ne franchissent pas la frontière de mes yeux.
Je me retiens de ne pas donner un coup de pied dans sa mob, je sais que cela ne changerait pas grand chose.
Sans chercher plus à comprendre, je fais demi-tour, décidé à rentrer chez moi.
Posté le 19.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
Page43.
Je ne suis pas vraiment énervé, c’est très rare que je le sois, mais je suis un peu fâché voire même vexé aussi dans mon amour propre.
Je m’étais sûrement et inconsciemment imaginé être le seul invité, être celui qui est le « plus digne » de participer à cette réunion familiale. C’est certainement cela qui me fait réagir ainsi, mais qu’Olivier ne m’ait rien dit sur l’invitation qu’il à dû recevoir augmente ce sentiment de vexation.
De nouveau sous le balcon, je m’assois sur ma mobylette pour prendre le temps de la réflexion. J’ai dit à Danielle que je serais là aujourd’hui et ça me déplait de la décevoir. Ce qui sera le cas si je pars.
Pourtant je ne me sens ni le courage, ni l’envie de me forcer de les rejoindre. Je préfère partir maintenant.
« Hé ! Salut max, tu rêves ou tu te caches la dessous ? »
La voix qui m’interpelle est celle de Christelle. Je me retourne pour la voir arriver. Elle finit de traverser la rue pour entrer dans la cour.
« Alors ! Que fais-tu là sous le balcon ? me demande t-elle. Tu montes avec moi ?
-J’étais en train de me dire que je suis venu les mains vides et que cela ne se fait pas trop lorsque que l’on est invité.
-Parce que tu crois que l’on nous invite pour arriver avec un paquet à la main ? Mais non, ce n’est pas comme cela ici. Allez viens, nous allons arriver en retard. Moi je rentre de courses avec maman. Mais toi, tu n’allais quand même pas repartir parce que tu es venu les mains vides ?
-Si je crois. J’hésitais à prendre ma décision quand tu es arrivée.
-Allez monte avec moi. »
Christelle me prend le bras, me pousse à la suivre.
C’est une chic fille, je n’ai jamais trop pris le temps de détailler qui elle était, mais je comprends qu’elle devine pas mal de chose. Elle est discrète et toujours de bonne humeur.
Au fond je suis heureux de son arrivée. Je m’en serais voulu d’être reparti sans avoir vu Isabelle et d’avoir fait défaut à Danielle.
Dans le sous-sol nous montons l’escalier, Christelle devant, je lui laisse ouvrir la porte du couloir. Je ne sais pas qui je vais trouver et j’ignore si Danielle attends que je fasse ou dise quelque chose.
Ca rigole fort dans la cuisine, je reste sur le pas de la porte. Puis j’entends Christelle qui me dit « viens entre. »
Je respire un bon coup, rectifie mon attitude et franchis le seuil de la cuisine. Avant même d’avoir dit bonjour je constate que seule la famille d’Isabelle est présente. Ses sœurs, son frère Mikaël, madame Souvignet, et Isabelle assis autour de la table discutent et rigolent. Je ne vois pas Olivier.
Je fais une espèce de révérence à la mousquetaire et lance un « bonjour tout le monde, bonjour madame. »
Isabelle est surprise, le sourcil droit relevé je vois bien qu’elle ne feint pas, mais je vois surtout qu’elle sourit.
« Tiens je ne pensais pas que tu serais là, bonjour. »
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Posté le 20.04.2008 par aimerpourlavie
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Danielle ne me laisse pas le temps de répondre : « j’ai proposé à Max d’être présent quand tu souffleras les bougies. Nous sommes tous là, nous allons pouvoir passer au goûter. »
Madame Souvignet qui m’invite à m’asseoir, se lève pour aller chercher le gâteau. Danielle se déplace sur le banc pour que je puisse m’installer à côté d’elle, de fait je me retrouve face à Isabelle toute souriante à qui je demande :
« Olivier n’est pas ici, j’ai vu sa mobylette dans la cour ? »
En posant cette question je sens en moi « s’évaporer » la tension qui tout à l’heure me poussait à partir.
Madame Souvignet revient portant le gâteau dont les bougies sont déjà allumées. Le joyeux anniversaire entonné par l’assemblée reporte à plus tard la réponse à ma question.
Isabelle se lève souffle ses bougies sous la clameur des bravos.
Sur mon visage je sens son souffle, et quand la dernière flamme s’éteint c’est un discret « merci d’être venu » qu’elle m’adresse. Christelle assise à côté d’elle m’observe, le sourire dans les yeux.
Gâteau, boissons fraîches et rigolades accompagnent ce moment de partage. Tout le monde est de bonne humeur, et chacun a une anecdote rigolote pour l’entretenir.
Entre deux bouchées Isabelle se penche vers moi pour me préciser : « Parfois Olivier laisse sa mobylette ici quand il prend le bus. Je crois qu’il est à Dijon aujourd’hui. »
L’après midi déroule très vite ses heures le temps d’une balle aux prisonniers à trois contre trois jusqu’à ce que la maman d’Isabelle rappelle à ses enfants qu’il est temps de penser à préparer les bagages. Le départ pour les vacances a lieu demain.
Ma proposition empressée mais discrète de les aider est acceptée. Ce prétexte me permet de pouvoir rester ici encore un peu avec eux, de rester encore un peu près d’Isabelle, et puis c’est le retour d’Olivier qui vient récupérer sa mobylette.
Après quelques instants à discuter avec tous, il remercie les parents d’Isabelle avant de quitter la maison.
« Attends-moi Olivier je pars avec toi. »
Je décide de profiter de l’intermède créé par son arrivée pour quitter les lieux. Je sais que je vais avoir un peu le bourdon, et si je ne profite pas de cette occasion je risque d’être encore là jusqu’à trois heures du matin.
Isabelle n’est pas là quand je la cherche, je la retrouve dans sa chambre préparant ses affaires.
« Bon, je m’en vais Isabelle. Je vous laisse terminer votre préparation, passe de bonnes vacances là-bas. Au retour tu m’appelles si tu veux.
Tu sais ! si tu as le beau temps, quand tu regarderas les étoiles pense à moi…Je te ferai peut-être signe.
-Max attend, l’autre soir ta question pour la place dans le bus, j’ai la réponse.
-Ah oui ! Tu t’es souvenue ?
-Oui. En fait quand Olivier t’a appelé pour te présenter Maryse, tu m’as souri mais tu n’as pas cherché comme les autres à m’approcher. C’est pour cela et ton sourire je crois, que je me suis assise à côté de toi je voulais savoir qui tu étais, voilà. »
Ces mots résonnent encore dans ma tête alors qu’avec Olivier nous quittons Vosne Romannée sur nos mobylettes.
Ce soir dans le pré de la maison, profitant comme d’habitude de ces soirées chaudes, à l’entrée de ma tente près du feu dont les ombres dansent sur les murs voisins, je suis étendu les yeux rivés aux étoiles..
Je sais qu’une période vient de prendre fin, je sais qu’au fond de moi pointe l’angoisse de la séparation, l’angoisse que les conditions ne soient plus aussi favorables lorsqu' Isabelle sera de retour.
Je me laisse envahir par le sommeil, seul remède qui permet aux tourments de la vie de trouver un temps de répit.
Je me rends compte aussi que ce tunnel au fond duquel j’ai vu poindre à nouveau la lueur de l’Amour, je l’ai franchi malgré moi, aspiré par les évènements de ma petite vie.
Cette lueur reste toujours aussi forte, mais toujours distante aussi.
Autour de moi les parois sont noires et le tourbillon qui m'emporte, me porte,m'entraîne, me secoue, me jette dans la tempête de la vie.
Huit ans plus tard......
Posté le 24.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour. --- Gérard Lenormand ---
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Quelle heure est-il ? Je me suis endormi sans m’en rendre compte. Mince, déjà !
J’ai moins d’une heure pour être sur place. Je me suis assoupi alors que j’ai un impératif.
Aujourd’hui c’est le mariage, et je dois absolument être présent. Je me dépêche de quitter l’appartement, passe mon blouson et attrape mon casque en fermant la porte de l’appartement.
Je ne tarde pas à enfourcher ma 750 CBC, et dans un démarrage rageur je pars pour l’église de Gilly où personne ne m’attend ce samedi de mai 1984.
J’arrive volontairement en avance sur le parking de l’église et je me place sur le trajet que suivra la mariée pour entrer dans l’église. Isabelle ne pourra pas ignorer ma présence et je pourrais la voir dans sa robe de marié.
De sa sortie de voiture à l’entrée de l’église, sera le seul instant de la cérémonie auquel j’aurai le droit d’assister, et personne ne m’en empêchera.
En attendant son arrivée, assis sur ma moto, le casque sur le guidon, une allure à la James Dean, rebelle à cette événement, je ne peux empêcher la bousculade de mes pensées de dérouler le film des années écoulées.
Huit ans ont passés depuis cette nuit sous les étoiles avec Isabelle. Je me souviens comme si c’était hier de la fin de cet été.
Olivier n’a pas continué de travailler en août à l’usine, c’est d’ailleurs moi qui ai repris sa place. Christophe et Christelle se sont retrouvés très souvent, presque à chaque fois en ma compagnie. La maman de Christelle a même laissé entendre qu’elle aurait préféré que ce soit moi le prétendant de sa fille.
Mes parents sont rentrés de vacances, j’ai été un peu plus présent à la maison. Isabelle aussi à fini par revenir. Je me souviens que j’étais impatient de la revoir, mais toujours en retrait de mes sentiments, sur ma réserve.
Le temps doucement est passé, comme les jours ont raccourci. En fait les occupations de chacun nous ont vite amené à la rentrée des classes.
Nous avons encore partagé de bons moments ensemble à quatre ou à deux, et toujours copain copain. Mais autre chose s’était installé entre Isabelle et moi. Pas une distance, mais comme une présence supplémentaire.
La scolarité a redonné du rythme à nos journées. Contrairement à l’année précédente je n’ai pas hésité à me rapprocher d’Isabelle quand l’occasion m’en était donnée, notre amitié est restée la même. Je dirais qu’elle a même pris un caractère plus complice et pourtant …
1977 je suis de passage chez Isabelle, madame Souvignet travaille dans la cuisine, et nous dans sa chambre nous discutons. Alors que la radio diffuse de la musique, Isabelle me dit à un moment précis :
« Max écoute cette chanson, je te la dédie.»
Je prête attention aux paroles alors que la chanson arrive à sa fin. Ce que j’en retiens sont ces quelques mots :
« Tu sais je te comprends très bien, un ami t'en fais pas c'est toujours fait pour ça. Ça joue les seconds rôles ta tête sur mon épaule. Un ami c'est facile ça tient au bout du fil
et tu débarques en pleine nuit. »
Isabelle à qui je demande qui est le chanteur me réponds : « Gérard Lenormand ».
Posté le 27.04.2008 par aimerpourlavie
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Dans les cendres de l'Amour.
Page46
Sur le moment je ne comprends pas trop ce que me dit Isabelle et ne saisis pas le contenu des paroles que diffuse la radio. Aussi à la maison, après l’école et avant de m’endormir, je surveille pendant quelques jours les émissions pour avoir la possibilité d’enregistrer sur ma radiocassette cette chanson.
Cette dédicace est un tournant dans mes choix musicaux, et la découverte de ce chanteur me conduit à deux situations nouvelles.
La première touche les chansons. Alors que jusqu’à maintenant la musique correspondait plus à un bruit de fond dans mon univers qu’à autre chose, afin de savoir pourquoi Isabelle m’a dédié celle-ci, je commence à écouter les paroles que les chanteurs mettent en musique.
En découvrant celles de Gérard Lenormand, c’est comme si j’avais ouvert la porte à un oiseau en cage. Tout ce que j’avais dans le cœur, toutes ces interrogations, tous ces bonheurs, toutes ces humeurs qui quelque part nichaient au fond de moi, ont pris leur envol dans l’air des ces paroles qui résonnent au diapason de mon vécu.
La deuxième est de comprendre la raison de cette dédicace. Je sais qu’elle m’a dit cela pour me remercier d’être ce que je suis, mais je m’interroge pour savoir si je dois être plus ou moins présent, plus ou moins à l’écoute, plus discret ou plus entreprenant, sans trouver la réponse.
Je vois bien que depuis l’année dernière je n’ai pas trop avancé, j’en suis presque au même point. Je suis amoureux en toute discrétion.
Oui bien sûr! je suis devenu un proche d’Isabelle, un proche de sa famille. Je peux même dire que j’ai l’impression d’avoir une deuxième famille.
Mais si moi j’ai réussi à me rapprocher, Isabelle elle, est restée là même.
Ce n’est jamais elle qui fait appel à moi, et c’est à mon initiative que parfois une excuse est inventée pour l’avoir au téléphone lorsque la journée nous ne nous sommes pas vus très longtemps.
Alors forcément je cherche à comprendre le pourquoi de cette dédicace.
Christelle que je vois assez souvent lorsque Christophe la rejoint, m’a dit un jour :
« Max tu souffres, et tu souffres pour rien. »
Je lui ai affiché un franc sourire en lançant: « mais non ! où as-tu vu cela ? Je suis heureux d’être avec vous. »
En fait, elle voyait très bien ce que moi je cherchais délibérément à me cacher, ce que je ne voulais pas m’avouer.
M’avouer qu’il y à presque un an j’ai laissé prendre un feu que volontairement je n’ai pas maîtrisé. Je n’ai rien fait pour l’activer mais je l’ai laissé brûler, et dans la chaleur de ses flammes, m’emporter si haut que j’en ai perdu le contrôle de la réalité.
La réalité dont la sagesse était de se limiter à ce qu’elle m’offrait : être un copain et ne rien attendre de plus.
Enivré par les sentiments que mon cœur m’offrait de vivre je ne pouvais que déraisonner, et aujourd’hui dans la lumière des paroles de ce chanteur, j’ouvre les yeux sur le gouffre qui me sépare de cette réalité. Brutalement mon ascension s’arrête.