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Nom du blog :
aimerpourlavie
Description du blog :
L'incendie d'un Amour tenu secret. Ma vie a glissé des sommets de l'Amour aux portes de la mort.
Catégorie :
Blog Journal intime
Date de création :
26.01.2008
Dernière mise à jour :
07.02.2009

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Dans les cendres de l'Amour. Page 91

Publié le 04/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.





Le lendemain, je me suis rendu à la poste de Nuits St Georges pour rendre compte à mes supérieurs des conséquences et suites données à cet accident. Je ne pouvais téléphoner de la maison où personne n’était au courant de mon stratagème. J’avais juste, pour expliquer mon retour, invoqué une permission de dernière minute que j’avais obtenue pour participer aux vendanges.

Après avoir bien réfléchi à ce que j’allais dire à mon capitaine, dans la cabine téléphonique, le cœur battant très fort, j’attends qu’à l’autre bout quelqu’un décroche. Je sais que je risque gros et que je vais pour la première fois de ma vie, enfreindre les règles de la morale. Mais le temps n’est plus à la recherche d’une autre solution.
Je n’ai de toutes façons plus le temps de réfléchir, à l’autre bout une voix annonce :
« Capitaine Morin, j’écoute. »

Les personnes qui attendent leur tour pour téléphoner, étonnées, me voient sortir de la cabine essuyant les larmes qui se trouvent encore sur mes joues.

Sorti de la poste, je lève la tête au ciel dont le bleu et la douceur de la matinée annoncent une belle journée.
Les larmes qui malgré moi viennent de prendre place dans mon scénario, sont vites oubliées.
Je souris au ciel qui par la douce chaleur qu’il m’envoie, me réconforte dans l’idée que je profiterai pleinement de ces jours de permission volés.
Je m’empresse de me rendre chez Christophe pour lui annoncer le résultat de cet entretien avec mon supérieur, mais il n’est pas présent lors de mon passage.

Je dois ronger mon frein, faire preuve de patience car excité par ce que je viens de réaliser : petite victoire sur l’administration et immoralité de mon acte, j’ai un grand besoin d’en parler à quelqu’un pour m’assurer que ce que j’ai créé reste « de bonne guerre ». Christophe est le seul avec qui j’oserai le faire. Je repasserai le voir plus tard, un peu avant midi.

A la maison où je reviens pour confirmer que je serai là jusqu’au mercredi suivant pour faire les vendanges, maman est seule pour m’écouter alors que papa est occupé avec ses écoliers.
Elle me laisse parler et accepte ce que je raconte sans poser aucune question, ce qui me met un peu mal à l’aise.
Je ne parviens pas à savoir si elle me croit ou si elle se doute que j’ai monté une fable justifiant ma présence. Je préférerais qu’elle essaye d’en savoir un peu plus, ce qui me permettrait de déterminer si je l’ai convaincue ou non.
Je n’aime pas mentir et le fait rarement; si elle avait émis un doute, je l’aurais volontiers mise dans la confidence, lui avouant mon stratagème et me soulageant par la même occasion de ce problème de conscience.
Ce midi craignant tout de même les questions de papa, avec qui par contre je n’ai aucune complicité, je préfère ne pas manger à la maison.
Je me rends de nouveau chez Christophe. Cette fois il est là et je le vois sortir de chez lui pour venir à ma rencontre. Il est excité et certainement inquiet des suites que j’ai pu donner à cette fraude à laquelle il a accepté de participer.

« Alors Max ? Qu’est-ce que ça a donné, tu as pu prolonger ta permission ?
-Oui, on peut dire cela.
- Tu es incroyable ! Que leur as tu dit ?
-…… Viens marchons un peu, je n’ai pas envie que tes parents entendent ce que je vais te raconter.
En fait…… lorsque le capitaine m’a demandé comment allait ma fiancée, je lui ai répondu que j’étais arrivé trop tard….
-Comment ça trop tard ? ….Que l’hôpital était fermé ?
-……Pas vraiment, mais plus exactement qu’à mon arrivée ma fiancée était décédée de ses blessures…..

Dans les cendres de l'Amour. Page 92.

Publié le 05/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.





« …..Bon sang tu es fou!…. Es tu sérieux ?
-Oui, on ne peut plus sérieux Christophe, c’est tout ce qui m’est venu à l’esprit. J’espère que la date des vendanges ne va pas être repoussée.
-Et si ton capitaine demande des preuves sur le décès de ta fiancée ?
-Je trouverai le moyen de le convaincre.
-Que t’a-t-il dit au téléphone ?
-Qu’il était désolé pour moi, que je pouvais prendre le temps que je voulais avant de revenir.
Je lui ai dit que je serais de retour mercredi prochain, et que l’enterrement aurait lieu samedi. Tu sais j’ai quelques années de théâtre derrière moi, et je n’ai pas eu trop de difficulté à être convaincant. »

Sans l’avoir prémédité, puisque l’objectif de cette fraude à la permission était principalement de pouvoir passer avec Isabelle et sa famille quelques moments agréables en fin de journée, je venais inconsciemment d’entamer le deuil de l’histoire qui nous liait.

Les évènements qui allaient suivre me forcèrent à tenir ce triste rôle.

Le lendemain, jeudi matin, Christophe m’annonçait que les vendanges débutaient dans l’après-midi.
Ma première surprise a été lorsque que tous réunis dans les vignes pour commencer le travail, des applaudissement ont accompagnés quelques « bravos Max !! ».
Les vendangeurs masculins qui m’entouraient, informés par Christophe de ce que j’avais fait, et qui eux même avaient subi le service national, voyaient mon histoire comme un acte de bravoure et de folie, bernant les services de l’armée.
J’avais demandé à Christophe de ne pas en parler...

Samedi matin, réveillé de bonheur par un coup de téléphone reçu par maman qui ne comprenait pas ce que me voulaient les pompes funèbres de Nuits St Georges, j’ai sauté dans
mon pantalon et dans ma voiture pour me rendre sur place, récupérer une gerbe de fleurs envoyée par mes camarades de Mt de Marsan.
La personne qui m’a reçu était désolée de n’avoir pas trouvé dans le journal le lieu de l’enterrement pour directement livrer la gerbe. Je m’en suis sorti en racontant qu’il s’agissait d’une cérémonie particulière, et que de ce fait il n’apparaissait pas dans le journal.

Ce jour là, et plus jamais par la suite, j’ai vraiment eu pour la première fois de ma vie honte de moi. Mes copains s’étaient cotisés pour cette gerbe immense que j’avais du mal à introduire dans ma voiture.
A ce moment là j’ai eu peur des suites que mon histoire risquait d’engendrer. J’ai même pensé qu’une délégation de l’armée de l’air risquait d’arriver pour assister à un enterrement qui n’existait pas.

J’ai pris le temps de me réfugier dans mes montagnes, pour réfléchir sur ce que je devais maintenant faire.
J’avais à l’arrière de la voiture une gerbes de fleurs vraiment très belles, et qui ne manquait pas d’étonner les conducteurs qui me croisaient ; et je devais me préparer à affronter cette éventuelle délégation qui déclencherait à n’en pas douter les mesures disciplinaires qui s ‘imposaient et que j’aurais bien méritées.
Il me restait aussi et ce n’était pas la moindre des choses, à expliquer tout cela à maman qui devait être inquiète.

Dans les cendres de l'Amour. Page 93

Publié le 06/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.




Il ne m’a pas fallu longtemps pour décider comment agir.
Pour les parents je n’ai plus qu’à raconter la vrai raison de ma présence.
Il comprendront mieux si une délégation appelle à la maison pour se présenter à l’enterrement.
Pour la délégation, si elle se présente, je saurais leur dire que l’intimité de la famille est à respecter.
Pour le gerbe, là derrière moi dans la voiture…

Je ne pouvais décemment, par respect pour ceux qui avaient déjà tant fait pour m’aider, jeter ces fleurs à la décharge.
Je me suis donc rendu chez Isabelle pour les informer de la situation dans laquelle je me trouvais. Paradoxalement et contrairement à la réaction que je risquai de subir à la maison, avec eux je sentais que je pouvais avoir un échange aussi neutre que possible.

Il était déjà dix heures ce matin. Seule sa maman était présente lorsque je suis entré avec ma couronne de fleurs à la main.

« Max, qu’est-ce que tu fais là une gerbe sur les bras ?!!!
-Si vous avez cinq minutes à me consacrer madame Souvignet, je vais vous expliquer. »

Un quart d’heure plus tard nous étions tous les deux devant une tasse de café à démonter la gerbe. Après m’avoir vertement sermonné puis rigolé de ce que j’avais osé faire, madame Souvignet à fini par me dire :

« Tu ne vas quand même pas jeter ces belles fleurs.
Puisqu’elle étaient destinées à Isabelle, on va en faire un bouquet. Allez prend le sécateur qui est là, je vais nous servir un café. »

Isabelle est arrivé entre temps, ainsi que sa sœur. Madame Souvignet leur racontait déjà mon histoire comme un exploit; pourtant je n’étais pas très fier de ses conséquences imprévues

Isabelle elle, m’a juste fait remarquer en souriant qu’elle était contente que je l’ai choisie comme fiancée, mais qu’elle aurait préféré que cela soit dans d’autres circonstances.
Elle craignait aussi, en cas d’aggravement de la suite des évènements, d’être considérée comme une complice de ce mensonge.

Malgré que cet événement auquel tous participaient d’une certaine manière, soit dédramatisé, madame Souvignet n’a pas manqué de me rappeler à l’ordre.

«Max tu es toujours aussi fou. Cela n’a pas suffit que je te rouspète d’avoir voulu payer à Isabelle son permis de conduire ?!!!
Tu auras l’air malin maintenant si tu dois faire un ou deux mois de service supplémentaire.
-Je compterai sur vous pour m’envoyer des oranges si je vais au trou madame….
-C’est ça ! tu peux toujours attendre oui.»

Il est vrai que quelques mois auparavant j’ai désiré donner à Isabelle un ultime cadeau avant que sonne vraiment la fin de cette histoire.

Dans les cendres de l'Amour. Page 94.

Publié le 08/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.




C’était l’époque où Isabelle allait passer son permis de conduire. J’avais dans l’idée que le lui offrir, serait exprimer, matérialiser la hauteur de la force qu’avait eu mes sentiments pour elle.
Aussi, dés sa première leçon de code qui avait lieu dans l’auto-école que sa sœur et moi avions fréquentée, je suis passé voir le gestionnaire pour lui régler le coût du permis d’Isabelle.
Evidemment je voulais que ce geste soit une surprise et il le fut. Je n’en avais pour cela parlé à personne.

Grande surprise pour Isabelle lorsque le jour où à son tour elle a voulu payer ses premières leçons, il lui a été annoncé qu’elle n’avait plus rien à régler.
Sans étonnement pour moi lorsque, quelques jours après, madame Souvignet a demandé à me voir illico-presto. Et ce n’était pas pour me féliciter.

Sous la morale qu’elle me faisait, je n’avais pas trop d’argument pour justifier mon geste en dehors du seul et vrai qui m’animait.

« Je voulais lui faire plaisir, et cela m’a fait plaisir de le faire.
-Tu va arrêter tes bêtises un jour Max ?! Tiens reprends ton argent et ne refait plus jamais cela…. »

Question cadeau c’était loupé, mais question souvenir, j’en étais persuadé, celui la persisterait.

Quant à cette permission « volée », si elle m’a permis d’être présent quelques jours supplémentaires auprès d’Isabelle et de sa famille, j’ai du en assumer les suites jusqu’à la fin de mon service et quelques années plus tard encore.

En fin de compte, aucune délégation n’avait été prévue, heureusement. Mes parents ont bien sûr été sidérés de ce que j’avais pu faire, angoissés aussi des éventuelles mais infondées retombées, qui pouvaient aussi les toucher en termes de « complicité ».

Pour moi, dés mon retour à la base où en signe de compassion chacun de ceux qui me croisait avait un geste amical, j’ai dû tenir le rôle d’un personnage triste d’avoir perdu sa fiancée. Je me suis donc isolé, me forçant à plus participer aux joyeuses fêtes et sorties organisées par mes amis. Quelques fois sur leur insistance je les accompagnais, mais je me devais de laisser paraître la tristesse qui était mienne, et ce plus d’un mois jusqu’au jour de ma libération.
Personne n’a jamais su que j’avais menti sur cette histoire.

On m’avait toujours dit : « Ce que tu penses vraiment se produit un jour ».
Je ne crois pas au hasard.
Quatre ans plus tard, dans les mêmes circonstances, éloigné de ma fiancée pour des obligations de travail, quinze jours avant notre mariage, je reçois un appel de maman qui m’apprend que celle que j’aime a eu un accident grave. Le soir en rentrant du travail, un automobiliste ivre a percuté sa voiture de plein front.
Heureusement, cette fois là il n’y eut aucun décès à déplorer.

Dans les cendres de l'Amour. Page 95.

Publié le 10/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
Dans les cendres de l'Amour. TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Couper les liens.---



Le service militaire, mes folies du moment font maintenant partie des souvenirs. Il y à toujours une occasion autour d’un verre où quelqu’un ressort l’incroyable histoire de ma fiancée décédée, moi j’en garde uniquement le souvenir d’un moment de bravoure, de pure folie et d’inconscience certaine, et sans aucune fierté.

Mais avec cet épisode, sans vraiment de lien de cause à effet, ou peut-être parce que l’intensité de ce pseudo deuil que je devais gérer sans me tromper, m’a permis de ne plus me focaliser sur mon passé sentimental, j’ai fini par me détacher complètement d’Isabelle ; mais pas de sa famille ni de Danielle.

Isabelle n’était plus qu’une copine parmi d’autres, que je côtoyais lors de nos retrouvailles de groupe avec Olivier, Christophe et leur petite amie respective. Nous restions amis.
Pour elle rien n’avait changé dans notre manière d’être forcément, enfin je le pensais ; pour moi, mon cœur ne s’emballait définitivement plus pour Isabelle

Que me restait-il de ces années où j’avais tant subi le feu de mes sentiments?
Quel bilan pouvais-je en tirer ?

Mon évolution personnelle dans cette vie de jeune homme, me donnait le sentiment d’un certain gâchis. Non pas l’impression que j’avais perdu mon temps, mais plus le fait que j’aurai pu gérer autrement cette relation avec Isabelle, d’une façon plus riche, plus constructive.
Il est évident que sans le recul, sans l’expérience que la vie m’avait donné ces dernières années, je n’en serai pas arrivé à cette conclusion. Syndrome du fameux : « Ha si j’avais su ! »

J’avais su heureusement conserver mes copains et amis, les seuls que j’ai jamais eus d’ailleurs.
J’avais aussi la certitude que j’étais et serait toujours quelqu’un qui respectait le sexe opposé. J’en voulais pour preuve les « occasions » que la fonction que j’avais eu durant mon temps d’armée, m’avait donné et dont je n’avais pas « profitées ».

Mes liens avec Isabelle n’étaient plus que souvenirs, je n’avais plus dans le cœur que les cendres de ceux qui m’avaient lié à elle.
Je n’avais plus dans le cœur que les cendres d’un Amour qui maintenant se refroidissaient pour toujours, après m’avoir brûlé ces quatre dernières années.
Je n’étais ni blessé, ni souffrant ; étant le seul en cause de ce qui m’était arrivé.
Pour éviter que cela se reproduise, j’avais appris à dresser autour de moi les barrières qui désormais protègeraient mon cœur de tout envol sentimental.

Je restais et suis resté sentimental. Mais je n’ai plus voulu que mes sentiments soient les chevaux emballés de ma vie.




Dans les cendres de l'Amour. Page 96.

Publié le 11/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.



Novembre 1981, libéré de mes obligations militaires, je reprends une vie normale de civil ; mon objectif est maintenant de trouver du travail.
Je continue mes sorties en discothèques, plus que jamais même.
J’ai en moi le besoin d’extérioriser ma différence des gens de mon âge, le besoin d’évacuer la force que cette différence contenue génère. Sur les pistes de danse je reste tout aussi différent et forcément remarqué dans ces foules qui se trémoussaient, mais je reste indifférent aux invitations que l’on m’adresse.
Pour ma petite sœur Gaby que j’invite aussi souvent que je peux, c’est aussi l’occasion de profiter des sorties de son grand frère.

Selon l’emploi du moment, je travaille en trois huit ou en deux douze.
Après quelques petites heures de sommeil pour récupérer des nuits de travail, je dispose de temps libre dans la journée.
Je trouve le temps parfois de conduire mon jeune frère Francis, à l’école ou de l’attendre à la sortie des classes pour le ramener à la maison.
Comme je l’étais en mon temps, il est tributaire du car scolaire.
Parfois je suis à là sortie de l’école sans que cela soit prévu, et pour être certain de ne pas le louper dans la masse des élèves qui surgissent au portillon de l’école, je scrute la foule pour dés qu’il apparaît, l’interpeller.

C’est lors d’une de ces attentes qu’au milieu de cette masse anonyme d’étudiants, je n’en ai soudain vu plus qu’une. Elle n’est pas seule, mais soudain je ne voie plus qu’elle.

Son allure a quelque chose que ceux qui l’entourent n’ont pas. Ce n’est pas un mouton dans la masse du troupeau.
Il se dégage d’elle un côté sportif et rebelle auquel se marie une douceur naturelle. La salopette et le blouson qu’elle porte lui donnent en plus une apparence énergique.

Je la perds de vue alors que j’essaye de repérer Francis. Une fois ce dernier récupéré, sur le chemin du retour, à la question que je lui pose dans la voiture pour savoir si la description de la fille que j’ai vue lui dit quelque chose, il me répond :
« Ah oui je vois ! Ca doit être Catherine Genot…. »

Intrigué et attiré par ce que j’avais vu de cette fille, je me rends aussi souvent que possible à la sortie de l’école.

Ce qui devait arriver arriva, car bien qu’il l’ait fait dés la première fois où je l’ai vue, j’ai en moi sous des cendres refroidies depuis peu, de plus en plus présentes, les secousses d’un cœur qui ne demande qu’à s’emballer de nouveau.

Le recul que ces dernières années me donnent en matière de gestion sentimentale, les barrières que j’ai dressées autour de lui, ne permettront pas une nouvelle fois qu'il s’embrase spontanément. S’il est encore assez fou pour s’enflammer ainsi, je vais mettre mon intellect au service de sa protection.

Si dans l’insondable chemin que la vie me destine, mon cœur sait déjà que je dois avancer vers cette fille, je ne le ferai que pas à pas, m’assurant à tout moment de contrôler ce vers quoi de nouveau je m’aventure.

Dans les cendres de l'Amour. Page 97.

Publié le 15/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- Fleur de rosée ---



En effet, l’aventure de ma vie d’homme, de mari, de père commençait ici, à la sortie de cette école, alors que j’accompagnais mon petit frère.

Petit frère que j’ai fini par moins ramener à la maison.
En effet, en décembre de cette année, quelques jours après avoir aperçu cette fille, par l’intermédiaire de Francis qui m’a servi de messager, je lui ai fait parvenir une lettre.
Je lui écrivais mon plaisir de la voir, et lui disais que je souhaitais mieux la connaître.
Lettre qui reçut une réponse favorable et qui allait sans discontinuer, nous lier pour les années à venir.

Après l’épisode de ce courrier, c’est désormais Catherine que je raccompagnais chez elle à Quincey, au début avec Francis dans la voiture, puis seul par la suite.
Les barrières de mon cœur m’imposèrent d’essayer de bien la connaître avant de s’ouvrir un peu. J’ai pris le temps de le faire.

Le premier baiser échangé n’eu lieu qu’en janvier, le 17, et trois mois se sont encore écoulés avant que ce baiser ne soit plus le maximum de nos échanges physiques.
Son côté un peu garçon manqué lié à sa douceur naturelle, me faisait penser au caractère d’une indienne, d’une squaw comme j’avais aimé les imaginer.
Et bien que jusqu’à ce jour mon cœur se soit toujours épris pour une fille brune de cheveux, celle qui devenait l’indienne de mon cœur était cette fois blonde.
Je l’avais surnommée « Fleur de Rosée.»

Isabelle n’est même pas un fantôme dans mes souvenirs, elle n’existe vraiment plus au cœur de mes sentiments. Cependant, nous nous voyons toujours au sein des réunions de notre groupe auquel Catherine fait maintenant partie intégrante. Nous nous retrouvons donc à trois couples, Isabelle est la seule célibataire.

Je ne suis pas fait pour aimer deux personnes à la fois. Mes sentiments n’existent que pour la nouvelle élue de mon cœur et pour personne d’autres.
A Christophe qui avait du mal à comprendre comment je pouvais me trouver en présence de ces deux filles, j’ai répondu que mon histoire avec Isabelle avait été tellement longue à arriver à sa fin, que tout ce qui la concernait avait réellement séché dans le lit de mes sentiments. Que seules les cendres des souvenirs persistaient.
« Eh Max, toi qui crois toujours en n’importe quoi, tu vois bien que ces vœux, ces prières adressées au ciel étaient bien de la bêtise de bonnes femmes.
- Tu dois avoir raison, en tout cas il est trop tard. »

Je ne recueille plus les confidences d’Isabelle, et ses soucis ne sont plus les miens. Je serai toujours présent si elle fait appel à mon aide, mais ma vie est maintenant partagée avec une autre, et c’est elle qui passe avant tout.

Catherine et Isabelle deviennent même de bonnes amies ; elles se retrouvent ensemble lorsque que mes horaires de travail ne me permettent pas de participer à leurs sorties ou lors d’activités organisées par la famille d’Isabelle, que je viens rejoindre à la sortie du travail.
Tous les trois nous nous entendons même bien, et chacun à sa place.
Enfin jusqu'à ce que...

Dans les cendres de l'Amour. Page 98.

Publié le 16/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.




Gaby comme Francis n’ont pas vraiment apprécié que le temps que je leur consacrais soit maintenant dédié à Catherine. Gaby à même eu un premier temps de jalousie vis à vis de ce qu’elle a pu considérer comme une rivale venant lui enlever le grand frère que j’étais.
Pourtant toutes deux pleines de sagesses, elles ont fini par un franc dialogue, à régler leur différent.

Concernant Isabelle, la relation qu’elle entretenait avec Catherine était plaisante, non envahissante, et confinée aux limites de l’amitié.

Le temps suit sa route, et je cherche à obtenir un travail plus intéressant que celui que j’occupe depuis ma sortie de l’armée. Mes efforts me permettent de signer un contrat en Savoie, dans la société Américaine Union Carbide à l’usine de la Léchère, pour conduire un four prototype en cuisson de carbone.

J’ai un mois avant mon déménagement, et pour prendre connaissance des lieux j’envisage de me rendre sur place en ce début d’été 1981.
La localité disposant d’un camping municipal et d’une piscine, nous décidons avec Catherine de camper quelques jours sur les lieux de mon futur travail.

La tente canadienne dont je dispose, est assez grande pour permettre un couchage de trois personnes. Avec Catherine, nous proposons à Isabelle de se joindre à nous pour ce séjour en Savoie, et c’est avec plaisir qu’elle accepte cette invitation.
Changer d’air lui fera aussi le plus grand bien, d’autant plus qu’il me semble que c’est un peu tendu autour d’elle en ce moment.

Quelques jours plus tard, nous voilà donc après un trajet de quatre heures, installés en Savoie au camping municipal de La Léchère, sous la tente que nous partageons.
Le climat nous est favorable et nous permet de profiter ensemble de la piscine locale.
Nos quelques journées sur place s’écoulent entre ballades et baignades. Le soir après notre repas réalisé sur le petit réchaud, nous faisons un tour à pieds avant une partie de scrabble précédent l'extinction des feux.

Dans cette ambiance sympathique ou règne la bonne humeur, un soir Catherine n’a pas envie de marcher. Elle préfère se coucher plus tôt.
Malgré ce changement, je maintiens la promenade du soir à laquelle je ne veux pas déroger.
Isabelle exprime le souhait de pouvoir m’accompagner, ce qui ne pose aucun problème à Catherine comme à moi.

Cette promenade suivait le même trajet chaque soir, et comme les fois précédentes nous parlons de tout et de rien en marchant. La nuit était déjà tombée.

Est-ce dû à l'heure plus tardive ou au fait que nous soyons que deux ce soir, il me semble deviner quelque chose de différent dans l'attitude d'Isabelle.
J’ai un peu l’impression de me retrouver quelques années en arrière lors de ces soirées où nous marchions sur les routes de Vosne Romannée.
Elle aussi certainement car maintenant, elle me tient le bras.

Dans les cendres de l'Amour. Page 99.

Publié le 19/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour. --- La Savoie refusée. ---



« Max…, si nous passions de l’autre côté de cette haie d’arbres, nous serions moins sur la route.
- C’est une bonne idée mais,.. c’est une propriété privée apparemment. Tu veux vraiment y aller ?
- Oui !… »

Je retrouve son sourcil droit relevé sur l’esquisse d’un sourire. Je ne la regarde pas plus que cela, et la conduis à continuer de marcher le long du chemin, arguant que je n’ai pas envie de rentrer dans un lieu privé la nuit.
Nous continuons notre tour qui nous ramène au terrain de camping.
Il fait bon ce soir et nous n’avons pas vraiment envie d’aller nous coucher immédiatement.
Pour profiter encore de la douceur de la nuit, nous nous assoyions sur les bancs du petit parc du camping, où nous poursuivons notre conversation à propos de tout et de rien.
Le sujet principal a pour objet le fait que bientôt je ne serai plus chez moi à Vougeot, mais installé ici en Savoie pour désormais y travailler.
Isabelle se tait quelques instants, pensive avant de me dire.

« Max, alors nous allons moins nous voir !…
-… ? Nous certainement, mais nous n’avons rien à nous devoir Isabelle. C’est plus gênant pour Catherine et moi.
- Je peux m’asseoir sur tes genoux ? Ce banc de pierre est trop dur… »

Alors que j'étais semi-allongé sur ce banc, pour son confort je me redresse afin de lui permettre de s’installer sur mes jambes plus souples que la pierre.
Après m’être assuré qu’elle était mieux assise là, nous reprenons le fil de notre conversation jusqu’à ce moment de silence où, perdu dans mes pensées je me fonds du regard dans le ciel, à contempler les étoiles de ces montagnes.

A cet instant elle bouge un peu et passe un bras autour de mon cou. Je pense qu’elle prend appui sur moi pour modifier une assise qui lui devient inconfortable.
Mais lorsqu'elle tourne son visage face au mien et que de son deuxième bras elle m'entoure aussi le cou, ce ne sont plus les étoiles que j'observe mais Isabelle qui me fixe du regard.

Un instant, le temps suspendu agite en moi tous les souvenirs de ces années passées, et là, je me rends à l’évidence de la situation qui contraste tant avec toutes celles que nous avons traversées.
Dans le silence qui tombe sur nous, Isabelle me fixe toujours avant de rapprocher encore son visage du mien.

Je ne réagis pas plus que cela à cette approche dont je ne doute pas de la finalité.

Le vent qui souffle dans ma tête, lui, descend jusqu’aux profondeurs du cœur pour, vérifiant s’il reste une braise à enflammer, ne trouver que le froid des cendres d’un feu à jamais éteint.

Je ne suis même pas tenté de profiter de ce qu’elle m’offre.
Avant le contact inévitable qui se prépare, sans rien dire, je détourne la tête pour de nouveau regarder les étoiles.

Sur ce banc en Savoie, Isabelle comprend que pour elle je suis définitivement perdu.

Dans les cendres de l'Amour. Page 100.

Publié le 23/11/2008 à 12:00 par aimerpourlavie
TOUS DROITS RESERVES A SON AUTEUR/ RENE MAX.
Les pages de ce récit sont celles d'un livre destiné à être publié.
Dans les cendres de l'Amour.


La vie à suivi son cours. Je suis resté un an en Savoie temps pendant lequel aussi souvent que possible je faisais le trajet jusqu’à Vougeot, chez moi, pour rejoindre Catherine, quand ce n’était pas elle qui prenait le train pour passer un week-end en Savoie.

Après ces mois loin de tous, Je suis parvenu à obtenir un emploi à quelques kilomètres de Vougeot, chez Pampryl, c’est mon retour en Côte d’Or.

Je retrouve donc de façon plus régulière notre groupe dans lequel Christelle n’est plus. Christophe à une nouvelle petite amie.
Depuis 1982 nous avons, nous les trois garçons, chacun notre moto. Nous formons maintenant une petite bande de trois motards avec leurs passagères, et parcourons les routes souvent ensemble.
Isabelle est toujours dans le groupe, mais elle commence à trouver le temps long. Elle reste célibataire dans sa vie, s’ennuie lorsque dans nos soirées elle se sent étrangère à nos conversations de couples, et elle peut difficilement nous accompagner lorsque nous sommes à moto.
Petit à petit nous finissons par moins la voir, et chacun d’entre nous avance sur le chemin de sa vie.

Il ne m’arrive jamais de regretter quoi que ce soit de mon temps passé accroché à Isabelle. Je sais que cette époque de ma vie m’a aidé à être ce que je suis.
Au travers de ce vécu une interrogation persiste en songeant à toutes ces prières lancées au ciel, à tous ces vœux réalisés en espérant qu’un jour Isabelle m’aime.
Ai-je été témoin de la réalisation de ces vœux ?

Sa vie, Isabelle la poursuit un peu moins avec nous. Elle aussi évolue de son côté, et ce qu’elle ne fait plus avec nous elle le réalise avec d’autres : sorties, rigolades et autres activités de nos âges.
Finalement un soir alors que nous nous retrouvons chez Olivier pour manger de la soupe aux crêpes,
Elle nous rejoint accompagnée d’un garçon, Denis. Je vois tout de suite la fierté qu’elle a de nous le présenter comme étant son petit ami.
Il me semble aussi remarquer dans les yeux de Denis, comme un regard de défi cette première fois où il me dit bonjour.
Je ne doute pas un instant qu’il m’ait collé une étiquette de rival potentiel. Il n’a pourtant rien à craindre de moi, mais cela il ne peut pas le savoir.

Au premier abord, j’estime que c’est un garçon sympathique. Il a l’air énergique, directif aussi, un peu trop peut-être ; il me fait d’ailleurs penser à Patrick le frère d’Isabelle.
C’est certainement pour cette raison qu’ils sont copains, et c’est par l’intermédiaire de son frère qu’Isabelle l’a rencontré.
Je vois qu’elle est fière de nous le présenter, sa gestuelle du moment comme celle des fois suivantes où nous nous retrouverons, me fait sourire aussi, mais j’évite de le montrer.
Me fait sourire car j’ai l’impression qu’à la manière dont elle le tient, de la façon dont elle l’entoure, qu’elle est fière de pouvoir nous montrer qu’elle aussi, maintenant, a une vie qui ressemble à la nôtre, qu’elle n’est plus seule.
Avant cela elle m’a souvent dit déplorer de ne pas avoir de copain avec qui elle aurait une vrai relation, au delà de l’Amour platonique dont elle se fatiguait.
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